Rechercher dans ce blog

lundi 12 septembre 2011

Dimanche, 11 septembre 2011

Dimanche, 11 septembre 2011 ...

Comme tout le monde risquait d'évoquer l'attentat et les Twin towers de Manhattan, il y a dix ans, je me suis d'abord dit que je m'abstiendrai, puis je me ravise.

Je suis - ô combien - solidaire et compatissant avec les victimes et leurs familles et admiratif pour les héros qui ont pu sauver des vies, mais je n'arrive pas à me défaire d'un certain malaise. Comme si le crime était presque trop parfait. L'Amérique était, ce jour-là, atteinte par un ennemi extérieur qui maîtrisait en tout cas parfaitement les scénarios hollywoodiens. Aucun autre attentat attribué à Al Quaïda n'a jamais pris cette ampleur et ce côté spectaculaire que des media ont montré quasiment en temps réel. J'ai toujours trouvé cet attentat un peu "trop américain".

Cet événement est surtout devenu un symbole, mais quel symbole ?

ll représente, selon certains, le moment où l'Amérique aurait découvert qu'elle pouvait être vulnérable sur son propre territoire, ce qui était jusque là parfaitement inconcevable pour un américain. Un tel événement aurait pu dès lors susciter un sentiment d'humilité ;  il n'est pas impossible en effet que d'autres puissent devenir, un jour, plus forts que les américains.  Une telle prise de conscience aurait pu être salutaire. Ce ne fut évidemment pas la réaction du président G. W. Bush et de ses meilleurs conseillers. Ils auraient pu, car depuis leur arrogance a pris de sacrés coups. A vrai dire, la société américaine est bien plus fragile qu'on ne le dit aux américains : crise des subprimes en 2008, faillite de Lehman Brothers, endettement colossal,  ... plus peut-être pour des dépenses militaires que pour des dépenses sociales. A vrai dire, la société américaine n'a jamais été aussi fragile qu'aujourd'hui, comme si l'attentat avait déclenché et accéléré un processus révélateur de ses erreurs et de ses dérives.

La seule question qui vaille est la suivante. Au-delà de l'hommage aux victimes, essentiel, quelles nouvelles perspectives ont-elles été ouvertes à la suite de cet événement : la lutte contre le terrorisme, justification facile pour de nouvelles guerres ? les restrictions aux libertés individuelles pour assurer la sécurité ? Alors que la réponse se trouve peut-être dans les questions suivantes: quelles solidarités nouvelles ? quelles priorités ? quels engagements ? Je souhaiterais qu'au moins, ces événements terribles servent à quelque chose, pas seulement à  faire des commémorations à forte connotation nationale.

Car, des victimes et des héros, on en trouve aussi dans la Corne de l'Afrique, soumise à la famine. On en trouve dans les pays du "printemps arabe" qui aspirent à la liberté et à la démocratie. On en trouve dans tous les pays qui ont connu récemment une catastrophe naturelle. Il ne s'agit point de compter les morts pour décider si un événement mérite d'être couvert par les media. Mais de reconnaître certaines vérités.

Ainsi, on a fort peu évoqué le fait que le 11 septembre (!) 1971, le président du Chili, Salvador Allende, porteur d'espoir pour son pays, qui prônait l'indépendance par  rapport aux capitaux étrangers et la nationalisation des ressources naturelles, a été destitué par un putsch militaire dirigé par le général Pinochet, lui-même pantin des Etats-Unis, inaugurant une période de répression, d'emprisonnement, de tortures et d'assassinats en bonne et due forme, dont les victimes se sont comptées par milliers ...

Je vais finir par me demander si le nombre de morts, justifiés par la défense des intérêts américains, n'excède pas très largement le nombre des victimes du terrorisme islamique.

jeudi 8 septembre 2011

Tax and Coca-Cola

Il fut en temps où les choses étaient tellement simples et évidentes.



