Rechercher dans ce blog

samedi 26 mars 2011

Les philosophes paysans

Un de mes anciens étudiants vit aujourd'hui à Paris. Malgré que 30 années nous séparent, je m'étonne régulièrement de constater que très souvent nos coups de coeur ou références, musicales ou littéraires, présentent bien des points communs. Récemment, il a, en le citant, rappelé à ma mémoire Gustave Thibon.




Je me suis retrouvé des années en arrière, quand j'avais douze ans. Ma grand-mère, qui était de la génération de Gustave Thibon, découpait systématiquement les billets qu'il écrivait alors dans La Libre Belgique. Toutes les semaines, le mardi, j'allais faire mes devoirs, souper et dormir chez ma grand-mère. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est d'avoir une grand-mère pédagogue et d'être son seul petit fils. Comme j'étais un enfant docile, j'étais réceptif à tout ce qu'elle me proposait.

Quand je me rendais chez elle, une farde m'attendait avec des choses à lire, uniquement de bonnes lectures qu'elle avait sélectionnées pour moi. Parmi celles-ci, les billets de Gustave Thibon.

Gustave Thibon (1903-2001), grand prix de philosophie de l'Académie française, en 2000, était alors, aux yeux de beaucoup, un autodidacte, un "philosophe paysan", ami de la grande Simone Weil, dont il publia en 1947 La pesanteur et la grâce.


Je n'ai plus aujourd'hui de souvenirs précis de ces lectures. J'avais retenu de Gustave Thibon qu'il était catholique. J'ai appris aujourd'hui qu'il était aussi monarchiste. Cela ne le situe pas vraiment parmi les catholiques progressistes.

Mon ancien étudiant a reproduit de lui, sur Facebook, la citation suivante, qui mérite au moins qu'on y réfléchisse: "Il est malaisé de composer avec le monde sans se laisser décomposer par le monde".

En voici d'autres:
- "Rien ne prédispose au conformisme que le manque de formation";
- "On aime non dans la mesure où l'on possède mais dans la mesure où l'on attend";
- "Bien vieillir, c'est gagner en transparence ce qu'on perd en couleur";
- "Connaissez-vous beaucoup d'hommes qui attribuent leur échec à leur incapacité?"
- "Il faudrait distinguer deux sortes de vices: les péchés commis sans plaisir et les vertus pratiquées sans amour".


Quelques années plus tard, j'étais alors rhétoricien et jeune universitaire,  ma grand-mère m'a fait rencontrer un autre philosophe paysan: Marcel Légaut (1900-1990) la même génération donc.



J'ai lu tous les livres de Marcel Légaut, malgré l'aridité du style. Marcel Légaut était plus subservif que Gustave Thibon. Professeur de mathématiques à l'université de Rennes, il a décidé un beau jour de devenir berger. Son oeuvre cherche à décrire le parcours que doit suivre tout homme pour donner à son humanité toute son amplitude. Marcel Légaut ne se situait pas en dehors de l'Eglise catholique, mais appelait celle-ci à de sérieuses remises en question. A cette époque, une chose effrayait un peu ma grand-mère: on parlait beaucoup de "communautés de base", concept qu'on a retrouvé dans la théologie de la libération. Cela l'effrayait, parce ce que cela effrayait aussi l'Eglise, qui y voyait de dangereux croyants se situant en dehors, ou à la marge, de l'Institution. Comme j'étais alors enfin capable d'argumenter, ma grand-mère était parfois déstabilisée par mes positions, puis finissait par leur reconnaître une certaine sagesse.

Après tout ce que ma grand-mère m'avait offert, j'étais en train de lui offrir, en toute humilité, quelque chose qui lui ouvrait d'autres perspectives.

Je me souviens encore des conversations à propos de mes deux tantes, dont la vie n'a jamais été dans la ligne établie et de l'inquiétude, mais aussi de la culpabilité, de ma grand-mère.

