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dimanche 5 juin 2011

Sermon peut-être un peu hérétique, mais allez savoir s'il ne dit pas vrai

Il a eu une étrange fin de vie, Jésus que l'on dit de Nazareth.

D'abord il a été crucifié, ce qui n'est pas banal, et, qui s'ajoute, dans son cas, à d'importantes tortures préliminaires plus pour ce qu'il représentait en tant qu'élément subversif pour les pouvoirs établis que pour ce qu'il disait. Une fois mis au tombeau, il en a disparu, le lendemain, laissant ses proches un peu perdus, perplexes et même incrédules.


Etait-il vraiment mort quand on l'a mis au tombeau? Après ce qu'il avait subi, on doute pourtant qu'il s'en soit allé tout seul, prenant soin de plier les linges qui l'entouraient avant de partir (Jn, 20, 6-7). D'autres que ses proches sont-ils intervenus, ayant constaté qu'il n'était pas vraiment mort, pour le conduire vers un médecin et lui permettre de survivre, ces hommes-là bravant peut-être la règle du shabbat? Et puis, nous dit-on, le tombeau était gardé (Mt, 27, 62 et suiv.). Ont-ils soudoyé les gardes? Qui cela pouvait-il être? Des notables juifs qui s'étaient opposés à la condamnation de Jésus ou un commando romain payé par l'épouse de Ponce-Pilate, qui était favorable à Jésus?


Pierre et Jean, ses deux plus proches, en tout cas n'en croient pas leurs yeux, ils sont totalement perturbés. Jean dit pourtant qu'ayant vu, il a cru (Jn, 20, 8). Permettez-moi une hypothèse: Jean s'est réjoui, parce que ne pouvant admettre que Jésus fût mort, lui qui était au pied de la croix et l'avait vu à l'agonie (Jn, 19, 25-27), il a été soudain envahi d'une grande allégresse: il n'était pas sûr que Jésus fût bien mort, maintenant il est sûr qu'il ne l'était pas. Le seul fait de découvrir le tombeau vide lui suffit: Jésus n'était pas mort, juste aux portes de la mort. Une absence, un vide, là où il attendait un cadavre, suffit à le convaincre.


Marie-Madeleine est, par rapport à Jean, dans un rapport très différent, alors qu'ils étaient sans doute les deux plus proches de Jésus d'un point de vue affectif et amoureux. On raconte qu'elle l'a vu et qu'il l'a appelée par son nom (Jn, 20, 11). Elle ne l'a pas reconnu cependant, elle l'a pris pour le jardinier. Il est possible que le jardinier, qui la connaissait peut-être de réputation, fût un sacré farceur profitant de la crédulité d'une belle dont le coeur était brisé. On imagine mal Jésus, dans son état, se déguiser en jardinier pour se présenter à elle et se faire reconnaître.


On ne connaîtra jamais le témoignage des deux gardes. Ils nous en auraient appris beaucoup pourtant.

Ce qui est plus troublant, c'est qu'après cette mise au tombeau, Jésus serait aussi "apparu" à d'autres disciples, même des durs-à-cuire, ceux à qui on ne la fait pas, comme Thomas, le jumeau. Et ce qui est frappant dans le récit de ces apparitions, c'est leur aspect incarné. Jésus n'apparaît pas à ses disciples comme la Vierge Marie à Bernadette Soubirou, à Lourdes, ou à Mariette Beco, à Banneux. Il mange du poisson avec eux au bord du lac (Jn, 21). Il se fait toucher par Thomas (Jn, 20, 24 et suiv.). Il partage le pain, et mange, avec les disciples d'Emmaüs (Lc, 24, 13 et suiv.). Comme pour leur dire: oui, c'est bien moi (Lc, 24, 39). Faut-il s'étonner, après tout ce que l'on a raconté de sa mort atroce, qu'ils soient encore un peu incrédules? Et puis, il disparaît. Arrêtons de penser à une espèce d'ectoplasme éthéré qui tout à coup se dissout. Quand Jésus disparaît, cela veut dire qu'il doit aller ailleurs, qu'il ne peut pas, ou ne peut plus, rester (cela peut fort bien se comprendre dans sa situation d'ex-condamné/crucifié amené à se cacher). Ils le prient: reste encore avec nous (Lc, 24, 29). Il doit s'en aller parce que cela pourrait devenir dangereux, même masqué ou déguisé. Jésus est devenu un clandestin. Les deux disciples d'Emmaüs ont raconté qu'après son départ, il était devenu invisible (Lc, 24, 31);  il n'y a point de mystère la-dessous, ils devaient effectivement être le moins visible possible. Le plus important est qu'ils l'avaient reconnu (Lc, 24, 31-32). 


