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jeudi 30 mai 2013

C'est gros et pourtant c'est vrai

Je ne sais pas où certains flamands démocratiquement élus, et dès lors nantis d'une légitimité, veulent conduire la Flandre. J'ai beaucoup de peine à imaginer ceux qui les soutiennent et les ont élus. Ils ne ressemblent pas aux flamands que je connais.

Un événement anodin, mais révélateur, s'est passé à Kortrijk (je n'ai pas osé écrire Courtrai, par peur de représailles). Il y a, à Kortrijk, comme dans beaucoup d'autres villes, une grand-place, qui ne s'appelle pas comme cela cependant. La grand-place de Liège s'appelle bien Saint Lambert. Peut-être s'appelle-t-elle " Guido Gezelle Plein ". Je n'ai pas eu le temps de vérifier. Un entrepreneur entreprenant, mais pas très au courant des usages flamands, peut-être était-il turc ou marocain, a choisi d'y installer une baraque à frites (un fritkot, comme on dit à Bruxelles). Pour faire chic, il présentait sa jeune entreprise sous le label " Frituur Grand Place". Il pensait naturellement à la Grand Place de Bruxelles que même les japonais appellent comme cela. Des cafés, en Wallonie, s'appellent bien, dans le même registre Elysée, Le Grand café, ou le Big Ben, pour faire chic. Cela ne gêne personne. Mais, à Kortrijk, ville flamande, cela ne va pas comme cela. Grand Place, pas question, c'est du français.

L'entrepreneur a donc été contraint par de débiles édiles à modifier l'appellation de son entreprise. Cela donne maintenant : " Frituur Grote Markt ". Génial d'autant que la place ne s'appelle pas Grote Markt ! L'allusion chic a donc disparu.

Mais pourquoi "frituur" et pas " fritenwinkel " ou " fritenkot " (pour flamandiser le brusseleir). J'ai été consulté mon  dictionnaire Van Daele. Il semble bien que, sous je ne sais quelles influences, le verbe "friteren" a évolué vers "frituren", et ses dérivés, même aux Pays-Bas. Ne parle-t-on pas, en français, d'une friture de poissons, s'agissant de petits poissons, légèrement passés à la farine, et cuits dans de l'huile bien chaude (avec juste un peu de jus de citron ou une sauce tartare ou gribiche et une petite salade, un régal). Mais, n'entend-on pas nommer, en France, " friterie " l'équivalent de nos baraques à frites ? Alors qui a raison ? Friterie, pour le lieu; friture, pour le mode de cuisson. La subtilité et la précision du français s'illustrent ici. C'est bien pourquoi le mot " frituur " est, dans le cas d'espèce aussi incongru que les mots " Grote Markt ", si on veut être un peu rigoureux. Appelons donc le résultat final "un régionalisme".

Beaucoup se sont amusés de cette affaire et du ridicule échevin qui en est à l'origine. Le personnage a encore bien du travail en perspective. Pensez au pizzeria, aux restos grecs, aux snacks pitas, aux restos chinois. " La casa della mama " devra s'appeler " Het huis van de moeder ". Le " Metaxa " s'appellera " De griekse genever " et le " De Yuan " s'appellera " Het Jan's hof ". Cela promet d'être drôle.

Cela dit ... Tiens donc, pourquoi les flamands, tellement recroquevillés sur leur identité, n'appellent-ils pas le premier ministre " de Eerste minister ", mais plutôt " de Premier " ? Et pourquoi le Parlement flamand s'appelle-t-il " Het vlaamse Parlement " ? Et pourquoi un parlementaire flamand,  s'appelle-t-il un " parlementair " plutôt qu'un " vertegenvoordiger ".

