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samedi 9 janvier 2010

9 janvier 2009




Le ciel gris et la neige,
La solitude aussi,
Me replongent dans ce pays qui m'a récemment accueilli et tellement donné
Le ciel y était bleu, la mer infinie,
La montagne préservée, les habitants  chaleureux.

Le ciel gris et la neige,
La solitude aussi,
rendent plus pesants ici le manque
de douceur, de tendresse, d'affection
qui m' ont été offerts là-bas sans limite.

Pourquoi était-ce là et pas ici?
Pourquoi toujours ailleurs et pas ici?

O, Portugal, je n'oublierai jamais ce qui me lie depuis à toi.

La trace laissée dans mon coeur par un de tes fils reste tellement vive.

J'en appelle à toi, ô Portugal,
pays que j'ai appris à aimer.
Accueille moi encore.
Et ne laisse pas mon aimé s'effacer.







Un peu d'eau qui coule et scintille,
puis s'arrête juste au bord des cils
et l'amour qui passe s'arrête aussi

Un peu d'eau... ce n'est rien, dit-il
rien du tout, une petite escarbille
Et le rêve qui passe s'envole aussi


Un peu d'eau, et le temps change
Le combat n'est pas fini
Qui oppose le diable à l'ange
Dresse la mort contre la vie


Accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau ..

Françoise Hardy





Ce jour-même, le  Parlement portugais a voté une loi autorisant le mariage gay, dans un contexte social où toutes les peurs, tous les tabous n'ont pas été levés.


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vendredi 8 janvier 2010

8 janvier 2009

Aujourd'hui, je voudrais être plus léger.

Un exhibitionniste rôde, depuis quelques années déjà, autour du bâtiment de la Faculté de droit. Des numéros d'appel de secours ont été communiqués. Apparemment, on ne l'a jamais pincé; il sévit toujours. Une de mes étudiantes en a fait les frais à l'issue du dernier conseil de faculté. Bien qu'elle ne soit pas née de la dernière pluie, elle en a été traumatisée. Et s'il était un élément interne à la Faculté? Ce qui assurerait son actuelle impunité. Pour la rassurer, je lui ai expliqué que les exhibitionnistes sont rarement dangereux. Il s'agit plutôt d'êtres malheureux et solitaires.  Je compatis au malaise et à la peur que mon étudiante a dû éprouver.



Le boucher de mon GB est un farceur. Il met, par exemple, des boîtes de préservatifs dans le panier des bobonnes qui, arrivées à la caisse, font un malaise quand le pot aux roses (si j'ose dire) se trouve découvert. Aujourd'hui, je lui demande un morceau de boudin blanc. Il me répond (à ma plus grande surprise): "à la taille du boucher?". Je lui réponds: "Ah mais, moi, je n'achète pas sans voir d'abord". Il m'indique sur le boudin un morceau "rikiki". Je lui dis: "Ca, c'est avant ou après?". Il me dit: "Il fait froid pour le moment". Je n'en reviens toujours pas de cet échange.

Ce jour est un grand jour pour la Nation belge: Anne-Marie Lizin, non seulement existe toujours en vrai (ce qui est en soi une calamité); mais en outre, elle est maintenant conditionnée à la peinture à l'huile, dans la galerie des présidents du Sénat (un peu comme on conserve les sardines à l'huile). Au vu des clichés pris, je ne suis pas sûr que son mari la reconnaîtrait. Mais ce qui compte, c'est d'y être, n'est-ce pas?




Celle, qui n'est pas à l'huile, contemple avec stupéfaction sa soeur à l'huile!

Mon iconographie peut paraître fantaisiste, mais
1. je trouvais que le thème du boudin était suffisamment illustré;
2. quant à celui de l'exhibitionnisme, ne l'est-il pas tout autant?

jeudi 7 janvier 2010

7 janvier 2009

C'était en 1973, pour la fête de Noël. J'avais dix-huit ans. Ma grand-mère, comme elle le faisait chaque année, m'avait offert un très beau voyage. Celui-ci était un pélerinage. En terre Sainte. Je dois le confesser, même si j'étais alors un garçon très réservé et sans audace, les lieux rencontrés ne me permettaient pas de rester dans le groupe. J'éprouvais sans cesse le besoin d'aller voir plus loin.

Je partagerai, dans un prochain texte, des réflexions. Je tente seulement aujourd'hui de faire remonter à ma mémoire quelques souvenirs.

