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mardi 7 septembre 2010

Ceux qui font tout à l'envers

Depuis qu'il est tout petit, un de mes fils fait tout à l'envers. Il brûle les étapes: il ne cesse de vivre précocement des expériences que d'autres attendent de longues années avant de les connaître. Pour mon fils, la vie ne consiste pas à faire d'abord des études, à avoir un bon métier, une base solide, avant de ... Je le disais, il fait tout à l'envers. Mais c'est mon fils et je l'aime comme il est.

D'après une étude récente de mon collègue Jacques Autenne, les négociateurs réunis autour d'Elio di Rupo ont fait un choix, en ce qui concerne la régionalisation des impôts et la gestion de ceux-ci, qui est exactement l'inverse de ce qui se fait ailleurs. Dans les autres Etats fédéraux européens (Allemagne, Suisse), mais aussi au Canada, par exemple, la perception des impôts qui ont une vocation redistributive (l'impôt sur les revenus essentiellement) relève de l'Etat fédéral, lequel gouverne la redistribution. Les négociateurs flamands demandent exactement le contraire.

http://www.lalibre.be/toutelinfo/belga/137244/europe-l-impot-davantage-percu-au-niveau-de-l-etat-federal.html

Un autre exemple: l'âge et le travail. La force de travail décline avec l'âge; mais ce déclin est compensé par une expérience et parfois une certaine sagesse. Comme l'Ecclésiaste, je crois profondément qu'il y a un temps pour tout. Un temps pour être dans la mêlée de la vie et un autre pour prendre distance. Y a-t-il un âge pour cela? 65 ans? 67 ans? ou avant? Comme nous sommes aujourd'hui gouvernés par des comptables et non par des hommes de sagesse, on nous explique qu'il faudra travailler plus longtemps. On parle trop peu de l'aménagement des fins de carrière, de la qualité de la vie. J'en témoigne: moi, je ne me sens plus à même, à mon âge, de faire preuve du même investissement et de la même énergie que mes collègues plus jeunes; j'ai pourtant encore des choses à donner, à partager. Des collègues, j'en conviens, font la preuve du contraire. Le travail est-il la seule valeur importante dans la vie? Les valeurs ne sont-elles pas inversées?

Je me méfie de plus en plus des slogans. Rappelez-vous: "il faut travailler plus, pour gagner plus". Aujourd"hui, "il faut travailler plus longtemps pour ne pas perdre trop". Ne sont-ils pas creux? Ils font peser sur les travailleurs une espèce de fausse responsabilité: si vous ne gagnez pas plus, c'est par ce que vous ne travaillez pas assez ou pas assez longtemps. Curieuse conception. A quoi sert-il en effet d'asséner pareils slogans aux travailleurs, si les entreprises n'augmentent pas l'offre d'emploi? Or, que voit-on? Elles ont recours massivement à des délocalisations et les fermetures d'entreprises se succèdent. A quoi sert-il de responsabiliser (culpabiliser?) les travailleurs si les entreprises sont dispensées d'une réelle responsabilité sociale et collective? Une fois encore, certains posent peut-être les problèmes à l'envers, ou plus précisément en fonction seulement d'intérêts particuliers.

lundi 6 septembre 2010

C'est quoi la Flandre et c'est quoi un flamand?

Qui sont les flamands? Qu'est-ce que la Flandre? Du point de vue de la politique et de l'histoire.

Imaginons, pour éclairer autrement les errements politiques du moment, que l'on recrée, ne fût-ce qu'un instant, d'une part, le Comté de Flandre, et, d'autre part, la Principauté de Liège.