Du coup, - l'initiative vient de " Slechte vlamingen ", un groupe de flamands un peu rebelles, dont je connais un membre anversois - une invitation a été adressée à certains hommes politiques flamands afin qu'ils changent de patronyme. Ainsi, il faut contraindre Geert Bourgeois à s'appeler Geert Burger (une nouvelle variété pour chez Mac Do) ; Jan Jambon doit impérativement demander à s'appeler Jan Ham. Je vous laisse imaginer les alternatives pour les parlementaires flamands, actuels ou passés, suivants : Ingrid Coppé, Jos Dupré, Cyriel Marchand, Pierre Chevalier, Léona Detiège. Et que faire d'un parlementaire flamand qui s'appellerait Flamant (je crois que cela est déjà arrivé) ?








mardi 28 mai 2013

L'expérience de la dépendance, une voie d'accès à l'humilité


Je suis un peu à bout de nerf, avec cette succession qui n'en finit pas, les informations qui n'arrivent pas, l'inertie des uns et des autres. L'inertie de l'administration n'est pas étonnante, mais ce n'est pas mieux dans certaines banques ... notamment celle que ma mère a choisie.

Mes parents ont eu le génie de se marier sous le régime de la communauté légale et de se comporter comme s'ils étaient mariés sous le régime de la séparation de biens. Chacun ses comptes, chacun son épargne, chacun ses revenus et chacun ses héritages et chacun sa banque. Allez faire comprendre à ma mère maintenant que ce qu'elle a toujours cru lui appartenir à elle seule appartenait en fait pour moitié à mon père ! Ce n'est pas le seul paradoxe financier de mes parents qui recueillaient les intérêts de leurs placements sur leurs comptes à vue, mais leurs salaires ou pensions sur leurs comptes d'épargne. Depuis le blocage des comptes, suite au décès de mon père, les deux pensions de ma mère sont ainsi versées sur un compte bloqué, tandis que le compte à vue se vide, il y a eu peu d'intérêts échus ces derniers temps. Et ma mère s'angoisse et je dois la rassurer. Quel est le banquier sournois qui leur a conseillé ce plan ?

Ah oui, j'oubliais ... Quatre mois après le décès, les comptes ne sont toujours pas débloqués au grand dam de ma mère. Les deux banques ont reçu le certificat d'hérédité établi par le notaire, il y a plus d'un mois. Dans une banque, les choses ont été réglées très rapidement. Dans l'autre, le préposé me donne, dans un premier temps, un rendez-vous, puis me téléphone pour me dire que le siège n'a pas encore donné son autorisation pour le déblocage des comptes (après trois semaines !) et que le service chargé des successions me contactera le moment venu ! J'attends toujours. Réfléchissez bien avant de choisir votre banque.

Et ceci aussi. J'ai  fait moi-même la déclaration de succession. Il faut savoir que la déclaration de succession se présente, depuis des temps immémoriaux, sous la forme d'un rectangle vide ... où des mentions nécessaires doivent figurer. On est en plein 19ème siècle. On se demande si le but n'est pas de réserver aux notaires ou à leurs clercs un office. Modernité oblige : on trouve aujourd'hui sur le site du ministère des Finances un exemplaire de la déclaration avec un guide. Je l'ai suivi. Mais, suivre le modèle proposé par le ministère des Finances ne vous met pas à l'abri de toute surprise. Ce modèle ne dit pas qu'il faut élire domicile quelque part, il demande de renseigner une adresse pour toute correspondance. Ma déclaration a été recalée parce que nulle part ne figuraient les mots "élection de domicile". J'étais prêt à faire une crise et à tordre le coup de la fonctionnaire. Déjà que la banque de ma mère m'a mis hors de moi, voilà maintenant qu'une fonctionnaire chicane. Mes arguments étaient prêts. Avez-vous connaissance des principes de bonne administration ? Savez-vous qu'il existe un principe de confiance légitime, selon lequel une information erronée de l'administration ne peut pas porter préjudice au contribuable. Cette fonctionnaire n'avait jamais entendu parler, de toute évidence, de bonne administration et de confiance légitime. Mais elle a fait preuve de souplesse. Après avoir vérifié que j'étais bien un des déclarants, elle m'a invité à ajouter manu scripto quelques mots "les héritiers faisant élection de domicile à l'adresse ci-devant nommée ". Ouf ! L'honneur est sauf !

Mais venons-en au coeur du sujet.