Rhum and Coca-Cola


Aujourd'hui, il n'en est plus de même. La nouvelle taxe sur les sodas, imaginée par le gouvernement français, ne passe pas chez les dirigeants de Coca-Cola Ltd.

Tax and Coca-Cola.


Les propos tenus par Coca-Cola Ltd Company méritent d'être relevés.

Comme les syndicats, cette multinationale américaine traite avec les Etats d'égal à égal. Entre les deux, l'Etat ne sait plus quoi faire. " Vous avez décidé de créer une taxe sur les sodas, dit  Coca Cola : nous renonçons à notre projet d'investissement en France et, vous allez voir, 3.000 emplois vont être en jeu " ! Le langage de la force, de la menace, toujours. Au profit de qui ?

L'intérêt particulier et l'intérêt général sont-ils conciliables ? La multinationale américaine se garde bien d'évoquer les aides, fiscales et autres, dont elle a bénéficié en Europe, avec le naïf espoir pour les Etats européens de créer ou de conserver de l'emploi.  Mais qu'avez-vous donc fait de ces aides d'Etat dont on vous abreuve, vous qui dirigez ces sociétés? Si vous n'êtes pas à leur hauteur, vous devriez être priés de les rembourser, car vous n'en étiez pas dignes. Qui crée le chômage ? L'Etat ?  Les entreprises ? Le consommateur ? Le moral des troupes ? Ah oui, j'oubliais, l'insaisissable marché. Le coupable est tout désigné. Mais s'il génère le chômage et la régression pour beaucoup d'oubliés, de plus en plus nombreux, quelles sont encore les raisons de lui faire confiance ?

Ensuite, et ce n'est pas le moindre paradoxe, après avoir déclaré, menaçante cette taxe nouvelle qui doit malheureusement la contraindre à renoncer à d'importants investissements en France, cette même multinationale américaine annonce, dans le même temps, que de toute façon le seul qui devra payer cette hausse d'impôt sera le consommateur. On appelle cela le cynisme.

Quelles leçons en tirer ?

Il n'est pas sain que les Etats démocratiques soient amenés à devoir courber l'échine devant les puissances du capital et de l'argent. Le monde n'est pas fait que de capital et d'argent. 

Plus fondamentalement, cela démontre l'inefficacité de tout impôt sur les entreprises. Plus elles sont grandes, plus elles finissent par échapper à l'impôt, quoiqu'on fasse, soit parce qu'elles pratiquent l'évasion fiscale, soit parce que les Etats les favorisent pour des raisons souvent idéologiques ou de complaisance, soit parce qu'elles répercutent cet impôt sur d'autres. Inventons donc un impôt de " 0 % " sur les profits de toutes les grandes entreprises, ce qui correspond de toute façon à peu près à la situation actuelle, et puisque de toute façon, un tel impôt ne sert à rien ; on n'y perdra guère, mais conditionnons aussi cet avantage à quelques obligations. La mesure au moins serait symbolique.Vous ne payez pas d'impôt, mais vous avez des devoirs. Parmi les engagements à prendre, rendre des comptes ; toujours mon obsession. Quelle est l'utilité sociale de vos décisions ? Quel est votre apport à la communauté ? Vous, qui avez de l'argent, n'oubliez pas que cet argent n'est jamais vraiment ou pas seulement le vôtre.

Quel serait le pouvoir d'influence d'un jeune entrepreneur wallon, faisant du sirop de Liège artisanal, dans la même situation ? Imaginons une taxe régionale wallonne sur le sirop. Réponse : " je vous menace de licencier mes 3 employés et de ne plus investir ici "! Je vais aller en Pologne ou au Bengladesh pour faire faire mon sirop avec des pommes polonaises et des ouvriers bengalis !

Quant à moi, qui ne consomme pas - surtout pas, mais surtout pas ! - les produits de la marque Coca-Cola Ltd (même pas Minute Maid ou l'eau de Chaudfontaine), Dieu m'en préserve, je reste un peu affligé par tout ceci et j'espère enfin un autre monde.