Bien des années plus tard, j'ai eu une relation privilégiée avec une de mes deux tantes. La concernant, j'ai pensé que cette citation lui convenait bien (autant qu'à moi d'ailleurs): "Tôt, il avait perdu la foi; plus que d'autres, il en avait gardé le regret" (cette citation est de Boïto, librettiste, à propos de Giuseppe Verdi).

mercredi 23 mars 2011

Les messages énigmatiques de Facebook

Il y a quelques semaines, un ami Facebook s'interrogeait sur la portée des messages énigmatiques que certains font figurer sur leur profil. Par exemple, "Si seulement", "Pourquoi pas?". Quand aucun commentaire n'est possible, on est en droit de se demander ce qu'espère l'auteur. Il ne dit rien de compréhensible. Ainsi, si un ami écrit "Si seulement", je me pose des questions, j'ai envie d'en savoir plus, de l'aider, de communiquer. Mais il arrive en même temps qu'il ne m'autorise pas à commenter son message énigmatique. Peut-être le message est-il réservé à quelques initiés, dont je ne suis pas. Pourquoi alors le publier?

Cette étrange manière de communiquer a néanmoins un certain succès. Je laisserai aux sociologues et aux psychologues le soin d'en éclairer le pourquoi.

J'ai décidé d'aider les adeptes de cette pratique en leur fournissant un répertoire de formules à publier.

Je n'ai pas dû chercher longtemps ... il m'a suffi de parcourir les titres des chansons de Charles Aznavour:

- Hier encore
- Il faut savoir
- Fier de nous
- De moins en moins
- Sans importance
- Oui
- Parce que
- Et pourtant
- Désormais
- Avec
- Qui?
- Moi
- Sans limite
- Vous et tu
- C'est fini
- Le trèfle à quatre feuilles
- Trop tard
- Hosannah

En toute amitié pour ceux qui se reconnaîtraient dans la pratique décrite.

mardi 22 mars 2011

Villages de Belgique (1): Maldingen et Beho

Le printemps aidant, j'ai suivi ce dimanche le chemin des écoliers. Après une halte sur la colline de Wavreumont, qui me fonde, j'ai entrepris de rejoindre la terre d'une partie de mes ancêtres.

Mon arrière grand-mère Catherine est née à Maldingen, une commune belge germanophone. Ici, on a été prussien avant d'être belge. Le pays est un pays de forêts et de villages pittoresques. La nature et l'histoire se conjuguent. Si vous cherchez en Belgique un endroit où la vie rurale a encore un sens, c'est dans cette région-là qu'il faut aller.

Non loin de Maldingen, se trouve le village de Beho. Anciennement, on disait Bocholt (1135) ou  Boecholte (1446), ou encore Buchenholtz, allusion au hêtraies présentes dans la région. On trouve, aux Pays-Bas, une forme proche Bocholtz. C'est à la fois le nom d'une localité, mais aussi le nom d'un hôtel particulier à Liège aujourd'hui siège d'une banque.



Sous l'ancien régime, la terre de Beho était partagée entre différents seigneurs locaux: Cour de Tommen, Comté de Salm et Seigneurie d'Ouren. A Beho, on parlait l'allemand, mais aussi le wallon pour communiquer avec les habitants du hameau de Commanster tout proche. Il s'agissait donc d'une région bilingue (allemand-wallon) comme beaucoup d'autres là-bas, comparables aussi aux communes des Fourons (plat deutsch-wallon). Ici, on n'a jamais fait de l'homogénéité linguistique une priorité comme en Flandre. Aujourd'hui, la majorité des habitants de Beho se déclarent francophones.

Si vous décidez de vous perdre dans cette région, il faut vous arrêter à Beho, qui est hors des circuits touristiques classiques. Un village un peu perdu mais qui mérite qu'on s'y arrête.

Il s'y trouve en effet un monument remarquable: l'église Saint Pïerre. Son imposante tour carrée a été bâtie après la première croisade, vers l'an 1100. Base carrée, flèche octogonale, loggia, balustrade, bretèche en bois en encorbellement sur des consoles en mascaron, alternant figures grimaçantes et menaçantes.

L'intérieur de l'église vaut aussi le détour. Les pièces principales du mobilier ont été sculptées en bois de chêne de 1713 à 1724 par maître Jean Georges Scholtus de Bastogne. En 1954, après un incendie, une restauration a été entreprise. Le pari a été audacieux: on oublie parfois que les oeuvres anciennes étaient souvent peintes et même polychromes. A Beho, le pari est réussi; il doit correspondre à ce qu'était l'art populaire. 