D'après les évangiles, ces rencontres de Jésus avec ses disciples, après les événements de Jérusalem, ont été relativement peu nombreuses. Jésus n'avait guère le choix. Il était sans doute recherché.


Un jour, quarante jours après sa mort et sa prétendue résurrection, dit-on, il va expliquer à ses disciples, qu'il a réussi à rencontrer une fois encore, que dorénavant il ne pourra plus être physiquement avec eux, mais ailleurs. Au ciel? C'est ce qu'évoque spontanément le mot "ascension". Et s'il s'agissait d'un autre ailleurs? D'un défi plus grand encore que le ciel: je dois continuer ma mission ailleurs, continuer, avec les forces qui me restent, après toutes ces épreuves, à partager à d'autres que vous mes intuitions et ce que Dieu dit à mon coeur. Je ne puis plus rester ici, en cette terre où je suis né, ma vie serait perpétuellement en danger. Prenez maintenant ma place ici et autour de vous (Ac, 1, 8).

Déjà, par le passé, Jésus avait envoyé ses disciples sur les routes (Mt, 10, 5), ceux-ci se sentaient soutenus, car Jésus était derrière eux. Maintenant qu'il ne sera plus là, pour les soutenir et les mobiliser, en seront-ils encore capables?

Jésus leur fait alors une promesse (Ac, 1, 8): vous vivrez dorénavant de mon esprit. Je vous donne dix jours pour réfléchir à cela. Si vous acceptez de communier à mon esprit, je serai toujours avec vous. Au bout de ces dix jours de retraite, qu'ils ont vécue en communauté, ils n'avaient plus d'angoisse, ni de peur. Ils étaient prêts. Ce fut la Pentecôte (Ac, 2).


Quant à Jésus, il partit loin. Il avait donné tout de sa vie et, malgré toutes les souffrances subies, il était toujours vivant. On a dit qu'il aurait vécu la deuxième partie de sa vie en Inde, du côté de Shrinankhar. Si c'est vrai, cela me rend particulièrement heureux. 


Voyez-vous, moi, je crois plus en Jésus vivant qu'en Jésus ressuscité. Ses paroles me touchent et me rejoignent même ainsi davantage. Je préfère un Jésus vivant, intime de Dieu, qu'un Jésus, fils de Dieu, mort pour nos péchés et victime sacrificielle pour racheter le péché des hommes, du monde, et puis ressuscité. Ce qu'il n'a jamais prétendu être.


Pour moi être chrétien, c'est cela. Etre dans l'esprit d'un homme hors du commun pour atteindre, sur ses pas, l'intimité avec Dieu. Jésus, comme référence pour ma vie, c'est tellement de choses. Deux particulièrement, avant toutes les autres: tout peut être pardonné; tout est passage, rien n'est jamais figé, arrêté, il y a toujours un possible, un avenir. C'est ce message-là que les chrétiens ont à porter partout où il y a lieu de pardonner et d'ouvrir des portes. Quand on y réfléchit, cela est une tâche immense. Et puis, il y a tout le reste résumé dans les priorités des béatitudes.


Tout ce qui est advenu après l'intervention invasive de Saül de Tarse me parle moins. On ne saura jamais si Saül/Paul a un jour entendu Jésus dire les mots qui jaillissaient de son coeur. Etait-il là au Golgotha parmi les juifs haineux? Dans ses écrits, il ne cite jamais les paroles ou les actes de Jésus. Il parle beaucoup de lui-même et de ses voyages et élabore une théorie/théologie, sans se rendre compte au demeurant que ses moyens intellectuels  sont parfois limités et un peu confus. Il dit pourtant de temps en temps des choses inspirées. Ce qui était simple et parlait au coeur, en peu de mots, dans la bouche de Jésus, se noie avec lui dans une logorrhée souvent incompréhensible. Après sa fulgurante conversion, sur le chemin de Damas, il essaye de s'agréger aux disciples, mais ils ont peur de lui, n'arrivant pas à le croire vraiment disciple (Ac, 9, 26). Les frères et les témoins de la première heure, feront tout pour l'éloigner (Ac, 9, 30). Et quand il reviendra, ce sera pour s'opposer à eux et les déstabiliser.


