Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est is. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est is. Afficher tous les articles

dimanche 29 mai 2011

L'art aborigène et le vivant

Il y a quelques années, lors d'un séjour à Amsterdam avec P.,  j'avais découvert et visité longuement un magasin (très) spécialisé dans l'art et la culture aborigènes. J'y avais acheté quelques gravures et cartes postales. J'étais séduit par la simplicité des moyens et la grande beauté de ce qu'il m'était donné de voir. Tout cela est resté dans la maison que j'habitais hier avec A.

Voici quelques exemples.










Pourquoi étais-je à ce point ému et attiré? Les couleurs, les figures, l'ordonnancement de  celles-ci. Oui sûrement.

L'abstraction? J'y ai cru jusqu'à hier. Ces artistes représentent au contraire la réalité, une réalité qu'ils ne peuvent pas connaître pourtant, mais qu'ils parviennent à représenter.

Ceci me pose question.










Ce que vous voyez ici, ce n'est pas de l'art aborigène, mais des photos de  cellules vivantes.

vendredi 18 février 2011

Utile (?)

Je me pose beaucoup de questions depuis que je n'ai plus d'activité professionnelle.

Notamment, celle-ci. Ma vie a-t-elle été, est-elle encore utile?

Heureusement, je reçois de temps en temps le témoignage d'anciens étudiants qui ont gardé un bon souvenir de moi. Je ne sais cependant si je les ai marqués par mon enseignement - ce que j'étais chargé de faire - ou par ce que j'étais. Quelqu'un d'un peu marginal, rétif aux usages universitaires et facultaires, qui ne considérait pas les choses du droit comme les plus importantes qui soient, et avait en horreur tout ce qui ressemble à l'esprit de caste et aux milieux sociaux qui se perpétuent et s'auto-congratulent.

Il est vrai, je n'ai jamais cherché à faire carrière à l'université. Et je me suis vite senti à la marge, moi à qui il semblait que la priorité de mon métier était les étudiants, mes enseignements, en ce compris de longues sessions d'examen oraux. N'étais-je pas payé pour cela?

Je ne correspondais plus au modèle nouveau: être hyperactif, mener au moins deux carrières de front, être présent dans les media, publier à tour de bras, être expert, faire des consultations rémunérées, participer à de multiples commissions, conseils consultatifs et autres comités scientifiques et ... voyager.

Parce que j'étais consciencieux, je ciselais mes syllabus constamment tenus à jour, offerts à prix coûtant aux étudiants, puis ensuite sur internet. Je n'en faisais pas des livres à acheter. Jamais, je ne me suis contenté de fournir à mes étudiants des "slides" ou des "powerpoints".

Quand je prenais la succession d'un ancien, j'avais l'humilité de reprendre, au moins la première année, son syllabus et de m'aider du matériau qu'il me léguait. Il est vrai, j'ai succédé à des professeurs de grand format: Pierre Harmel et Edouard Bours.

Disant cela, j'ai l'impression d'être d'un autre âge. Quand madame Simone David-Constant m'enseignait le droit des obligations, elle suivait pourtant le syllabus d'un illustre prédécesseur, Léon Graulich. Je veux dire par là qu'il y avait une continuité, qui n'empêchait pas les mises à jour, l'évolution, mais où le plus jeune avait un respect pour le plus ancien.

Faisant tout cela, que je croyais être ma mission,  je pensais être utile.

Je pensais être utile et je me suis peut-être trompé.

Les paroles d'une chanson de Julien Clerc (chantée aussi par Juliette Greco) me sont revenues en mémoire. Elles sont de Etienne Roda-Gil, auteur de tant de beaux textes:

Je veux être utile
A vivre et à rêver
Comme la lune fidèle
A n'importe quel quartier,
Je veux être utile
A ceux qui m'ont aimé
A ceux qui m'aimeront
Et à ceux qui m'aimaient
Je veux être utile
A vivre et à chanter
Dans n'importe quel quartier
D'une lune perdue,
Même si les maîtres parlent
Et qu'on ne m'entend plus,
Même si c'est moi qui chante
A n'importe quel coin de rue, 
Je veux être utile
A vivre et à rêver.


http://www.youtube.com/watch?v=HmnVfZslf9A

Et maintenant en quoi suis-je encore utile? Ou puis-je être encore utile?