Au départ de Beho, nombre de promenades sont possibles.












jeudi 17 mars 2011

L'antoinisme, une religion née dans la région liégeoise

Quand j'étais enfant, un couple habitait pas très loin de chez mes parents. Ils m'impressionnaient. Il étaient toujours habillés en noir. Lui, avec un grand chapeau. Elle, comme une ursuline. On aurait dit des quackers. J'avais l'impression qu'ils étaient d'un autre monde et d'un autre temps que le mien. Tout en bas de la rue, il y avait un petit édifice où une plaque métallique indiquait qu'il s'agissait d'un temple antoiniste. C'est là qu'ils se rendaient régulièrement. Cela m'a toujours intrigué. Qui étaient-ils? Que faisaient-ils dans ce temple?




Comme j'aime me promener dans la ville, j'ai par la suite découvert d'autres temples antoinistes à Liège. Le plus connu se trouve rue Hors-Château, juste au pied des escaliers de la montagne de Buren. Il en est un autre dans le quartier des Vennes, un autre encore à Jupille, rue Charlemagne, un autre encore à Seraing, et d'autres encore à Vottem ou à Montegnée.

Photos des principaux temples antoinistes en région liégeoise:

Le temple de la rue Hors-Château:


Le temple du  quai des Ardennes:




Le temple de Jupille:


Le temple de Seraing:




Le temple de Jemeppe-sur-Meuse:



Cela m'intrigue depuis longtemps,  d'autant plus que ces temples semblent bien entretenus et qu'une affiche indique l'horaire des moments de culte: les quatre premiers jours de la semaine à 10h00, le desservant du temple préside l' "opération générale du père", suivie d'une brève lecture tirée de son enseignement. Le dimanche, il en est de même, mais la lecture est plus longue. Le soir, a lieu une lecture suivie d'un moment de recueillement pour les âmes souffrantes. Ailleurs qu'en Belgique, le rituel peut être plus développé.


Mais qui sont donc ces antoinistes?

Ils  se revendiquent d'un certain Louis Antoine, dit Père Antoine, né en 1846 à Mons-Crotteux et mort en 1912 à Jemeppe-sur-Meuse. Le père Antoine a travaillé dans la mine dès l'âge de 12 ans. Il travailla ensuite comme ouvrier métallurgiste, en Belgique, en Allemagne, puis en Pologne, avant de revenir en Belgique.

Le père Antoine, dit le Père:



Sa femme, dite la Mère, qui reprendra, à son décès, le flambeau.




A son retour en Belgique, il exerça une activité de guérisseur par le magnétisme, les tisanes et la prière, avec un certain succès. Il lui arrivait de recevoir plusieurs centaines de malades par jour. A cette époque, il est proche aussi du spiritisme d'Allan Kardec, qu'il abandonnera par la suite. Le père Antoine aura quelques problèmes avec la justice pour exercice illégal de la médecine.

En 1906, il abandonne la doctrine spirite et fonde une nouvelle religion, qu'il appellera "Le nouveau spiritualisme". S'agit-il vraiment d'une nouvelle religion? A-t-il créé une secte?

Il est bien difficile de répondre à cette question. L'Etat belge a reconnu aux fondations antoinistes un caractère d'utilité publique, mais le rapport du parlement français sur les sectes range l'antoinisme dans les sectes dangereuses ...

La doctrine du père mélange des principes moraux simples, une croyance en la réincarnation et une notion essentielle: les fluides. La guérison, physique ou psychique, peut être obtenue si on se soumet aux bons fluides que le Père canalise lui-même ou par ses représentants. Il n'y a toutefois pas de clergé, pas de prosélytisme, on peut être antoiniste et se revendiquer d'une autre religion.

On peut trouver tout ceci assez fumeux. Il n'en reste pas moins que des temples, et donc des adeptes de l'antoinisme, se rencontrent au-delà de la région liégeoise où le mouvement est né. Il existe encore, en Belgique, une trentaine de temples et à peu près autant, en France, à Paris, à Marseille, à Monaco, à Orléans, à Toulouse, à Aix-les-Bains entre autres. Aussi, en Espagne et en Amérique latine.