Voilà quatre mois que gérant la situation, faisant toutes les démarches requises, je me trouve à la merci de tiers qui détiennent le pouvoir, quand moi je n'en ai aucun. Je n'ai d'autre choix que de subir, de m'irriter, de m'angoisser à cause des délais, de renoncer à mes propres projets à cause des autres.

Dépendre des autres.

Dépendre, c'est devoir s'en remettre à quelqu'un d'autre et ne plus être à la barre.

Dépendre, c'est constater son impuissance.

Par conséquent, dépendre, c'est apprendre qu'on n'est pas tout puissant.

D'un point de vue bénédictin, il ne peut s'agir que d'une une étape dans l'humilité.

Je vous invite à un exercice : faire la liste (elle sera longue, à votre grande surprise) de tout ce dont vous êtes dépendant. On en reparlera.






dimanche 26 mai 2013

Michel Fau et miss Knife

Une petite polémique m'a opposé à certains de mes amis à propos de Michel Fau.




Michel Fau est un comédien qui a joué autant de tragédies que de comédies, écrites par les plus grands noms. Ce n'est donc pas son talent qui est en cause. Il a fait un tabac à Paris, dans divers théâtres, en incarnant une diva emphatique.







 On l'a vu, lors de la remise des Molières, il y a un an ou deux, faire grincer des dents les parents de Carla Bruni, gratuitement, dans un show assez pathétique. On l'a vu ensuite chez Laurent Ruquier, tout aussi pathétique ... Monsieur Fau est-il drôle en diva ? Certains rient et d'autres pas.

http://www.youtube.com/watch?v=MAAlxI1i0S4
http://www.youtube.com/watch?v=roiZs-fnc-c

On aime dans certains microcosmes, parisiens ou gay, et souvent les deux, crier au génie pour de tels talents. On peut rire même de leur inaptitude à faire rire. Le bouffon incapable de faire rire est bien plus drôle, n'est-il pas, que celui qui y parvient ? Quitte à ce que le rire soit un peu forcé, conditionné ... rire de certaines choses permet, c'est sûr, d'appartenir à certaines coteries. Et c'est tellement mieux de rire entouré que de ne pas rire, le cas échéant, tout seul.

Le rire suscité par les performances de Michel Fau, en emphatique diva, appelle une analyse que je suis bien incapable de faire. Quels sont les moteurs du rire ? De quoi rient ceux qu'il fait rire ?

Le travestissement met en joie certaines personnes et, à partir de là, tout devient risible pour eux. Il s'agit autant d'homos que d'hétéros, soit dit en passant. Admettons. Je ne fais pas partie de ceux-là.

Les textes de Michel Fau diva sont-ils drôles ? Non.

Sa prestation vocale est-elle drôle ? Non. Mais certains (Josiane Balasko, par exemple) rient de ses dérapages vocaux, manifestant par la-même qu'ils restent au premier degré du personnage.

Ses costumes sont-ils drôles ? Oui.

Donc, il fait rire en n'étant pas drôle. Et c'est le choix qu'il fait. En fait, il est génial, dans la mesure où les rires qu'il suscite sont toujours des rires immérités.

Appelons cela le quatrième degré.

Un tel degré n'est naturellement pas accessible au commun des mortels. Qu'est-ce qu'ils ont l'air con tous ceux qui se situent aux premier, deuxième et troisième degrés. Tout le monde ne peut pas être Josiane Balasko pour se contenter de rire au premier degré. Quant à Laurent Ruquier, il fait, avouons-le, de gros efforts pour rire de la prestation du dit Fau. Mais je ne sais pas à quel degré exactement il se situe, Laurent  Ruquier.

J'aimerais opposer, à la diva emphatique de Michel Fau, Miss Knife, alias Olivier Py. Directeur du Théâtre de l'Odéon (pendant un temps) et aux commandes pour le Festival d'Avignon.





Je n'ai pas vu sur scène Michel Fau, mais j'ai vu sur scène Olivier Py dans un spectacle Miss Knife. Ceci pour dire que je ne m'enfuis pas à la vue d'un travesti.