Je quittais, tôt le matin, le Y.M.C.A., à l'immonde cuisine, où nous logions. Au détour d'une ruelle, je sentais alors  sortant d'une cave, l'odeur du pain frais. Le boulanger me le proposait par la fenêtre. J'errais par les ruelles: les fausses via dolorosa et les vrais quartiers. Il n' y avait pas d'angoisse. Chaque quartier dans la vieille ville de Jérusalem est un monde en soi. Je ne sais pas s'il en est toujours ainsi aujourd'hui. On reconnaissait les quartiers arabes aux souks et à leur joyeux bordels. Mais, passé le tournant,  des juifs orthodoxes arpentaient les rues et leurs affaires semblaient d'une toute autre envergure. Un peu plus loin, le quartier arménien: silence et propreté. Ici les affaires ne se traitent que derrière les murs. Puis, des voix, puissantes, derrière une porte entrouverte, celle d'une église: celle du séminaire arménien orthodoxe. Une vingtaine de jeunes moines chantant une musique ancestrale. Je me suis fait tout petit. Ils n'ont pas fait attention à moi. Et moi, je ne les perdais pas des yeux.

De l'esplanade des mosquées, je ne garde aucun souvenir. Nous n'y avions pas accès. On devait regarder de loin et, à cette époque-là, il y avait des militaires partout. J'aurais beaucoup aimé pourtant unir cette expérience à toutes les autres que je faisais. Rien n'a changé apparemment.

Au Mur des Lamentations, je suis allé et là j'ai vécu un grand choc. Le groupe de pélerins, auquel j'appartenais, a été conduit pour visiter les fondations du Temple de Salomon. Moi, je voulais rester là. Face au mur. Shema Israel ... Je voulais confier mon espoir, mon attente, ma prière, sur un morceau de papier confié à ce mur qui a tant reçu, tant entendu. Qui veux-tu que je sois? J'ai refait le même geste plus tard à Orval, mais cela n'était pas la même chose.

Nous avons visité plus tard beaucoup d'autres lieux saints. Le rituel était toujours le même: une basilique immonde du 19ème siècle, des soeurs franciscaines nous servant de la choucroute ... Je m'enfuyais et découvrais un petit monastère orthodoxe (à Cana, par exemple). Les moines russes et grecs ne sont guère accueillants, mais leurs jardins oui.

Parmi tous ces souvenirs, il y en a un que je juge essentiel. Notre groupe a fait étape à Naplouse, là où vit la dernière communauté de samaritains (ils sont à peine un millier souffrant de mariages consanguins). Les rebuts du temps d'avant Jésus, parce qu'ils adoraient Dieu sur le mont Garrizim. Je reste aujourd'hui encore outré par l'intrusion dans la synogogue de notre groupe (Mgr Van Peteghem, évêque de Gand, en tête) venant contempler les derniers des Mohicans. J'aurais voulu leur demander pardon, m'unir un moment à leur prière.

J'ai vu la Mer morte, mais jamais il ne m'est venu à l'idée d'y plonger. Je voulais savoir où se situaient les grottes de Qumran.

mercredi 6 janvier 2010

6 janvier 2009

Fête de l'Epiphanie. Les rois mages.





Les gâteaux avec une fève, qui permettent de se prendre un instant seulement pour le roi. Vous imaginez comment cela peut se passer au château de Laeken.






Je n'ai trouvé aucun roi mage sur ma route, ni or, ni myrrhe, ni encens, ni fève. J'ai donné quelques sous à un mendiant roumain, que l'ouverture des frontières a conduit ici, avec l'espoir de vivre mieux, alors que nous n'avons plus grand chose à offrir à des hommes comme lui. Nous n'avons même plus de quoi assurer l'avenir de nos propres enfants.

Alors, il faut s'accrocher. Trouver, dans la musique et la littérature, des horizons qui font encore rêver, croire, espérer.

Les anniversaires se succédant aux anniversaires, on parlera beaucoup de Chopin dans les mois à venir.




Je vous en livre deux citations:

- "je ne suis point propre à donner des concerts; la foule m'intimide; je me sens asphyxié par ses haleines, muet devant ses visages étranges ...";

- "cela devrait paraître improvisé, résulter de la maîtrise de l'instrument et non faire l'objet d'un exercice".

mardi 5 janvier 2010

5 janvier 2009

D'abord, ces mots qui ne sont pas de moi:
"L'homme de la modernité serait-il devenu sans passé et sans avenir? Il paraît en tout cas comme déployé dans le seul présent, voué à l'immédiateté du plaisir ou de la peine, livré aux urgences de l'instant. On dirait que le temps s'est écroulé sur lui-même, qu'il n'a plus de profondeur, ni d'étirement. Avec ses techniques et ses marchandises, le temps nous emporte aujourd'hui dans une cavalcade immobile, un tourbillon circulaire, un recommencement quotidien. Le temps, c'est bien vrai, n'est plus celui de l'histoire, mais du chronomètre. Il nous étourdit; il file toujours entre les doigts au point que sa brièveté nous angoisse; il s'éparpille en 1.000 fragments. Nous sommes réfugiés dans ce que les grecs appelaient "l'épiphanie de l'éternel présent". Dans ce lieu particulier, l'urgence des règles, des croyances partagées et des mémoires reçues se relâche ..." (Jean-Claude Guillebaud, "L'histoire désertée", in Nouvel Observateur, n° 2355).