Un site assez complet, mais officieux, permet de mesurer l'ampleur du mouvement:

http://antoinisme.blogg.org/album-27744-offset-20.html

Un historien liégeois,  professeur à l'université, Robert Vivier (1894-1989), s'est intéressé à l'antoinisme dans un roman "Délivrez-nous du mal", paru en 1936. Il y a aborde la vie du père Antoine tout en livrant une analyse pertinente et instructive du contexte social de l'époque.

http://jeanjadin.blogspot.com/2009/09/note-de-lecture-robert-vivier.html

mercredi 16 mars 2011

Le Japon et l'apocalypse

Ce qui se passe actuellement au Japon laisse sans voix, nourrit une immense inquiétude peu à peu partout dans le monde et soulève beaucoup de questions.

Il y a d'abord un constat, me semble-t-il: nous vivons, sur le plan mondial, une période de turbulences. Et la nature, et les hommes, semblent manifester de plus en plus le rejet d'un certain monde, un monde que, il faut bien le dire, l'homme a façonné lui-même peu à peu. Car ce qui est en cause, c'est bien l'oeuvre des hommes: les manières d'exercer le pouvoir, le rapport à la nature, les idéologies économiques ou religieuses, les relations aux autres, à l'autre (l'étranger, par exemple) ou au "Tout Autre". Tout cela est en question aujourd'hui. Je dis bien tout. Tout ce qui existe semble fragilisé à un point tel qu'on n'hésite plus à parler de catastrophe ... et même, selon certains, d'apocalypse. Le terme n'a rien à voir avec la fin du monde. Il signifie plutôt "mise à nu" ou "révélation". Ainsi compris, il est particulièrement adapté à la situation actuelle.

Dans tout ce qu'il se passe aujourd'hui ou s'est passé récemment de la Tunisie à l'Egypte, en passant par la Lybie, et d'autres pays musulmans, à Haïti, en Indonésie, au Japon, en Irlande, en Islande, en Côte d'Ivoire, en Belgique et demain ailleurs encore ... ne peut-on pas voir les signaux d'une mise à nu? Je le pense pour ma part.

Jamais peut-être l'homme n'a-t-il été aussi fragile que maintenant. La mise à nu évoque la mue, mais aussi la fragilité. Adam n'a jamais été aussi fragile qu'après avoir transgressé l'interdit en mangeant la pomme du tentateur suggérée par Eve.

Je ne perds pas de vue les réalités concrètes, j'essaye de donner du sens aux événements.

Ainsi, je ne trouve pas les mots pour évoquer l'attitude du peuple japonais. Des hommes risquent leur vie, et ils le savent, sur les sites nucléaires pour éviter à d'autres l'improbable. Le gouvernement fait face, comme il peut, à une situation sans précédent. Comment gérer l'inconnu, l'imprévisible? Ici, point de pillages, d'hystérie, au contraire, une incroyable maîtrise de soi, qui n'exclut pas le chagrin ou la peur, une discipline. "Supporter l'insupportable", c'est ce que l'empereur Hiro Hito avait demandé à son peuple dans la période de reconstruction du pays après la tragédie d'Hiroshima et de Nagasaki. Dans la religion shintoïste, la religion du Japon, l'homme et la nature entretiennent un rapport où le premier se soumet à la seconde. C'est aussi mon credo.

On aimerait que la même maîtrise de soi anime le colonel Khadafi. La mise à nu chez lui ne semble pas pour demain. Il a bien trop peur de la fragilité. Il préfère crâner, se parer d'oripeaux, provoquer ou menacer d'autres que lui. Les hommes qui se disent forts, pour masquer leur fragilité, sont les plus dangereux; ils trouvent toujours des sujets pour les conforter dans leur délire. Il va de soi que d'autres que Khadafi relèvent de ce modèle. Je ne donnerai pas de noms! Observez autour de vous!

Un grand défi attend l'humanité. Il faudra peut-être attendre encore un peu: la mise à nu peut prendre un certain temps. Mais l'enjeu est évident: il s'agit d'inventer une nouvelle civilisation. Sans cela, il n'y aura plus d'humanité.

dimanche 13 mars 2011

Mon barbier, les barbershop quartets, le wop-doo-wop et la close harmony

L'intitulé de cette contribution peut paraître sans queue, ni tête. Il n'en est rien.