Dans le spectacle d'Olivier Py, épatant et émouvant, il y avait une présence en scène, de vrais textes, une vraie voix. Sans doute était-il à un degré à ma portée ?

http://www.youtube.com/watch?v=F9Sy3X_lmss




samedi 25 mai 2013

Le pâtre grec

Un homme s'est tu. Il a écrit et chanté de très belles chansons, de ces chansons qui traversent le temps ou qui nous touchent à un moment précis de notre vie. Des mots qui mènent un peu plus loin que soi-même ou rejoignent l'intimité de ce que l'on ne parvient pas à dire et qu'il dit mieux que nous. Il y avait en lui de la nonchalance (on l'a appelé monsieur 1 volt, comparé au monsieur 100.000 volts qu'était son contemporain, Gilbert Bécaud). Doc Gyneco étant à moins d'un volt !

Il avait choisi de s'appeler Georges Moustaki, ce n'était pas son vrai nom. Il nous a parlé de liberté, de solitude, de Joseph, de Judith, de Sarah, du facteur, du temps de vivre, d'un métèque qui n'était autre que lui-même ... entre autres. Il a écrit pour les autres (Milord chanté par Edith Piaf) et a été chanté par d'autres (particulièrement Serge Reggiani).

http://www.youtube.com/watch?v=bGoM7hqWU0Y
http://www.youtube.com/watch?v=QvFLBs9S8FY
http://www.youtube.com/watch?v=1LkmvFo4i5s
http://www.youtube.com/watch?v=YK9f6DPpul0
http://www.youtube.com/watch?v=k57Zbo_mnWY
http://www.youtube.com/watch?v=Nx3127maunE
http://www.youtube.com/watch?v=E_3ETycRfX0

Je l'ai beaucoup écouté au temps de ma jeunesse, puis je l'ai un peu de perdu de vue.

Non, pas tout à fait. Si je n'écoutais plus qu'épisodiquement ses chansons, je gardais en mémoire ses photos. Elles me parlaient autant que ses chansons.

Oui, ce pâtre grec me parlait autant par ses photos que ses chansons.

Je suis très sensible en effet au regard, à la physionomie, à la manière d'être des hommes ou femmes que je croise dans ma vie.

Contemplant des photos de Georges Moustaki, prises au long de sa vie, je me sens, à chaque prise, en connivence, en communion. Comme s'il était un peu pour moi un modèle ou un ancêtre.







C'est difficile à expliquer. Bien sûr, il y a la barbe, mais surtout les yeux, le regard.

C'est  comme le sentiment d'appartenir à une même famille, lui, l'aîné, moi le plus jeune ... et d'autres, bien sûr, avant et après.


Savon d'Alep et lait d'ânesse

Ce week-end, c'est braderie au centre ville. On peut acheter des fonds de stock, des horreurs le plus souvent, avec d'incroyables ristournes. Les commerçants sont-ils obligés, lorsqu'ils constituent leur stock, d'acheter un certain nombre d'invendables, qui finiront comme invendus ou offerts lors de la braderie ? Même les plus belles enseignes en effet proposent, à l'occasion de cet événement, des choses immondes.

On y retrouve invariablement aussi des vendeurs de bijoux dits "artisanaux", des marchands de saucissons ou de fromages divers, qui, eux, sont souvent vendus à un prix prohibitif et même des marchands de cuberdons, friandise qui n'est plus ce qu'elle était depuis qu'on en fait même au speculoos !



Et puis je succombe toujours au "vrai" savon de Marseille, au "vrai" savon d'Alep (à base d'huile d'olive et de laurier, une recette multi-millénaire). Le commerçant m'a expliqué qu'il était en rupture de stock à cause des événements en Syrie (mensonge commercial ou vérité ?).



 Et puis, pour la première fois, je trouve des produits "bio" au lait d'ânesse.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lait_d'ânesse

On savait que Cléopâtre et la femme de Poppée en étaient friandes, je vais peut-être l'être de même.

http://www.lait-d-anesse.com/news__5_comme-cleopatre-ou-poppee_17.html?PHPSESSID=e2f9029be8f81f907ecab34621478b56

Idéal et efficace (?) contre le psoriasis dont je souffre (il s'étend maintenant sur le front), ayant tout essayé, pourquoi ne pas essayer le lait d'ânesse ? Je suis donc revenu fièrement avec mon pack (shampoing, lait corporel, savon).




vendredi 24 mai 2013

Connaissez-vous Timothy Radcliffe ?

