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vendredi 12 juin 2009

7 juin 2009

Jour d'élections. L'ambiance est particulière. On ne croise pas, dans la rue, les mêmes voisins que d'habitude. On voit des petits vieux pour qui cela est capital, malgré leur handicap. Je connais de beaucoup plus jeunes que cela ne concerne en rien et qui ne se déplaceront même pas. 

Ce soir, soirée électorale sur toutes les chaînes. Encore et toujours les mêmes têtes et les mêmes discours.

D'autres plus que compétents que moi analyseront les résultats. Je voudrais seulement émettre ici un voeu: serait-il possible que d'une élection à l'autre (municipale, régionale, fédérale, européenne), on ne retrouve pas systématiquement les mêmes candidats, soit tous ceux qui sont là pour être porteurs de voix, mais n'exerceront pas le mandat pour lequel ils sollicitent les suffrages. Ce n'est que mon avis, mais le MR aurait fait un meilleur score, si Didier Reynders n'en avait pas été à peu près la seule incarnation médiatique. Et le PS, quel sera son score quand M. Daerden aura rejoint J. Happart dans la décrépitude?

Une photo dans la presse m'a marqué: les couples Obama-Sarkozy. Une très grande, un très grand, une grande et un nabot. Un nabot sur talonnettes.  Obama est évidemment d'une autre pointure que Sarkozy! Certains le comparent au personnage que Louis de Funès a inventé et répété dans de nombreux films, qui m'amusent toujours autant après les avoir vus 20 fois. Je souhaiterais être plus précis: je trouve qu'il ressemble de plus en plus à Don Saluste dans la Folie des grandeurs.

J'ai croisé, alors qu'il venait d'accomplir son devoir électoral, Aloys Jousten, l'évêque de Liège. Un homme humble, un homme bien, qui aime la musique. Franchement, et sans parti pris, il m'inspirait plus confiance que certains candidats. Il a sans doute même beaucoup plus à dire que certains d'eux. Mais d'aucuns ont jugé bon, un jour, de décréter la séparation de l'Eglise et de l'Etat. On en voit aujourd'hui le résultat.

8 juin 2009

Je ne suis pas fait pour les questions d'argent. Pas plus que je ne suis fait pour faire face à un pneu crevé!

9 juin 2009

J'ai fait la connaissance, hier, de L., la nouvelle copine de Ben. Mon impression est excellente. Bien sûr, Ben est toujours attiré par un type de fille bien déterminé. S'agit-il de ce que Michel Dorais appelle la mémoire du désir (La mémoire du désir, vlb Editeur, 1995)? L. m'a paru avoir un petit plus par rapport à E. Du caractère, de la personnalité. Cette jeune fille m'a beaucoup plu. Je me réjouis de la connaître encore mieux. J'espère que Ben va tout faire pour que leur relation soit une belle relation.

Pourquoi y a -t-il tant de gens qui pensent bien faire, mais le font avec une insigne maladresse? On les appelle "les hommes de bonne volonté". Il faut aussi faire avec eux.

10 juin 2009 - Réflexions d'interrogateur + une

J'ai une chose en horreur: qu'un examen se termine par des larmes.

Plus les années passent, plus je me trouve indulgent et plus je me pose de questions sur le sens de mon évaluation.

Je constate avec bonheur que les étudiants ont beaucoup travaillé mon cours. Ce n'est donc pas la difficulté qui les rebute. Ils me disent que la matière est dense, très dense, mais que plus on la fréquente, plus elle devient intéressante. Si j'étais mauvaise langue, j'ajouterais qu'ils me disent aussi que d'autres cours sont chiants au départ et encore plus chiants quand on les fréquente. Mais tout le monde sait que je ne suis pas une mauvaise langue.

Que faut-il apprécier en effet? Et dans quel but?