Le comté de Flandre, sans lequel on ne pourrait pas aujourd'hui parler de la Flandre, comportait, jusqu'au 17ème siècle, une partie, aujourd'hui rattachée à la France, où l'on parlait un dialecte plutôt thiois (à Duinkerke) et surtout picard (à Lille et aux larges alentours). Et une partie aujourd'hui belge où l'on parlait divers patois parfois peu compatibles entre eux. La Flandre d'alors était au moins bilingue. La ville de Lille le prouve, on y est flamand, mais on y parle français. Et c'est en France que va être ouvert un musée de la culture flamande! Que pensent les belges flamands de ces initiatives françaises?

http://www.musenor.com/Les-Musees/Cassel-Musee-Departemental-de-Flandre

La principauté de Liège, comme le Comté de Flandre, ignorait les frontières d'aujourd'hui. Le prince-évêque a été plus d'une fois un bavarois. En principauté de Liège, plusieurs langues coexistaient, compte tenu du territoire même de la Principauté. On y parlait le romand,  le wallon, le "plat-deutsch" ... et le latin, la Principauté étant ecclésiastique. Il n'est pas rapporté que ce multilinguisme fît problème.

Or, la Flandre belge, qui revendique aujourd'hui son autonomie, fait de la langue, en certains endroits du pays, son fer de lance. C'est cela que ne parviennent pas à comprendre les francophones du pays ... la logique: un territoire, une nation, une langue, un Etat. Ce n'est même pas une vision passéiste puisque le passé prouve le contraire. C'est une conception datée: l'Etat-nation du 19ème siècle.  Je suis un peu effrayé à l'idée que, dans la partie flamande de la Belgique, les idées majoritaires soient toujours celles d'il y a 150 ans. Je ne doute pas un seul instant que tous les flamands ne pensent pas de la sorte. Mais, il faut en convenir, un nombre important de flamands belges votent pour un projet politique totalement arriéré ... et empêchent les forces vives de s'exprimer, en Flandre comme en Wallonie ou à Bruxelles.

La presse a indiqué qu'à Bruxelles, capitale de l'Etat belge, mais aussi de la Flandre, il y a à peine 5 % de résidents néerlandophones. Les autres sont ou bien francophones (68 %), ou bien d'origine étrangère (et alors le plus souvent francophones par choix) ou internationaux (50 langues ... avec l'anglais comme base commune).

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-09-06/la-peripherie-bruxelloise-se-deflamandise-791580.php

Le gouvernement flamand a dû se rendre à l'évidence: Bruxelles et sa large périphérie sont de moins en moins flamandes.

Mais pourquoi donc Bruxelles, capitale de l'Etat fédéral Belgique (et de l'Union européenne) est-elle aussi capitale de la Flandre? C'est un peu comme si le Wisconsin choisissait Washington comme seule capitale. Les wallons, qui sont plus honnêtes, ont choisi Namur (ils auraient pu être mieux inspirés et choisir Liège), mais cela indique à quel point le détricotage de la Belgique s'illustre dans deux logiques inconciliables. Quand on fait miroiter aux wallons, la régionalisation, un Etat fédéral, aujourd'hui un Etat confédéral au mieux, deux (trois? quatre?) Etats, ils essayent de s'adapter au mieux et jouent le jeu. Les partenaires flamands pas.

Bien entendu, ceci n'est qu'un réaction d'humeur qui ne fait pas le tour de la question.

On ne m'a pas associé non plus, comme trouble-fête, aux négociations politiques ...

dimanche 5 septembre 2010

Retrouvaille(s)

En ce beau dimanche de septembre (une météo comme j'aime: soleil, ciel bleu et brise légère un peu fraîche), j'ai d'abord fait une retrouvaille, puis je suis allé aux annuelles "Journées Retrouvailles" au Parc de la Boverie.

Retrouvaille. M. m'a téléphoné. Il était à Mons. Il proposait de venir me voir l'après-midi. M. est un jeune homme qui a croisé ma vie, il y a trois ans. Il aurait pu être mon fils. Il était marié à un belge de plus ou moins mon âge. Peut-on être à la fois le papa et le mari d'un garçon? Bref, il étouffait avec son mari-papa, tiraillé entre soif de liberté et devoir conjugal. J'ai essayé de n'être pour lui, ni un mari, ni un papa. Un ami? Mais, la chair est faible, il me plaisait, je lui plaisais. Nous nous sommes fréquentés pendant un certain temps. Puis, il est parti en France retrouver un autre mari-papa de mon âge. Il ne veut plus être dépendant d'un mari-papa. Il compte revenir en Belgique. Et il a maintenant besoin d'un vrai papa pour le guider dans la vie. Il voudrait me revoir. Pour moi, ce sera un plaisir bien sûr. Que va dire la chair? Ami-amant, ça va, mais papa-amant?