Coca Cola Ltd a publié un communiqué : " rassurez-vous, tout ceci ne serait qu'un malentendu, un problème de communication "! La très ltd Company aurait réagi, parce qu'elle se sentait agressée en tant que productrice de sodas ... ce qui portait atteinte à son image de marque. Le gouvernement aurait-il mal communiqué? Et la multinationale dans la même foulée ?


Terminons sur une note plus légère :


Dean Martin & The Andrews sisters





mercredi 7 septembre 2011

Coq hardi ou lion ardent

Voici comment certains parmi nous voient l'avenir ; parmi eux, d'estimés collègues et amis.





Je ne suis pas du tout hostile à un rattachement - à définir - de la Wallonie à la France, au cas où - c'est une possibilité - mais le drapeau reproduit ci-dessus est porteur de symboles contradictoires que n'ont peut-être pas aperçus ceux qui le diffusent.

Première contradiction : l'emblême national français est fait de trois bandes verticales - bleue, blanche et rouge -  et, à ce jour, aucune composante de l'Etat français, même dans les DOM-TOM, n'a jamais imaginé de transformer le drapeau national en y ajoutant un symbole supplémentaire, en l'espèce, un coq hardi. La république française est une et indivisible. Il me paraît dès lors pour le moins maladroit de choisir comme signe de ralliement à la France une image à la limite du blasphème.

Deuxième contradiction : si l'on envisage, les blasons des différentes composantes du pays, tous font référence au lion ardent, sauf deux exceptions : la région wallonne qui a choisi, un beau jour, et malgré la tradition, le coq et la région bruxelloise, qui poétiquement a choisi l'iris (comme les rois de France avaient choisi le lys). A vrai dire, on trouve autant de lions dans les armoiries wallonnes que dans les armoiries flamandes. Voilà qui remet à sa juste place le Vlaams leeuw. Mais cela veut dire aussi que le coq hardi ne représente rien ; il a même l'air un peu ridicule au milieu de tous ces lions.



Iris bruxellois


Coq wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles


Les blasons font en effet la part belle au lion en Wallonie : dans l'ordre, province de Liège, province de Namur, province du Hainaut, province de Luxembourg, province du Brabant wallon. Où gît le coq ? Uniquement dans le Brabant wallon où le coq semble devoir partager l'espace avec un lion à la langue bien pendue.


   


 


Observons que le blason de la province de Liège s'inspire directement de celui de la principauté millénaire, et soyons un peu chauvin, il est le plus élaboré et le plus beau.





 Quant à la Flandre, elle se nourrit de lions, mais pas plus que les wallons, et aussi d'aigles à deux têtes : province d'Anvers, province de Flandre occidentale (à ne pas confondre avec la Flandre française toute proche !), province du Limbourg flamand (à ne pas confondre avec le Limbourg hollandais !), province de Flandre orientale et province du Brabant flamand.






Le plus sympathique est le blason du Limbourg. On y aperçoit un cerf, des feuilles de chêne et un cygne (?). Le moins amène est celui de la Flandre orientale, c'est le moins qu'on puisse dire

Avez-vous observé que tous les blasons flamands font allégeance à une couronne, ce qui n'est pas le cas des blasons wallons, sauf dans la province du Luxembourg ?

La Flandre, en tout cas, ne s'identifie pas plus au lion que la Wallonie ne s'identifie au coq. Le lion est le lot commun mais, il faut l'avouer un coq, même hardi, ne fait pas vraiment le poids face à un aigle à deux têtes.

Pourquoi le coq wallon ? Il semblerait qu'on ait évoqué d'autres possibilités : perron liégeois, étoile, alouette, taureau, sanglier, écureuil ! De l'emblème liégeois, on a gardé le jaune et le rouge.  Quant au coq, les décideurs wallons l'ont choisi, car ils auraient l'air ainsi plus gaulois que germains. Un raisonnement un peu court.

