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mercredi 23 décembre 2009

22 décembre 2009

Cela ne rate pas: toutes les personnes que je rencontre, depuis quelques jours, me disent qu'elles n'aiment pas les "fêtes" (Noël surtout, le Nouvel An aussi). Je les rejoins en grande partie. Mais quand même. Pour justifier Noël, j'évoque le côté familial. Cela fait plaisir aux grands-parents. Eux qui invitaient, les voilà invités. N'est-ce pas un juste retour? Et l'affirmation d'une solidarité. N'est-il pas nécessaire de marquer l'année par quelques dates où l'on se retrouve?

J'ai entendu le plus extrême, il y a deux jours, dans la bouche d'un ami: "Une fête de famille? On se voit bien assez comme ça pendant l'année. Ce jour-là, mes parents veulent qu'on leur foute la paix. Un plat de pâtes, ce soir-là, me suffit".



lundi 21 décembre 2009

21 décembre 2009

Journée un peu difficile. Un rendez-vous chez le médecin dont je redoute le verdict. Je tente de susciter néanmoins un peu d'harmonie dans le cercle familial.

J'écoute de la bonne musique. Cela va de Bing Crosby à Philip Glass. De M-A. Charpentier à ... Non, je ne me sens pas vraiment en phase avec Gossip!

vendredi 18 décembre 2009

18 décembre 2009

Une minuscule bourgade du Portugal (Cacela Velha), sur un contrefort, un château pour surveiller le littoral, a vu naître, en cet âge d'or de l'islam (9ème-11ème siècles), plusieurs poètes arabes et depuis en a inspiré d'autres.

Que connaissons-nous de la littérature arabe et de sa poésie?

La poésie est toujours une prière.

Tandis que les édiles de la France s'interrogent sur l'identité nationale, ouvrant la porte à tous les égarements possibles, je veux témoigner d'une expérience récente: un concert.

Faro, Teatro Das Figuras, 12 décembre 2009: Antonio Zambujo. Il chante le fado. Il revisite le fado (il en fut ainsi d'une superbe chanson "Azul" sur un poème de Vinicius de Moraes, qui est brésilien, mise en musique dans la tradition du fado). Le public: très mélangé. Autant de jeunes que de vieux. Ceci me frappe: au Portugal, une musique traditionnelle fédère, rassemble, unit toutes les tranches d'âge de la population, toutes les classes sociales. Cette musique est l'âme d'un peuple. Je me demandais, après ce concert, quelle musique fédère les français (de Picardie, de Bretagne, de Corse, d'Alsace et de Navarre). La Marseillaise? Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mis à sourire. Et en Belgique?

Vous savez que j'aime les belles images. Cadeau d'avant Noël.


17 décembre 2009

Plus de 25 ans après ma première lecture, je viens de relire Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte (1907-2000). Ce roman, écrit en 1943, et paru en 1944 (éd. J. Vigneau), obtint le prix Renaudot en 1945.

L'intrigue tourne autour de Georges de Sarre, un garçon de quatorze ans envoyé dans un internat jésuite dans la France des années 1920.  Ce monde qui se recommande de la rigueur dans les études, de la discipline et de la religion dissimule des passions, des sentiments, des émotions qu'il n'est pas convenable de dire.
Georges y entame une « amitié particulière », c'est-à-dire une amitié pleine de sous-entendus homosexuels, avec un élève de douze ans, le ravissant Alexandre. Les prêtres qui dirigent l'école désapprouvent ce genre de relation, même si elle ne va pas plus loin que quelques baisers et des poèmes d'amour et ne rentre jamais dans le domaine sexuel. En dépit de la condamnation affichée de la pédérastie, certains des prêtres cultivent en eux - et cachent plus ou moins habilement - les mêmes sentiments homosexuels envers certains garçons qui leur sont confiés.
Un d'entre eux, le Père de Trennes, aime inviter des garçons à le rejoindre dans sa chambre la nuit pour boire quelques verres et fumer quelques cigarettes. Suite à la découverte par celui-ci de l'amitié qui lie Alexandre et Georges, ce dernier, agissant par ruse, fait renvoyer le Père de Trennes grâce une lettre anonyme. Cependant le Père Lauzon, ami de la famille d'Alexandre et protecteur du garçon, apprend leur relation et exige qu'elle prenne fin immédiatement.
Lauzon impose à Georges de renvoyer à Alexandre les lettres d'amour qu'il avait reçues de lui, ce qui, à l'époque du roman, signifiait la fin de la relation. Malheureusement, Alexandre ne peut pas se rendre compte que Georges a été forcé à agir ainsi - bien qu'en réalité ses sentiments à son égard n'aient pas changé - et met fin à ses jours.