Pourquoi avaient-ils ainsi peur de lui? Je ne vois qu'une explication: sa conversion subite ne les a pas convaincus. On aurait pu imaginer que Saül, revenu après sa conversion à de meilleurs sentiments, les interroge, demande à entendre leurs témoignages, leurs expériences avec Jésus, pour témoigner à son tour de ce que lui n'avait pas vécu. Or, il n'en est pas question. Il a eu l'illumination de la foi ... le genre de sentiment qui me rendra toujours méfiant. Lui n'a rien entendu, mais il a eu une révélation (Gal, 1, 12), comme le prophète Muhamad, quelques siècles plus tard. Il fondera toute son action sur cette prétendue révélation, bien plus que sur la transmission de l'expérience existentielle vécue par les disciples de Jésus.


On ne trouve, dans les écrits de Paul, aucune allusion aux béatitudes, aux paroles et aux actes libérateurs de Jésus. Et quand les évangiles seront écrits, bien après les lettres de Paul, aucun, même celui de Luc, qui, dans les Actes des apôtres évoque pourtant Saül/Paul, ne fait allusion à lui et à ce qu'il a écrit et répandu comme doctrine pendant les années qui ont précédé la rédaction des évangiles.


Depuis toujours, j'ai le sentiment qu'à partir de l'intervention de Saül/Paul, il y a eu deux christianismes, l'un fondé sur le témoignage, la mémoire, les paroles et les actes de Jésus, qu'il convient de faire vivre encore aujourd'hui, et un autre bien différent, et sans rapport avec le premier, qui a fini par se concrétiser, du moins je le pense, dans beaucoup de choses que je n'aime guère: luttes d'influences, controverses, expansion, morale, théologie, dogmatique, etc ... Il n'y a qu'à faire un tour du côté du Vatican pour voir le résultat. 


Je ne cesse depuis de chercher où mon christianisme à moi est vécu.

















































samedi 26 février 2011

Divers aspects de l'université un peu partout dans le monde

Je ne m'attarderai pas sur l'anecdote suivante: le parlement du Texas est favorable à ce que les professeurs et les étudiants des universités puissent porter sur le campus une arme, seul moyen de se défendre en cas de fusillade. Cela donne vraiment envie d'envoyer ses enfants dans les campus du Texas.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/02/23/flingue-le-texas-veut-autoriser-les-armes-a-luniversite/

En nos Etats, beaucoup plus pacifiques, on se contente, comme à l'Université de Liège, d'interdire l'usage du tabac dans tous les bâtiments universitaires. Cela en dit long sur les priorités des uns et des autres.

En France, la délicieuse (?) Valérie Pécresse a décidé de légiférer à propos des "week-ends d'intégration" au cours desquels certains étudiants, un peu trop imbibés, se livreraient à des excès intolérables ayant parfois des conséquences dramatiques. Ce faisant, elle suit fidèlement le propos présidentiel:  tout fait divers doit être suivi d'une loi. S'agira-t-il de mesures préventives ou répressives et surtout de mesures utiles et efficaces? Ce qui m'a amusé, dans les propos de la ministre, tels qu'ils ont été rapportés dans la presse, c'est le vocabulaire. Le bizutage (en Belgique, "le baptême") devient, sous la plume de celle-ci, un "week-end d'intégration". Décidément inspirée, quand il s'agit d'inventer de nouveaux mots et expressions, elle appelle à une régulation des rapports entre les "alcooliers" (sic) qui sponsorisent parfois ces événements estudiantins et les étudiant eux-mêmes. Le mot "alcoolier" existe-t-il dans la langue française? Mon ami Robert n'en a pas connaissance.

http://www.liberation.fr/societe/01012321979-pecresse-annonce-une-loi-pour-encadrer-les-weekends-d-integration

Elle ne sera pas la première, mais elle entend être à la proue: l'UCL  (Université Catholique de Louvain) a décidé d'une nouvelle orientation dans ses enseignements. Ceux-ci dorénavant seront davantage définis en fonction des "learning outcomes", en clair, des compétences requises sur le marché de l'emploi définies en coordination avec les employeurs potentiels.

http://www.lalibre.be/actu/brabant/article/644431/l-ucl-revoit-ses-programmes.html

L'idée n'est pas mauvaise en soi. Elle est même très tendance. Elle soulève pourtant bien des questions.