Il est intéressant de relever que le coq gaulois et le coq wallon présentent des différences. Le coq wallon a la patte droite levée, signe d'un coq combattant, et le bec fermé. Le coq gaulois a les deux pattes au sol, bombe le torse et fait entendre sa voix à tout qui veut l'entendre. Le coq wallon est hardi. Le coq gaulois est surtout fier et prétentieux.








Ces deux coqs-là sont-ils faits pour s'entendre ? L'iconographie ne le démontre pas.

mardi 6 septembre 2011

Le troisième âge

Et bien voilà, d'ici peu, je serai considéré comme inapte à vie pour une activité professionnelle pour des raisons de santé. Cela signifie que je vais devenir un invalide : "une personne qui n'est pas (plus) en état de mener une vie active, de travailler, du fait de sa mauvaise santé, de ses infirmités, de ses blessures" (Robert). Je vais être, dès lors, dans le collimateur de la N.V.A. et d'un ancien ami qui n'a de cesse que de stigmatiser les assistés.

Je ne serai pas un invalide de guerre, à moins que ce ne soit de guerre lasse.

Je ne serai pas non plus un impotent, un infirme. Et si je n'ai plus l'énergie pour donner plusieurs cours sur toute une année, et assumer tout ce qui va avec, je suis encore capable de m'informer, d'apprendre, d'écrire, de partager, voire peut-être de faire une conférence isolée.

J'ai donc décidé de m'inscrire, pour un cours, à l'Université du troisième âge. J'ai choisi le cours " Histoire de la pensée musicale au cours des siècles ", à la fois pour le sujet et pour le prof, vu qu'il lit régulièrement mon blog, comme je lis le sien.

Moi qui ai toujours aimé le contact avec les plus jeunes, c'est un réel bouleversement. Je serai à l'U3A un jeunot. Comment va se passer cette plongée dans un univers où la plupart des participants auront dix ou vingt ans de plus que moi ? Alors qu'avant, c'était le contraire.



J'ai compris, ce jour-là, que je devais tourner la page.


Des amitiés se noueront peut-être. Une histoire d'amour, j'en doute.

Sincèrement, vous m'imaginez en train de draguer, pour le séduire, un professeur de lettres retraité depuis plus de vingt ans, et qui serait assis à côté de moi au cours ?

Le troisième âge est bien une étape. Comme le disait ma délicieuse psy : " nous, qui avons des parents de 90 ans, nous nous sentons encore jeunes, mais les jeunes nous considèrent comme des vieux ". Il faut dire que, elle et moi, faisons des efforts pour rester jeunes et proches des copains de nos enfants, de leur univers, etc. Bref, nous sommes peut-être, elle comme moi, des déjà vieux qui n'arrivons pas vraiment à voir le temps qui passe ... Cela dit, je puis affirmer que les périodes les plus fécondes de ma vie ont été celles où des plus jeunes que moi m'ont adopté et ouvert à des choses que je ne connaissais pas, mais dans lesquelles je me reconnaissais. Et moi, je l'espère, je leur apportais aussi quelque chose en retour.

Quand j'étais jeune enfant, j'étais entouré de personnes âgées, d'enseignants, de professeurs d'université, de gens cultivés, notamment quand ma grand-mère m'emmenait en promenade avec le "Vieux-Liège". Je vais vivre une situation semblable désormais. Retour à la case départ, mais après de belles parenthèses ... heureusement.

lundi 5 septembre 2011

La llorona

La Llorona

Si porque te quiero quieres, Llorona,
que yo, la mueeta recibe,
que se haha tu voluntad, Llorona,
pro suerte de Dios no viva.


Ay de mi !, Llorona,
LLorona de haver y hoi.
Ayer maravilla fui, Llorona,
y ahora ni sombra soy.


No sé qué tienne la flores, Llorona,
la flores de un campo santo.
De quand las meuve el viento, Llorona, 
parece que estan llorando.