Retrouvailles. Si vous voulez avoir une image assez juste des liégeois et du dynamisme de la ville de Liège, il faut aller au Parc de la Boverie, lors des week-ends "Retrouvailles". Vous y trouverez tout ce que les liégeois réalisent dans le monde associatif, dans le monde de la culture, dans le monde du sport, dans ce qui touche aux engagements politiques ou humanitaires. On y croise l'un ou l'autre. On écoute un concert improvisé, on contemple des adeptes de la gymnastique chinoise ou des démonstrations de Kung-Fu. On écoute l'une ou l'autre chorale. On revient avec des tonnes d'informations. J'ai même assisté à la baignade de jeunes hommes, fort bien de leur personne, qui, suivant l'exemple d'Adam sans la feuille de vigne toutefois, ont plongé dans la Dérivation. Certains s'en sont étonnés, quand moi je m'en suis réjoui. Il n'y avait rien de choquant dans cette baignade improvisée. J'ai fait dans la foulée une longue pause au stand des Objecteurs de croissance.

Pour la première fois, il y avait une échoppe de l'Association européenne des musulmans. J'ai trouvé cela bien. Je le leur ai dit. Nous avons parlé un peu.

Je n'ai qu'un regret: j'ai fait ses retrouvailles seul.  Cela n'intéresse pas mes fils. J'ai posé la question à D., il m'a répondu: "c'est toujours la même chose". Quant aux autres, leurs préoccupations, leurs préjugés ou leurs activités se situent dans d'autres sphères que celles-là ...

Heureusement, R. est venu m'embrasser et me parler de sa rentrée d'enseignant (au café Randaxhe, bien entendu). Il me disait que, licencié en histoire de l'art, il aura enseigné toutes les matières ... même les mathématiques! Il n'est plus chargé du cours de religion... dans un établissement du réseau catholique, que faut-il enseigner quand 80 % des élèves sont musulmans? Il m'a dit: "heureusement, je n'ai jamais eu l'inspecteur".

vendredi 3 septembre 2010

Les compils de P.

Un peu de musique aujourd'hui.


A l'époque où nous étions très proches, P. m'offrait souvent des "compils": une sélection de jolies choses en musique que j'étais censé ne pas connaître. Il s'agissait surtout de chansons, de musique pop ou un peu électro. Le tout était toujours soigné: une pochette personnalisée, un mot doux. P. a toujours eu le génie de deviner ce qui peut me plaire musicalement et les paroles susceptibles de me toucher.


Les compils de P. me manquent depuis un certain temps (la dernière date de mon 50ème anniversaire). Aussi, je lui ai demandé de recommencer. Il m'a exaucé. Et le mot doux était toujours là.


J'ai reçu, ce matin, trois CD.


Le premier concerne un duo norvégien "Kings of convenience", qui m'a immédiatement séduit. Il fait penser à Simon and Garfunkel (pour ceux de ma génération) ou à Belle and Sebastian (pour les plus jeunes). C'est plus que bien. Je l'écoute en boucle depuis ce matin.









Les deux autres CD sont plus éclectiques: de Aphex Twin à Charlotte Gainsbourg, en passant par Françoise  Hardy, Tracey Thorn, Benjamin Biolay, Momus, Vincent Delerm et des noms que j'ignorais.


Comme toujours, P., qui a une grande sensibilité et me connais presqu'autant que moi, a vu juste. Tout me touche,  tout me correspond.