Deux réflexions à ce propos, sans prétendre épuiser le sujet:

- il ne faudrait pas que pèse sur l'université tous les défis. A chacun son rôle. L'université doit, selon moi, être, et rester, l'endroit où un certain savoir est détenu et où on réfléchit à propos de celui-ci pour faire, on l'espère, avancer les choses, en toute liberté et indépendance. Chaque filière d'études a sa spécificité. Parlons de celle que je connais le mieux: les études juridiques. Pour accéder à la plupart des professions juridiques, un stage professionnel est requis que ce soit au barreau, pour devenir notaire ou dans la magistrature. On y complète la formation intellectuelle reçue à l'université par une mise en situation. Quant aux professions juridiques, dans le privé, on imagine qu'une période probatoire y est aussi la règle. Ma crainte est la suivante. Il semble bien que l'on attende aujourd'hui de l'université de former de jeunes diplômés "prêts à l'emploi". On présente cela comme le résultat d'un meilleur dialogue entre l'université et le marché du travail. J'en doute. J'y vois plutôt deux effets pervers. Le premier se révèle dans une confusion des rôles. Elle fait peser sur l'université des missions, et une sélection, qui ne devraient pas relever de ses attributions. Le second, qui est le corollaire du premier, est que l'université perd de plus en plus son âme dans cette logique utilitariste et "professionnalisante";

- on s'est souvent amusé du cours de "Droit vétérinaire" organisé à l'université de Liège. Il trouve son origine dans le constat que le vétérinaire, dans sa vie professionnelle, peut être confronté à des questions juridiques (responsabilité, TVA, règles déontologiques, ...). Il s'agit donc bien de répondre à un besoin lié à l'exercice d'une profession déterminée, l'illustration en d'autres termes du dialogue entre l'université et le monde du travail. Mais il faut alors inscrire un cours de droit dans TOUTES les filières de l'université. Les futurs médecins, les futurs kinés, les futurs enseignants, les futurs journalistes,  les futurs psychologues, les futurs philosophes pourront être, un jour ou l'autre, confrontés à un problème juridique. De la même manière, tous ces futurs universitaires seront, un jour ou l'autre, confrontés à des questions philosophiques, économiques, sociologiques, psychologiques ... Cela voudrait-il dire qu'un tronc commun à toutes les disciplines universitaires est nécessaire? Si oui, quand et comment? Je me remémore les débats, à l'occasion des réformes des programmes des études en droit, à la suite du processus dit "de Bologne". Certains plaidaient pour un renforcement des cours de droit positif au cours des trois premières années: après trois années d'études, le diplôme devait avoir une valeur sur le marché du travail. Heureusement, à la faculté de droit de Liège, un compromis a pu être trouvé. Il n'en reste pas moins que ne cessent de se poser à la fois la question du contenu des enseignements proposés à l'université et celle de leur finalité.

lundi 22 novembre 2010

Thomas Ier, pape

Les papes portent souvent de drôles de noms: Antère, Eusèbe, Gélase, Innocent, Landon, Honorius, Pie, Sixte, Urbain ... Les derniers papes portent des noms moins exotiques et ont fait preuve de peu d'imagination: Jean, Paul, Jean-Paul (I puis II), et maintenant Benoît.

Moi, qui ai une réelle admiration, pour Saint Benoît (Benoît de Nurcie), j'ai beau chercher, je ne parviens pas à trouver en quoi le pape, Joseph Ratzinger, Benoît XVI, se révèle bénédictin.

Je me suis mis, comme d'autres sans doute, à rêver d'un autre pape, du prochain pape, du dernier pape, car, après, il n'y aurait plus besoin de pape. Voici mon rêve.

D'abord, j'aimerais que le prochain pape choisisse de s'appeler, pour la première fois, Thomas. L'apôtre du doute, le "didyme", le jumeau, celui qui est double, c'est-à-dire lui et son contraire, deux faces pour un seul, comme nous bien souvent.

Il choisira ce nom pour ne pas occulter le doute qui l'envahit parfois, son besoin de choses tangibles pour être convaincu. Il le dira surtout, pour rassurer, tous ceux qui sont dans la même situation que lui.