Ay de mi !, Llorona,
Llorona de azur céleste,
Y aunquz la vida me cuesta, Llorona,
no déjaé de quererte


La pleureuse

Si parce que je t'aime tu veux, Llorona,
Que moi, la mort je reçoive,
Que ta volonté soit faite, Llorona,
Et que Dieu fasse que je cesse de vivre.

Pauvre de moi, Llorona, 
Llorona d'hier et d'aujourd'hui,
Hier j'étais merveilleux, Llorona
Et désormais pas même une ombre je ne suis.

Je ne ne sais ce qu'ont les fleurs, Llorona
Les fleurs de certain cimetière,
Depuis que le vent les agite, Llorona,
On dirait qu'elle pleurent.

Pauvre de moi, Llorona, 
Llorona de bleu céleste,
Et bien que cela me coûte la vie, Llorona, 
Je ne cesserai de t'aimer.


La légende de la Llorona, "la Pleureuse", naît au Mexique au début du XVIème siècle. Il existe plusieurs versions de cette légende, mais il s'agit toujours d'un drame et du fantôme d'une femme pleurant dans les rues parce qu'elle aurait noyé ses enfants, pour des raisons qui diffèrent selon les versions. D'après un mexicain, la version la plus "crédible" est la suivante : cette femme était une indienne ayant épousé un homme riche de la ville après la conquête espagnole. Rentrant un soir à son domicile elle aurait surpris celui-ci avec une autre femme, espagnole. Rien ne pouvait être pire pour une indienne à l'époque que d'être trompée par son mari pour une ennemie ... Dans un excès de rage, elle s'en fut noyer les enfants qu'elle avait eus avec son mari dans le Rio Grande avant de s'y jeter elle-même. Au ciel, elle paraît devant Dieu qui lui demande à trois reprises des nouvelles de ses enfants, mais elle nie savoir où ils se trouvent. Dieu la condamne alors à chercher ses enfants sur la terre pour l'éternité, et depuis ce temps, elle se lamente chaque nuit, sur les bords du Rio Grande.

Cette légende est aussi chantée, en d'innombrables versions, et ce encore aujourd'hui et avec des paroles fluctuantes, mais toujours aussi belles. En voici quelques unes.

La plus authentique, sans doute, est celle de Chavela Vargas.






La plus émouvante est celle offerte par Beatrice Mayo Felip avec Christina Pluhar sur le merveilleux disque Los impossibles.








Mais le thème semble inépuisable puisqu'il a inspiré aussi des versions plus connotées "variétés", comme celles de Joan Baez, Vaya con dios, Lhasa ou Beirut, qui n'ont évidemment rien à voir, mais méritent d'être mentionnées.




Très étrangement, j'ai été amené à chanter avec le choeur Amaryllis, une version de la Llorona, qui se terminait par "cha-cha-cha" et devant être interprétée sur le rythme idoine. J'y voyais un contresens que, dans le choeur, j'étais seul à voir. En écoutant ceci, vous découvrirez aisément ce dont je veux parler ... Un "cha-cha-cha", c'est ceci.

samedi 3 septembre 2011

Bien-être et survie

Selon une étude très sérieuse de l'université de Bourgogne, une consommation raisonnable de vin rouge permet un redressement spectaculaire de l'état des patients ayant souffert d'un accident vasculaire. Je m'en réjouis, j'ai au moins une porte de sortie agréable au cas où. Mais par qui cette étude a-t-elle financée ? Il n'est pas indécent de poser la question en ce temps où la recherche scientifique n'est plus indépendante, mais de plus en plus financée par des intérêts privés.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iaAzhTqs5Zrhq1FnBGvvmTr_D52A?docId=CNG.e1bfcb230edf5c011c625e76b9889351.1f1

Selon une autre étude, faire souvent l'amour garantit une plus grande longévité. Ceci est a priori réjouissant mais aussi angoissant. Réjouissant pour ceux qui n'ont aucun problème à se trouver un(e) partenaire, même jusqu'à un âge avancé. Angoissant pour ceux dont ce n'est pas le cas. Je me rassure en me disant que, dans les communautés religieuses et monastiques, chastes par définition, rares sont ceux qui ne vivent pas jusqu'à un âge canonique. Il doit bien y avoir une autre raison à la longévité que celle décrite dans cette docte étude.