Après une première écoute, j'ai eu quand même un coup de coeur pour Alain Chamfort et sa chanson "Pas de guitare", narrant la rencontre entre Pierre Bergé et et Yves Saint-Laurent; mais j'aurai d'autres coups de coeur, c'est sûr. Cette chanson figure sur l'album qu'Alain Chamfort a dédié à Yves Saint-Laurent (Une vie Saint Laurent  - 2010).


http://www.dailymotion.com/video/xc8zem_alain-chamfort-pas-de-guitare_music


Cette continuité dans le partage est une des choses qui me fait vivre.

jeudi 2 septembre 2010

Je ne savais pas que j'étais un "sagger"

On désigne par le mot "sagger" les ados qui portent leur pantalon largement en dessous de la taille et laissent entrevoir, ma foi, de fort jolies choses parfois et aussi la marque de leurs sous-vêtements.

Je me suis souvent demandé comment tout cela tenait. Car il suffirait d'un rien, n'est-ce pas. ll m'est arrivé de rêver être ce rien, non que je sois un fan d'ados, mais juste pour vérifier la solidité du montage.

Convenons-en: c'est un peu ridicule de se promener avec un pantalon ou un bermuda qui à tout moment risque de dégringoler jusqu'aux chevilles. Mais les ados, en se distinguant comme cela, font preuve d'une certaine liberté.

Puis, j'ai repris mes esprits. Dans le fond, cela fait des années que j'achète des jeans "taille basse" pour permettre à mon bide de respirer. Et, si je prends "taille haute", cela s'effondre au 3ème pas que je fais.

Comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, je suis depuis longtemps un "sagger" sans le savoir.

Je précise que je n'ai pas besoin de bretelles pour que mon jeans tienne.

Pour rester dans les limites de la décence, il me semble que cette contribution ne doit pas être illustrée.

J'ai tellement eu peur de le décevoir

Ce n'est pas simple d'être papa. Surtout quand on est un papa comme moi, plus apte à réagir comme une maman que comme un papa. Je suis plus papa poule que papa coq. Et puis j'ai tant de blocages en moi.

Ce matin, mon fils Ben me téléphone. Il a reçu une lettre du syndicat: son précédent employeur - malgré des coups de téléphone, des courriels et des courriers, l'envoi d'un recommandé - n'a toujours pas envoyé les quelques documents qui devraient débloquer son dossier de chômage. Il a droit a des allocations pour mai, juin, juillet, août qu'il n'a pas perçues à cause de l'incurie de cet employeur (flamand, soit dit en passant).

"Il faut que tu lui téléphones!" Moi, je sens le sol s'effondrer sous moi: j'ai une réelle phobie du téléphone. Et puis, je suis incapable de gérer  un affrontement. Je l'ai toujours été. Menacer, s'imposer, faire preuve d'autorité, se battre, sont autant d'actions dont je suis tout bonnement incapable. Ah, si j'étais un homme, un vrai, un dur!

Il a alors prononcé cette phrase, qui m'a bien sûr bouleversé toute la journée: "Tu peux bien faire ça pour moi comme papa! C'est bon. Je me débrouillerai tout seul. Je vais demander à M. (son beau-père)."

Je n'ai pas été à la hauteur. A la hauteur d'un papa. A la hauteur du papa dont il avait besoin à ce moment-là. Cela m'a tourmenté.

Je l'ai rappelé et alors il m'a dit ceci: "Papa, je ne t'en veux pas. J'avais besoin de toi. Mais je te connais. Tu n'es pas un papa comme les autres. T'es mon papa. Tracasse, je gère".

Un papa comme les autres?

Combien de garçons m'ont partagé leur expérience de l'absence du père (peu importe les raisons et les circonstances, elles peuvent être multiples). Et je retrouve une certaine confiance en moi, quand ils me disent: "j'aurais aimé avoir un père comme toi". Si je peux leur offrir juste un petit peu du "père pas comme les autres" que je suis, je dis oui.

mercredi 1 septembre 2010

Qui s'élève, qui s'abaisse

Très souvent, dans ma vie, je me suis trouvé, comme par hasard, confronté à une convergence étonnante des mots, des lectures, des expériences.