Thomas Ier, n'aura pas commencé sa vie à 18 ou à 20 ans dans un petit ou un grand séminaire. Il ne sera pas issu de la Curie romaine.

Il aura plus sillonné le monde que les bibliothèques et les dicastères.

Il aura partagé la vie des hommes, tous, pour bien faire, mais surtout ceux que quelque chose enferme ou limite, ceux qui ont perdu goût à la vie ou ne savent plus ce que c'est la vie, ou qui rament avec la vie, pour s'en imprégner et pouvoir comprendre, pour pouvoir ressentir comme eux et avec eux. Le berger des hommes doit connaître ses brebis, une à une, surtout celles qui sont à la marge du troupeau ou qui ont quitté le troupeau.

Il aura nourri sa foi au contact des autres traditions religieuses du monde, qui se rejoignent tellement. Il sera humble à leur égard. Il s'y trouve parfois autant de perles précieuses que dans la sienne.

Il aura été, au moins une fois dans sa vie, amoureux d'un homme ou d'une femme, de cet amour qui dans la relation entre deux êtres donne des ailes. Il sera bon aussi qu'il ait vécu des relations sexuelles épanouissantes. Il pourra même avoir des enfants, mais qui ne seraient pas des bâtards, comme à l'époque des Borgia. Qu'il trouve son équilibre dans une relation privilégiée, affectueuse et tendre, avec une femme ou un homme, ne me choquerait en rien.

Le jour de son élection:
- il imposera aux cardinaux, au camerlingue, aux évêques, aux servants de laisser là leur soutane, leurs dentelles, leurs barettes, leur surplis, leur chasuble ... Il se présentera lui-même, non pas au balcon de Saint-Pierre, mais au-dessus des marches, vêtu d'une simple coule blanche;
- il demandera qu'on l'appelle Thomas; il n'acceptera pas qu'on parle de lui comme "Sa Sainteté", tous les monsignori seront priés d'en faire de même à tous les niveaux du plus élevé au plus subalterne, chacun quant à son titre.

Ce jour-là, il dira des mots qui pourraient être ceux-ci:

"Aujourd'hui, je suis appelé à être auprès de vous. Je ne serai pas celui qui sait, mais celui qui accompagne. Je ne serai pas celui qui enseigne, mais celui qui dialogue. Je ne serai jamais un père, encore moins un Saint-Père. Je veux être pour vous tous un frère.


Une seule chose nous réunit: notre humanité. Ni la race, ni la religion, ni le pouvoir, ni l'argent, ni le statut social ne parviendront à détruire cette humanité, qui est notre bien commun.


Au fond de chacun de nous, au plus profond de nous, une source existe. Nous en faisons tous l'expérience à certains moments de notre vie, je dis bien tous, car ce n'est ni une question de foi, ni de croyance. Elle nous interpelle particulièrement dans nos émotions et nos détresses. Parfois aussi au coeur de joies intenses.


Moi, Thomas, je vous invite à chercher inlassablement cette source qui n'est pas tout à fait du monde, mais se cache aussi dans le monde.


Il n'y a pas un seul chemin. Chacun est appelé à vivre son chemin. Pour puiser à la source, les "voies de Dieu sont impénétrables". Le chemin ne compte pas. Seul le désir compte.


D'autres avant nous en ont fait l'expérience, trouvons en eux une inspiration. Les religions, toutes, dans leur bon côté, quand elles sont débarrassées de leurs scories,  nous invitent au même chemin.


Moi Thomas, que le destin projette là où je ne cherchais pas à me trouver, je veux vous partager ce qui, pour moi, est le fondement de ma foi d'homme, disciple de Jésus: toute parole, tout acte, toute démarche, toute initiative qui rend l'homme vivant et libre est digne de foi. Toute parole, tout acte, toute démarche, toute initiative qui lie l'homme et tue la vie en lui n'est pas digne de foi.

P.S. A mes amies féministes, j'aurais pu rêver mon pape en papesse, bien entendu, mais j'aurais dû l'appeler "Thomate Ière". Je me suis donc abstenu.

dimanche 13 septembre 2009

13 septembre 2009

Il y a ceux qui agissent, ceux qui participent et ceux qui observent. A chacun son rôle.