Commençons par mon barbier. Je porte la barbe depuis l'âge de 18 ans (sauf deux très courtes périodes, où je longeais les murs). Elle était plus fournie et surtout plus colorée alors que maintenant. Longtemps, j'ai pris soin de ma barbe moi-même. J'ai encouru bien des reproches pour les poils que je laissais alors dans le lavabo de la salle de bains. Depuis une dizaine d'années, je m'en remets à mon barbier, qui est aussi mon coiffeur de temps en temps.

Je dois avouer ici une jouissance. Autant l'usage du rasoir électrique ou de la tondeuse à domicile est sans joie, autant il est agréable de recevoir la mousse sur la peau, étendue avec un blaireau, puis de sentir passer le rasoir là où il faut, mon barbier passant trois fois, puis il me tapote et finit par un peu de talc et du "sent bon". Tout cela, pour 4 euros! C'est un plaisir peu onéreux que j'aime m'octroyer. Mon barbier est algérien et à la radio j'entends souvent psalmodier le Coran.

Les barbiers américains eux ont, dans des associations professionnelles de loisirs, semblables à celles qui ont suscité en nos contrées des chorales ou des fanfares chez les travailleurs de la mine, répandu une tradition de quatuors vocaux a cappella composé de voix égales masculines. J'ai, dans mes archives, quelques partitions de cette tradition. Je cherche trois autres chanteurs pour les chanter un jour.

Ils adoptaient un style d'harmonie fait de quatre parties d'accords consonants pour chaque note mélodique dans une texture principalement homophonique. La voix basse était la seule à jouir d'une relative liberté.

Cette ancienne tradition a connu une époque de renouveau dans les années 1930-40 avec l'apparition d'ensembles noirs s'inscrivant dans la tradition du negro-spiritual, qui y ont ajouté le swing. Le plus célèbre d'entre eux est The Golden Gate Quartet, mais on peut citer aussi The Ink Spots et The Mills Brothers, moins inspirés l'un et l'autre que les premiers par la tradition religieuse. Le répertoire devient plus sentimental, et surtout plus soumis aux exigences de la variété.

Des instruments se sont joints: une guitare, un piano, ou un trio (piano, basse, batterie). Peu à peu aussi, la tradition flirtera avec le jazz naissant. Un standard comme Alexander's ragtime band sera ainsi décliné de multiples façons. The Andrews Sisters,  en plein conflit mondial, se feront un nom. Elles ont créé des émules, et pas seulement dans les boîtes gay ou de transformistes. Aujourd'hui, les Puppini Sisters n'ont rien à envier à celles qui les ont précédées.

Dans la foulée, est né un peu plus tard le style "wop-doo-wop" qui a connu son heure de gloire dans les années 1950 et a suscité bien des vocations. Les ensembles alors deviennent mixtes parfois et de moins en moins a  cappella. Un soliste et trois choristes qui font "wop-doo-wop". On peut citer ici, parmi de très nombreux représentants du genre The Platters, mais aussi The Temptations.

La tradition des barbershop quartets est néanmoins restée très vivante aux Etats-Unis et au Canada, jusqu'à aujourd'hui. Elle donne lieu à des festivals et à des compétitions où le costume, la gestuelle et l'humour priment parfois sur la musique. Leur aspect kitsch est totalement incompréhensible pour qui n'est pas un américain du nord.

Il existe ainsi encore actuellement des quatuors vocaux blancs chantant du gospel et du country, galvanisant les foules, avec des chants religieux, en vrais professionnels du show-bizz, lors de rassemblements souvent bon enfant, mais qui moi m'inquiètent quand même un peu. Parallèllement, des ensembles beaucoup plus marqués par le jazz, comme The Manhattan Transfer, ne renient pas du tout leurs origines.

Le style qu'on appelle close harmony est l'héritier de cette tradition. Il se caractérise par une écriture très riche, inventive, sophistiquée même sur le plan harmonique, comportant néanmoins une contrainte, l'étendue du spectre des voix: il peut s'agir d'un trio féminin, d'un quatuor masculin, d'un quatuor mixte, d'un sextet masculin (du contreténor à la basse) et, dans la forme la plus ouverte, de 8 chanteurs mixtes de la soprano à la basse. La voix est cependant toujours privilégiée. La voix, les voix, d'où mon intérêt pour cette tradition. On peut citer ici des ensembles very  british (comme les King's singers ou Voces8 ...). Mais je pense aussi au Quarteto Em CY, dans la musique brésilienne.