Ces paroles très sages méritent d'être méditées par les juristes, surtout les juristes enseignants.

Lhasa était une chanteuse au physique un peu étrange, mais dont l'univers musical est d'une grande originalité et d'une grande profondeur. Je l'ai découverte à Reims. J'allais retrouver là-bas un étudiant en lettres qui s'était entiché de moi. Nous avons encore des contacts aujourd'hui, lui et moi. Nous avions convenu, pour notre première rencontre, de préparer chacun quelques CD à faire découvrir à l'autre. Parmi les siens, il y avait Lhasa (j'avais plus de peine avec d'autres de ses propositions: Louis Bertignac ou Indochine, par exemple). Mais il était très accueillant, très gentil. Son chien s'appelait "Monsieur". Nous nous sommes revus plusieurs fois, avant de reprendre nos chemins respectifs. Depuis, j'avais un peu oublié Lhasa. Son décès prématuré jette à nouveau les feux sur elle. Je vous invite à l'écouter.




Je recommande aussi l'exposition qui se tient au Grand Curtius, à Liège, encore tout ce mois de janvier, sur le vêtement et les bijoux dans la culture de la minorité chinoise Miao. D'abord, c'est d'une grande beauté. Ensuite, l'originalité de la démarche est d'avoir permis à de jeunes stylistes de proposer des créations inspirées par cette tradition. Une grande exposition par le souffle qu'elle dégage.


samedi 2 janvier 2010

2 janvier 2009

D'abord, une image, comme j'aime en partager. J'emprunte celle-ci à Sébastien Fauconnet, un de mes "amis" sur Facebook.




Mes propos porteront ensuite, très modestement, sur quelques manières de manier l'humour.

Bien entendu, on peut rire de tout - et même avec n'importe qui: encore faut-il que la plaisanterie soit drôle. Or, tous les traits d'esprit (ou prétendus tels) ne sont pas drôles. Souvent, ils sont quelconques (on en rit néanmoins, parce que, dans certains milieux, il est convenu d'en rire).

Il est une autre situation qu'internet favorise étrangement: les échanges décalés qui n'ont de sens que pour ceux qui les énoncent (et qui doivent uniquement faire rire les deux protagonistes); en dehors de leur connivence particulière, personne ne peut en saisir le sel (ou doit s'immiscer dans quelque chose qui ne le concerne pas): alors pourquoi les rendre publics? 

Le bon humoriste est celui qui donne à rire en toute générosité.

Les balades de Chopin, c'est quand même bien beau. Cela me réconcilie.

vendredi 1 janvier 2010

1er janvier 2010

Je n'imaginais pas tenir ce blog sur la durée. Certes, je n'ai pas toujours été constant, et j'ai constaté que j'irritais plus d'un. Passé ce cap, je ne puis plus que continuer.

Le fond de mon sentiment est aujourd'hui fait de deux choses:
- je constate que certaines relations sont compliquées, qu'elles comportent toujours une part de non-dit, de mensonge, de secret. Cela brise les élans spontanés. Il faut toujours composer. Mais elles peuvent aussi  réserver beaucoup de bonheur;
- d'autres relations, fort rares, se situent immédiatement à cet endroit indéfinissable où deux êtres se donnent l'un à l'autre la paix et l'harmonie. Ce cas de figure est encore plus difficile à exposer que le premier. Quand il y a un mensonge, on peut toujours finir par circonscrire celui-ci. Allez définir un sentiment de paix!

J'écoute, sur mon iPod, tout en écrivant, des tas de choses  que je n'imaginais même pas avoir dans ma bibliothèque musicale. Ouf! Rien que de la musique qui prend aux tripes .... et je ne sais même pas de quoi il s'agit.

N'allez surtout pas croire que je crois au surnaturel. Regardez néanmoins la photo suivante prise hier chez moi. Regardez bien. Elle nous a tous troublés et mis mal à l'aise.




Elle faisait partie d'une série en toute innocence.





 D'accord, c'est de l'affabulation; mais cela est troublant.