Ce week-end, à Liège, on ne sait plus où donner de la tête entre les Journées du Patrimoine (et leurs innombrables propositions), la City parade et la Gay street.

Je ne participerai pas à la City parade, mais j'ai poussé mon nez dans les deux autres rubriques.

A tout seigneur, tout honneur: l'exposition, au grand Curtius, consacrée à Paul Jaspar. Liège n'est pas que terre de guindailles.

http://www.grandcurtiusliege.be/expositions/paul-jaspar-architecte



http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Jaspar

Ne vous méprenez pas: à Liège, on parle aussi de Jaspar, à propos d'ascenseurs et aussi de balades érudites à la suite de monsieur Grêtry.

Mes recherches m'ont aussi conduit à ce site:
http://www.grand-poste.be/

Comme j'habite juste en face, mon intérêt était d'autant plus grand. On y découvre beaucoup d'aspects de Liège. Et un projet ... peut-être démesuré.

Et puis, ce week-end, la tour cybernétique était à l'honneur. Je dois être un des rares à l'avoir vu fonctionner en vrai (avec toutes les couleurs, les sons ... reflets de l'activité de la cité).



http://www.jacquesfryns.be/node/52
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Schöffer

Reste la Gay street ... J'y suis passé, pour voir, ce samedi, entre 16 et 18 heures (soit au moment où les bourgeois, ce que je ne suis pas, et les autres, arpentent le centre ville). En toute mauvaise foi, bien entendu, voici mes réflexions:
- à l'origine, il y a un garçon, patron d'un bar. Il est sympathique, ce que je ne suis pas. Il est aimé par de nombreux adhérents, ce que je ne suis pas. J'ai une fois été prendre un verre avec lui, à une époque où il vendait des poissons exotiques;
- une fois dans la gay street, vous êtes d'abord confronté à plusieurs dimensions: ceux qui n'en ont rien à foutre; les associations gay et leurs stands (même Amnesty international) plutôt sympathiques; ensuite, ceux pour qui "gay" signifie la "fête", même l'après-midi, donc aussi des hétéros; enfin, des "créatures", transformistes et travelos, que les hétéros en nombre identifient à l'homosexualité, parce qu'ils peuvent en rire ou rêver un instant à ce qu'ils voudraient être;
- à part le sosie de la Reine Fabiola, véhiculé dans tout le centre ville, en chaise roulante: rien n'est drôle. Pas la moindre dose d'humour. Tout est résumé à des clichés éculés, mais apparemment fédérateurs;
- je le concède, certains garçons ont de longues jambes qui doivent faire pâlir d'envie les plus grands top models féminins. A quoi ressemblent-ils, quand ils sont dépourvus de leurs perruques, leurs faux seins, etc ...? Peut-être à pas grand chose. Ceci explique peut-être leur besoin d'être transformiste;
- j'ai beaucoup de tendresse pour les petits jeunes qui osent, à cette occasion, marcher la main dans la main (et quelques moins jeunes aussi);
- je suis un peu inquiet de voir des gamins de 15-16 ans, à moitié nus, se trémousser sur une musique qui ne les mène jamais fort loin;
- et puis, il y a Steeve, dans son trip, dansant seul avec 2 mètres de vide autour de lui.

Enfin, j'ai été frappé par le grand nombre d'exclus. Des homos, de toute évidence, qui ne savent pas vraiment se situer. Ils se collent à un mur. Ils regardent. Ils souffrent. Cette homosexualité-là n'est pas la leur. Ils sont plus nombreux qu'on ne croit. Des mecs mariés, des mecs un peu moches, des arabes, des jeunes mal dans leur peau. Existe-t-il une issue pour eux? Devront-ils passer par là pour avoir le droit d'être eux-même?

Cela dit, il n'y a que les gay pour rire "décalé", comme en témoignent les photos suivantes:




Cette dernière photo concerne une représentante des majorettes de Vottem.

Ils ont beau dire, tous ces beaux mecs à se moquer des majorettes de Vottem. Est-ce bien charitable? Cher ami lecteur, ceci vous permet d'apprécier.