Sélection d'illustrations sonores anonymes et dans le désordre (c'est plus drôle ... vous allez être obligés de les écouter toutes!)

http://www.youtube.com/watch?v=qPTbgvzgMZU

http://www.youtube.com/watch?v=mQwb4SpNuKo&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=da21psYw39k&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=n-XQ26KePUQ&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=yjvRDTIiMTg&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=hZuB-Y3L0Ys&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=f-EfmZXTUq4&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=xZ6-2XwvUCE&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=y9JCEv7p4EE&feature=related

http://www.singers.com/choral/voces8.html

http://www.dailymotion.com/video/x6k6rl_swing-low-sweet-chariot-the-jordana_music

http://www.youtube.com/watch?v=0f4e0pssQWs&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=YFk5hrpw9Rs&feature=related

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Acoustic/Episodes/p-14104-The-Golden-Gate-Quartet.htm

http://www.youtube.com/watch?v=q4W8Uw00hs8&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=bBbgZauYL1Q

http://www.youtube.com/watch?v=8myK93FqbYc&NR=1

samedi 12 mars 2011

Pourquoi l'homme ne serait-il pas l'avenir de la femme?

Louis Aragon a, un jour, écrit, que "la femme est l'avenir de l'homme". Jean Ferrat l'a chanté.

http://www.youtube.com/watch?v=MZ8d1WY27RI

Pourquoi l'homme ne serait-il pas l'avenir de la femme? Ou tous les deux un avenir pour les autres.

A l'occasion de la journée mondiale des femmes, le 8 mars dernier, j'avais lancé sur facebook un petit défi: il existe d'innombrables chansons où l'homme chante la femme. En existe-t-il autant où la femme chante l'homme? Je connais peu de chansons où l'homme chante la femme, sans la magnifier, l'idéaliser, ou dire qu'il lui doit sinon tout, beaucoup. Les chansons de Charles Aznavour "Tu te laisses aller" ou "Je bois" sont les rares que je connaisse. Seule la tendresse désabusée l'autorise à chanter cela et une profonde conscience de l'homme.

http://www.youtube.com/watch?v=tzomqWPWLKc&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=FFQxfS45HYk&feature=related

J'ai donc attendu que mes amies facebook m'inondent de références. La moisson a été fort maigre.

Les quelques suggestions suivantes m'ont été faites:

- Mon légionnaire, chanté par Edith Piaf;
http://www.youtube.com/watch?v=mHRFxmRh7kY

- Oui, je l'adore, chanté par Pauline Ester (suggéré par un correspondant masculin);
http://www.youtube.com/watch?v=mHRFxmRh7kY

- Johnny, tu n'es pas un ange, créé par Edith Piaf, repris par Vaya con Dios.
http://www.youtube.com/watch?v=Ka9jb32FtHc

Une amie m'a signalé une chanson de Zazie: ...où elle chante:  "Je suis un homme" (?).
http://www.youtube.com/watch?v=utMD5t_jzMU

J'ai donc fait appel, pour compléter, à mes maigres souvenirs:

- Mon mec à moi, il me parle d'aventures, chanté par Patricia Kaas;
http://www.youtube.com/watch?v=utMD5t_jzMU

- Tel qu'il est, il me plaît, créé et chanté par Fréhel
http://www.youtube.com/watch?v=pqeTZOLDfBQ

- Toi jamais, chanté par Catherine Deneuve, dans le film Huit femmes, de François Ozon


http://www.youtube.com/watch?v=EWmv0oykofY&feature=related

- Femme, chanté par Nicole Croisille

http://www.youtube.com/watch?v=IsYuJJOxwQE

On ne peut pas dire que les hommes sortent vraiment grandis de ces chansons de femmes. Je n'y trouve pas la même vénération en tout cas que celle que l'on peut trouver chez Jacques Brel, Jean Ferrat, Charles Dumont, Julien Clerc, par exemple.

Alors aidez-moi, à me convaincre du contraire! Sinon, je finirai par devenir gay!