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2011/09/02/faire-souvent-l-amour-permet-aussi-de-rallonger-son-esperance-de-vie_1566858_3238.html

Cela dit, vous qui avez un(e) partenaire, dites-vous bien qu'il est possible que celui-ci ait une autre conception de la longévité que vous. Ainsi, un tribunal français a condamné un citoyen, peu ardent à l'ouvrage, à des dommages et intérêts vis-à-vis de son épouse qui s'estimait insuffisamment honorée (et nourrissait peut-être quelque inquiétude sur sa longévité). Avec l'argent ainsi recueilli, la femme non honorée pourra se payer tous les gigolos qu'elle veut. Heureusement, le juge n'a pas condamné le mari mollasson à des travaux d'intérêt général auprès de son épouse.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/682962/un-francais-condamne-pour-manque-de-sexe.html

J'ai aussi appris tous les bienfaits du chocolat. Outre qu'il est une des rares sources de magnésium, dans notre alimentation, il est bon pour le coeur, à condition de ne pas en abuser. Toujours, cette idée que c'est bon, mais qu'il ne faut pas abuser. Moi, j'aime abuser du chocolat de temps en temps et de tout ce qui est bon en général.

http://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/2011/aug/29/chocolate-is-good-for-you-study

Enfin, terminons avec les régimes "hyper-protéinés". En réalité, il s'agit de régimes où vous mangez des sachets lyophilisés pendant un temps et où vous maigrissez à vue d'oeil ... (avec la surveillance de médecins diététiciens) et reprenez tous vos kilos une fois que vous arrêtez de manger des sachets. J'ai essayé, j'ai perdu 13 kilos (la preuve ci-dessous) que j'ai naturellement repris. Une belle arnaque commerciale, à laquelle sont étonnamment associés des médecins.


Mon bermuda, avant régime


Après ?
Ai-je bien fait de suivre ce régime ?

Les métamorphoses de la libido

J'emprunte ce titre au chapitre III de l'ouvrage que je suis en train de lire avec énormément de bonheur (J.Y. Leloup, Jésus, Marie-Madeleine et l'incarnation, Albin Michel, 2008).

Il m'importe peu,  à vrai dire, de savoir si Jésus et Marie-Madeleine ont eu des relations charnelles, voire une descendance, comme l'ont imaginé certains auteurs de romans ou de films.

Je suis, par contre, très intéressé par ceci : la langue française, si riche pourtant, semble bien pauvre une fois qu'il s'agit de parler d'aimer. Le même mot est utilisé pour dire qu'on aime sa femme, ses enfants, son chien, le foie gras ou le foot. En grec, il y a au moins une dizaine de termes différents pour parler de l'amour.

Voici le résumé qu'en fait Jean-Yves Leloup (mais il en dit beaucoup plus):

" Il y a différents "degrés" d'amour qu'il ne faut ni confondre, ni séparer : on peut alors parler d'une échelle des métamorphoses de la libido. Tout commence par la pornéia, l'amour du bébé, qui "dévore" le sein de sa mère. Puis l'amour nourriture s'allège en amour érotique, qui donne des ailes à la gourmandise infantile, lui évitant de s'alourdir en voracité, mais éros, malgré ses ailes, vit encore dans le manque. Alors vient l'amour philanthropique, philia, qui est plein, apaisé, et relie les vrais amis dans un partage égal. Mais cela ne s'arrête pas là : philia elle-même quitte le plan de la simple amitié pour s'élever encore plus haut, là où règne l'amour inconditionnel, l' agapê ...