Ce matin, j'ai été le témoin de l'arrestation musclée (même très, très, musclée) de deux malfrats (que je présume innocents, bien entendu). C'était comme dans un téléfilm américain. Sauf que, bien entendu, des voix s'indignaient face à la violence policière. Il ne s'agissait pas de deux gamins, issus des quartiers (comme on dit), mais de deux hommes mûrs. D'où venaient-ils? Qu'avaient-ils fait? Je n'en dirai rien; mais ils ne venaient ni du sud, ni de l'ouest de la Belgique. Ils n'étaient même pas du quartier.

Ce matin, chez le "paki" du coin. J'achète l'une ou l'autre chose, qui me manquaient, et que je ne trouve pas chez l'épicier arabe.
- Il me dit (en anglais): c'est mon anniversaire aujourd'hui. Choisissez une boisson, c'est pour moi.
- Vous êtes trop gentil. Happy birthday to you!
- J'ai 46 ans aujourd'hui.
- Moi 53.
- Vous le boirez avec votre famille.
- Je suis plus souvent seul qu'avec ma famille.
- Moi aussi.


jeudi 10 septembre 2009

10 septembre 2009

Je ne dirai rien de la délibé de cet après-midi, de la réussite "partielle" (pourquoi n'appelle-t-on pas cela un échec?), de l'impossibilité de donner aux notes de 10 et 11 une quelconque signification cohérente, depuis cet invraisemblable décret "Bologne-Dupuis-Legros-Schyns".

J'ai envie d'être léger et, en tout cas, ailleurs.

On ne donne pas la place qu'il mérite à un personnage-chanteur subversif, que j'ai toujours adoré. Je veux parler de Boby Lapointe, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître (sauf Grégory). Certains jours, j'aimerais bien qu'il chante à la place de Sarko ou de Reynders, ou de Bruno Colmant, ou de ... la liste est tellement longue que je préfère m'arrêter ici.



J'aimerais que l'on puisse élire Bobby Lapointe comme doyen, par exemple.

Les textes de ses chansons me font penser à certaines de nos palabres.

COMPREND QUI PEUT
Paroles et musique de Boby Lapointe
Marcel n'est pas ce qu'on appell'
Un intellectuel
Marcel, Marcel
Quand je l'apell'
Moi je l'appel' Marcel
l' n' répond pas, mais il approch'
De sa démarch' gauch'
Et l'on peut voir
Dans son regard
Comm' un' lueur d'intelligence
Il sait de quoi j'ai envie
Il n'est pas si bête
Il sait que c'est de son vigoureux corps d'athlèt'
Je pose ma main sur son gros bras que
m'arriv'-t-il ça fait tilt
Il me sussur' le curieux refrain
Tiens ! voilà du boudin
Et puis en roulant les "R"
Oh, le grand nigaud
Il m'dit j'vais te fair'
L'fameux coup du légionnair'
Et du sable chaud
Dans la légion étrangère
J'aime son heureux caractère
Tout' ses affaires
Et c'est pour ça que
Je dis que l'amour,
Même sans amour
C'est quand même l'amour !
Comprend qui peut ou comprend qui veut !
Celles qui croient que mon Marcel
Ça n'est qu'un manuel
Elles connaiss'nt rien :
Ya pas qu'ses mains qui font des choses bien
Pis d'ailleurs moi j'ai pas le temps de savoir qui
est Marcel
Car mon Marcel
Il me harcèle
Marcel me harcèle
Marcel me harcèle
C'est comm' s'il avait deviné c'dont j'ai envie
J'dirais mêm' qu'il a si vigoureux appétit
Que je jurerais parfois qu'il a divi -
Qu'il a divinement
Fait tout ce qu'il faut faire pour mon con...
Oui, mon contentement
Il sait de quoi j'ai envie.
Il n'est pas si bête
Il sait que c'est de son vigoureux corps d'athlète
J'aime son heureux caractère
Tout' ses affaires, et c'est pour ça que

Je dis que l'amour,
Même sans amour,
C'est quand même l'amour
C'omprend qui peut ou comprend qui veut !

Et l'avenir de la planète ne serait pas nécessairement plus catastrophique!

Et puis, il y a aussi: Veronica Janssens. Plutôt que d'emmener nos étudiants visiter des prisons ou la Cour européenne des droits de l'homme, il serait fort utile de les emmener voir une exposition de cette artiste qui me touche au plus profond.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ann_Veronica_Janssens








Expo solo à Bruxelles du 5 septembre au 15 novembre 2009 (WIELS, 354, avenue Van Volxem, 1000-Bruxelles).