C'est sans aucune intention particulière que je suis allé sur le site du monastère bénédictin de Wavreumont, qui a tenu une importance tellement grande dans ma vie. Frère Pierre, quelqu'un que j'apprécie beaucoup, y faisait, dimanche dernier, l'homélie suivante:

"Qui s'élève sera abaissé et qui s'abaisse sera élevé." 
Cette parole a surtout fait croire aux chrétiens qu'il fallait se mépriser soi-même…

Comment comprendre cette parole, que veut dire "s'abaisser"? ...
 Que nous dit Jésus dans cette page d'évangile? 
Il ne fait pas du tout un discours théorique sur l'élèvement ou l'abaissement, il prend seulement l'exemple d'une personne qui invite des gens à un repas. Et l'on sait que dans le monde, la coutume consiste à réinviter les personnes qui nous ont invité. 
Jésus va à contre-courant de cette manière de faire. Au lieu d'inviter en risquant - ou en espérant - de se faire réinviter, Jésus propose d'inviter des personnes qui ne peuvent apparemment rien rendre en retour.
Il semble que Jésus nous donne ici une petite instruction d'humanisme. Comment l'homme peut-il s'élever en vérité?
Dans la première partie de l'évangile, Jésus met en situation des gens qui s'apprécient mutuellement, ils s'honorent les uns les autres, ils se renvoient chacun une image positive de leur personne. Au fond, ils se regardent en s'admirant eux-mêmes puisqu'ils ont en face d'eux des personnes qui leur renvoient leur propre image.
Dans la deuxième partie de l'évangile, Jésus propose d'inviter plutôt des gens déconcertants: des pauvres, des personnes blessées par la vie comme les estropiés, les boiteux ou les aveugles que cite Jésus. Ceux-là "n'ont rien à te rendre" dira-t-il, ou plutôt il précise que "cela te sera rendu à la résurrection des justes".

S'abaisser signifie pour Jésus s'ouvrir à un monde nouveau avec des personnes différentes et ne pas s'enfermer dans le cercle restreint des personnes semblables.
L'évangile nous invite à nous interroger sur nos rencontres. 
C'est vrai, toute personne est à l'image de Dieu et donc chacune nous dira quelque chose de lui. 
Mais souvent ne sommes-nous pas plus à la recherche de nous-mêmes en rencontrant l'autre? Qui et que cherchons nous dans la rencontre?
Certes, il est bien normal d'être à la recherche d'une certaine reconnaissance de nous-même, les sentiments positifs permettent le dialogue.
Mais le but d'une relation n'est-il pas de nous laisser étonner par une nouvelle rencontre pour découvrir l’autre dans tout ce qu'il est?
Notre élèvement ou notre abaissement dépendra de notre manière de poser notre regard sur l'autre. Allons-nous le regarder comme un miroir, scrutant le regard qu'il a de nous-mêmes, ou bien comme une fenêtre ouverte sur un horizon nouveau et tellement enrichissant?

Et Dieu, quelle attitude a-t-il envers nous? Cherche-t-il à se complaire dans l'homme qu'il a créé à son image? Malheureusement il doit alors souvent regretter de voir l'image pervertie que nous lui renvoyons de lui-même. Mais Dieu est sûrement très curieux et heureux de voir le côté créateur de chacun, comment chacun élargit sa création, comment la femme, l'homme ou l'enfant valorisent cette puissance d'amour que Dieu a mise au coeur du monde".

J'ai lu ce texte et ai repensé à ce que je tentais d'exprimer, avec mes mots à moi, hier, à ma  psy confidente: le narcissisme, la sclérose en plaque que je disais redouter (Frère Pierre en souffre), la convivialité, l'intérêt pour le différent et l'Autre.

M. m'a rejoint au Randaxhe tout à l'heure. Il semble apprécier nos conversations apéritives. Un jeune homme passait de table en table pour obtenir quelques sous. Nous l'avons aidé un peu, mais nous avons surtout pris le temps de l'écouter. Il nous en a remerciés. Le récit de sa vie force le respect. Et je prends cela comme un coup de poing ou un coup de coeur, je ne sais pas trop, mais je ne sors jamais indemne de pareille rencontre.