La pornéia est charmante chez un nourrisson "gourmand de sa mère" ; elle l'est moins chez un homme de cinquante ans, "vieux bébé" qui cherche à se nourrir de l'autre pour exister - c'est cette pulsion qui le maintient en vie, mais qui en reste à "consommer" l'autre et à le consumer au lieu de communier avec lui. Le chemin consiste à passer de la consommation à un amour qui communique, la philia ; puis de là, à un amour qui communie, l' agapê. Aujourd'hui, on parle beaucoup de communication, mais pas encore assez de communion.

Eros, je l'ai dit, est un jeune dieu. C'est le désir ailé, c'est le désir du beau dont parlent ces mystiques qui, dans la femme, découvrent Dieu. C'est l'amour platonicien qui, à travers un beau corps, trouve l'Idée qui le structure et, au delà de l'Idée, la Beauté pure. C'est la démarche érotique, qui est déjà une contemplation, mais éros est le fils de pénia, le "manque en grec. Eros est toujours dans le manque, c'est la soif qui cherche son eau vive, le vase qui voudrait être rempli, comblé.


Un éros bien orienté est magnifique, mais lui-même n'est pas source, à la différence de l'agapê. Dans nos amours il y a souvent beaucoup de soif, mais peu de fontaines qui débordent ! L' agapê ne cherche plus l'amour, mais est capable de le donner pour rien, gratuitement: c'est la "source d'eaux vives ".


Oui, il en dit beaucoup plus ; je pourrais reproduire à peu près tout ce qu'il dit.

Ces propos de J.Y. Leloup ont fait écho, chez moi, à un autre beau texte "De l'amitié au centre de l'amour", écrit et publié en 1997 par M. Z., qui était le copain de P., au moment où je l'ai rencontré et aimé (revue Ecritures, n° 9, Les amis, ULg, Les éperonniers, 1997, p. 103 et suiv.).

En voici quelques extraits :

" Etre amoureux, c'est jamais pour longtemps, ça use, ça fait mal, ça empêche de vivre. Etre amis, on peut croire que c'est depuis toujours (l'enfance) jusqu'à toujours (les plus vieux amis du monde).


Le jour où tu ne m'aimeras plus ou/et je ne t'aimerai plus, nous ne serons plus amis. Notre amitié vit au coeur de notre amour. Elle s'y nourrit et le nourrit. Elle s'y déploie et l'aide à tenir debout. A résister. A l'érosion du temps. Contre la banalité des vents et des armées.


Cette amitié n'est pas à confondre avec la tendresse ou les sentiments affadis. Surtout pas.


Pendant mon adolescence, j'étais toujours amoureux de mes amis, pour leur voler, en cachette, ce contact physique refusé aux pédés d'Arlon. Aujourd'hui, je suis ami avec mon amant. Sans honte et avec fierté.


Certains jours, les amants s'affrontent. Le printemps de l'année dernière, un autre amour t'emplissait, le nôtre allait à vau-l'eau, je me débrouillais mal et comme je pouvais. Notre amitié plongeait vers le degré zéro. Seul l'amour importait, et la crainte du dé-samour. Je n'étais pas jaloux. Je ne le suis jamais. J'avais juste peur que tu ne m'aimes plus. A tel point que j'ai voulu, dans les pires instants, rompre. Lorsque tu m'as fait comprendre que notre amour n'était pas (plus) en danger, que tu m'as appelé pour me dire que tu serais à Paris quelques heures plus tard, l'amant que je suis a senti le soulagement déferler. Ce W-E là, l'amour joyeux débordant de partout. L'amitié n'est revenue que plus tard, doucement.


T'aimerais-je sans cette amitié ? Je ne pourrais me reposer sans elle. J'abandonnerais tout de suite. L'ami comprend des choses qui restent opaques à l'amant. Il essaye de leur en communiquer l'intelligence. parfois, ça marche. Nous gagnons du temps. L'amour se blesse moins.


Etre amis, c'est le pari que nous nous aimerons pour la vie ".