Peut-être connaissez-vous mieux Daniel Radcliffe, alias Harry Potter ? Moi je veux vous parler de Timothy Radcliffe.

Sa chevelure un peu rebelle ne correspondait pas spontanément à la dignité de sa fonction. Ses idées, en revanche, sont celles d'un vrai dominicain. Du dominicain, il a l'aptitude à la parole (les dominicains s'appellent aussi "frères prêcheurs") et une grande liberté de ton et de pensée. Rien que pour cela, il mérite l'attention. Timothy Radcliffe a été maître général de l'ordre des dominicains de 1992 à 2002. Il réfléchit encore et toujours sur le monde actuel et les questions qu'il suscite.





De lui, je lis un livre passionnant surtout à cause des nombreuses références que l'on y trouve, toujours invoquées à propos : pères de l'Eglise, littérateurs illustres, sages de l'humanité, musiciens ...

Oui, l'homme de foi doit pouvoir incarner tout cela. Il doit être un homme libre qui visite et revisite les choses du monde, avec un autre regard, toujours nouveau.  Il doit être un homme relié à la diversité et à la complexité du monde. Et ouvert à l'autre et à l'Autre.

On n'acquiert pas cette liberté comme ça. Il faut avoir vécu. Mais, quand toute cette somme d'expérience de vie s'exprime, elle peut porter beaucoup de fruits.

C'est le cas avec Timothy Radcliffe.

Il aurait pu être aussi un bon pape.





lundi 20 mai 2013

Wagner, d'Indy et les amis

Ma peur d'être confronté seul à une foule, même si je sais qu'il s'y trouve des amis, me paralyse.

Mon ami R. me fait franchir le pas, ces derniers temps. Je l'en remercie infiniment. Il m'a convié, hier soir, au concert de clôture du festival Wagner à l'OPRL. Il avait gagné deux places pour ce concert à l'occasion d'un concours et avait décidé de me réserver cette deuxième place en priorité.

A la réflexion, je ne suis pas du tout convaincu des résultats du concours ... J'ai l'impression que R. et deux autres amis, proches de l'OPRL, ont tout mis en oeuvre pour me sortir de ma tanière. Ils ont réussi.

Je ne suis pas déçu.

Le concert comportait deux pièces : l'une de Vincent d'Indy (concerto pour flûte, violoncelle, piano et cordes) ; la seconde,  un arrangement sur le Ring de Wagner par Henk de Vlieger ... soit tout le Ring en 60 minutes. Un bonheur.

En tant que choriste, j'ai chanté des pièces de Vincent d'Indy. Son oeuvre symphonique m'était tout à fait inconnue. Elle est d'ailleurs peu jouée. J'ai donc vécu une belle découverte.

Wagner, ses longueurs, ses outrances ont toujours suscité chez moi un rejet. J'avais donc une appréhension pour la deuxième partie du concert.

Et bien, ce ne fut pas le cas. D'abord le Ring, sans les voix, c'est beaucoup mieux. Ensuite, le Ring, sans les longueurs, c'est bien aussi. L'arrangeur a respecté l'esprit et fait oeuvre originale. Il a rendu en tout cas une chose : le talent de Wagner pour l'orchestration. On peut écouter l'orchestre sans les voix, chez Wagner. On ne le peut pas nécessairement chez Verdi. Voilà ce que j'ai entendu dire par mes amis plus compétents que moi. Je l'ai ressenti. Ils parlaient d'un électro-choc. Je n'irai pas jusque là.

Cette sortie, à laquelle R. m'a conviée, m'a aussi donné l'occasion de serrer bien des mains que je connaissais et de constater que j'étais un "bien aimé" pour beaucoup de gens.

J'espère pouvoir encore vivre de telles choses, une fois au monastère.