J'ai de plus en plus de peine à être investi d'un rôle qui consiste à opérer un classement entre les étudiants: des meilleurs aux médiocres. Quelle responsabilité! A certains, nous donnons ainsi une carte de visite pour l'avenir. Quant aux autres ... cela dépendra beaucoup des autres cartes de visite qu'ils pourront présenter.

Je connais des étudiants/des étudiantes qui, à côté de performances intellectuelles réelles, mais pas exceptionnelles, ont une capacité d'engagement personnel, un sens de l'effort, une ouverture d'esprit, qui méritent une reconnaissance. Des personnalités solaires parfois. Quand d'autres très bons, sont scolaires. 

Mon enseignement est aussi atypique: des étudiants s'y révèlent. Et d'autres antérieurement bien notés s'y cassent le nez.

Je pense que mes étudiants m'aiment bien. Je le pense parce qu'ils me le disent. C'est la plus belle récompense que je puisse obtenir pour les efforts que je fais.

Il est plus beau en vrai qu'en photo. Il a un sourire et des yeux à tomber là. Il est sympathique en diable. Bien entendu, il ne porte pas un nom d'ici. Qu'importe. Il m'a ému. Je ne suis même pas sûr qu'il s'en soit rendu compte. Ceci bien sûr ne concerne pas les examens.

11 juin 2009

L., je l'ai croisé sur un site de rencontre, il y a 3 ans. Nous nous écrivons de temps en temps. Nous nous partageons des coups de coeur artistiques régulièrement. Il y a 6 mois, nous avons passé un week-end ensemble très intense et même fusionnel. Il est reparti au Portugal. Il m'a dit qu'il reviendrait. Je le crois. Il m'a dit que, le premier jour où nous avons eu un contact sur internet, il avait eu la certitude que nous nous rencontrerions. Il est venu à moi. A moi, d'aller à lui pour quelques jours à Lisbonnne. Il a un compagnon là-bas toutefois.

Il m'a envoyé récemment deux références.Une des deux est très originale et amusante: http://www.milki-fun.com/fingerman.htm.

Az. m'a écrit récemment. Jamais, nous ne couperons le lien qui nous a unis pendant 4 ans. "Ce que nous avons fait ne sera pas perdu. Tout mûrit à temps et deviens fruit à son heure" (Divyavadana).

Peu de monde ignore mon attachement aux valeurs et au mode de vie monastiques. Un jour, j'en parlerai plus longuement. Je viens de faire une belle découverte: des moines chantant en basque. Je vous recommande le Choeur des moines de Belloc (Gorets Jauna - Chants liturgiques basques - 1991).

Je ne suis pas un homme d'images. Je préfère la parole, l'écrit, la musique que l'on écoute les yeux fermés … Cela explique pourquoi je n'arrive pas à me passionner pour le cinéma ou l'opéra (à tort, j'en suis sûr). Parfois, je me sens touché par une oeuvre picturale ou par des photos. J'ai été touché, par exemple, par les photos de Patrick Van Roy (http:// www.patrickvanroy.be).

Il y a un point commun entre les trois références que je viens d'évoquer: une quête du minimalisme, de l'épure, de l'abstraction peut-être. Ce que j'aime surtout, dans ces trois exemples, c'est qu'elles nous donnent à modifier notre regard sur la réalité.

La loi Hadopi est une loi Sarkozy (la ministre de la culture Albanel a simplement été envoyée au front pour en prendre plein la tronche, excusez-moi l'expression). Voilà que le Conseil constitutionnel recale et la loi, et la ministre, après bien des soubresauts.  C'est un peu comme en Belgique avec les lois Reynders. Elles finissent toujours par passer au Parlement, puis sont ensuite recalées par la Cour constitutionnelle, la Cour de justice des Communautés européennes ou le Conseil d'Etat. Cette manière fort singulière de légiférer semble caractériser les partis dits réformateurs. Et s'ils manifestaient de la sorte leur inaptitude à réformer?