Le travail ne manque pas: il y a ceux qui m'aiment, ceux qui m'aimeront et ceux qui m'aimaient.

Pour cela, il faut absolument que je trouve le moyen de sortir de ce qui m'enferme sur moi-même.

vendredi 26 novembre 2010

Benoît XVI et l'homosexualité

"L'homosexualité est injuste et ne correspond pas à la volonté de Dieu". Ces propos sont tenus par le pape Benoît XVI, dans un ouvrage à paraître, et relatés par quelques journaux. Le pape insiste néanmoins sur "le respect qui doit être dû aux personnes". Il indique aussi que l'homosexualité est incompatible avec une fonction sacerdotale. Cet ouvrage, qui souffle le chaud et le froid, avant même d'être paru, suscite des réactions.

Je suis consterné à la lecture des propos que je viens de relater.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/625084/benoit-xvi-l-homosexualite-s-oppose-a-la-volonte-de-dieu.html
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/11/23/benoit-xvi-l-homosexualite-s-oppose-a-la-volonte-de-dieu_1444026_3214.html

Tout d'abord, n'est-ce pas faire preuve de beaucoup de prétention que d'affirmer connaître la volonté de Dieu? Rien ne permet de dire que Dieu n'avait pas l'intention de faire une place dans sa création aux homosexuels, cette création qu'il voyait bonne, quand il la contemplait. La position du pape consiste à considérer l'homosexualité comme un "phénomène" étranger à la volonté de Dieu, sans préciser toutefois qui aurait créé ce "phénomène". Les homosexuels seraient-ils des créatures du rival de Dieu, Satan?

Non content de prétendre connaître la volonté de Dieu, le Pape en déduit ce qui est juste et injuste. L'homosexualité est donc injuste. Par rapport à quoi? Pour qui? On retrouve ici le même état d'esprit que dans les propos de Mgr Léonard, quand il parlait de "justice immanente" à propos du sida. Les partisans de ces propos n'ont cessé d'expliquer aux autres qu'ils ne comprenaient rien à l'immanence ... Ce n'est pas l'immanence qui me choque, c'est qu'elle soit associée à l'idée de justice.

http://www.lalibre.be/culture/divers/article/625733/sur-un-divan-virtuel.html

Que veut dire le pape, quand il dit que l'homosexualité n'est pas juste? Pense-t-il alors aux homosexuels eux-mêmes? Veut-il dire, par exemple, que, comme on ne choisit pas d'être homosexuel, les difficultés pour vivre cette identité, dans le monde, sont peut-être plus difficiles que pour les hétéros et que cela mérite d'être considéré comme injuste? J'en doute. Quand le pape parle de justice, il sous-entend plus vraisemblablement jugement. Il décrète ce qui est bon et pas bon, naturel ou pas naturel, tolérable ou pas. L'homosexualité est injuste en soi. Elle ne relève pas du plan divin. Pour tenir de tels propos, il faut au moins se croire l'égal de Dieu. Se croire l'égal de Dieu, n'est ce pas ce que l'on appelle de tout temps le péché d'orgueil? N'est-ce pas, selon la Genèse, le péché d'orgueil qui a valu à l'humanité de n'être plus dans l'Eden?

Bien entendu, charité chrétienne oblige, le pape indique que les personnes concernées méritent le respect ... mais leur identité non: elle est injuste et contraire à la volonté de Dieu!

La preuve de ce que j'avance est apportée, quand Benoît XVI parle du sacerdoce: il s'en tient bien alors à l'identité, pas à la personne. Un prêtre ne peut pas être homosexuel, quelles que soient ses qualités humaines, sa capacité à aimer, sa foi, sa sensibilité, sa compassion, son dévouement, bref, tout ce qui le constitue en tant que personne. Son identité homosexuelle le condamne.

Je trouve cela glaçant.

Je suis profondément triste.