Ce texte m'inspire les réflexions suivantes:
- j'ai été élève dans un collège de jésuites à la fin des années 1960. J'étais externe (plus précisément, j'étais "quart campagne", parce que je ne prenais pas le repas chaud à midi, mais mangeait mon pic-nic). Des choses avaient changé, heureusement, mais ce roman me renvoie pourtant à de nombreuses expériences personnelles (les salles d'études, les billets, la confession hebdomadaire, le "père spirituel", les différents préfets, le père un peu ambigu dont la chambre était porte ouverte à la récréation et après les cours ...).
- l'hypocrisie et les non-dits sont encore bien actuels, dans beaucoup de milieux;
- je ne cesserai jamais de dire et redire que le domaine du sentiment, de l'affection, de l'amour mérite le plus grand respect. Le droit ou la morale y seront toujours des parasites. A une condition, essentielle: ceux qui s'aiment doivent l'un et l'autre être libres (je veux dire par là qu'ils ne peuvent pas être contraints ou sous influence). La vérification de cette condition est peut-être moins simple que je ne le dis;
- mon expérience de vie n'a cessé de me démontrer la très grande diversité de nuances que peut prendre une relation. Il devient alors assez vain de se demander si c'est de l'amitié ou de l'amour.

lundi 7 décembre 2009

16 decembre 2009

Une semaine sans écrire! Je dois me rattraper.

Une semaine surtout au Portugal: mes premières vacances depuis longtemps. Si prendre des vacances signifie qu'on apporte un changement dans sa vie quotidienne pendant un temps, l'objectif a été atteint à de nombreux points de vue.

Un voyage à l'étranger peut obéir, et/ou répondre, à de multiples raisons: voyage de détente, voyage porté à la découverte, voyage initiatique, voyage re-générateur, voyage retrouvaille ... Le mien a été un peu de tout cela.

Je ne l'aurais pas vécu sans la présence toute simple d'un ami, qui voulait absolument que je sois heureux pendant ces quelques jours et le plus longtemps possible après.

Bien sûr, je reviens avec dans la tête de beaux paysages, la mer et la plage à l'infini, les montagnes, le ciel bleu, les maisons blanches, les palmiers. Plus que tout, j'ai aimé ces moments où nous avons vécu tous les deux comme un couple: au lever, au restaurant, au marché, au concert, le soir, la nuit. Tous ces moments étaient habités par une grande tendresse.

Une parenthèse?
Une parenthèse ouverte, et pas encore refermée, je l'espère.





samedi 5 décembre 2009

5 décembre 2009




J'aime bien cette photo. D'abord intrigué, on se demande combien il y a de pieds.
Ensuite, on se dit qu'ils/elles doivent "avoir bien bon".
Puis, on remarque qu'on ne sait rien de ces porteurs de pieds enlacés. Certains y voient pourtant une question importante. Tous ces pieds sont-ils blancs, chrétiens, bien de chez nous ...

Je ne parlerais pas de ceci, si un lecteur anonyme ne se mêlait de laisser des commentaires peu amènes, chaque fois  que, sur mon blog ou sur facebook, j'évoque ce que nous pouvons avoir en commun et à partager avec les juifs et les musulmans.

Les forums ouverts par les journaux laissent une place de choix à toutes les rancoeurs, amertumes, haines, idées reçues ... Ils sont tellement affligeants que je ne les lis plus.  L'idée d'un forum où des idées se brassent est au départ séduisante, mais le niveau d'un forum dépend évidemment de la qualité de ses contributeurs.

Je tiens à dire ici qu'un blog n'est pas un forum.

Il s'agit pour moi de réflexions au jour le jour. D'un journal personnel (et parfois intime) que je partage à ceux qui peuvent y trouver quelque nourriture. Personne n'est tenu de le lire. Si on n'aime pas ce que j'écris, on va voir ailleurs et on se tait. Celui qui utilise l'espace de réaction pour tenir tribune n'a rien compris, ni sur le plan du fond, ni sur le plan de la forme.


J'ai donc 54 ans. L'âge d'être un plus ou moins jeune grand-père, ce que sont déjà beaucoup d'hommes de ma génération. En plus, mon coeur de grand-père fond quand je suis devant un jeune enfant de 2 ou 3 ans. Je n'ai pas encore cette chance. Ce que je ne parviens pas du tout à comprendre, c'est que les errements de la vie me mettent en contact forcé avec un couple plus âgé que moi qui en est toujours au stade de "jeunes parents".


Il s'appelle Sala. Il habite une chambre de bonne sous les toits, juste en face de chez moi. Il doit avoir 25 ans. On ne se connaît pas plus que cela: il assiste chez l'épicier tunisien. On se dit bonjour, un sourire; rien de plus. Quand je vois que la lumière est allumée chez lui, cela me rassure. Quand j'entends des cris, je m'inquiète.




Az. va bientôt avoir quarante ans. On a fêté son 34ème ou 35ème anniversaire, à Noël, chez mes parents, avec Sam et Ben. Pour moi, cela représente une des plus belles périodes de ma vie. Il a aussi aimé "Les lettres à un jeune marocain", dont j'ai déjà parlé sur ce blog. A cette époque, je pense qu'il n'aurait pas accepté de les lire.


Bientôt, je serai au Portugal avec L. Cela compte beaucoup pour moi. Je sais qu'il y aura beaucoup d'amour entre nous.


Quelle drôle de vie, n'est-ce pas? Alors que mes parents sont mariés depuis bientôt 60 ans.

vendredi 4 décembre 2009

4 décembre 2009

Compte tenu de son âge, ma mère ne fait plus guère les magasins, elle achète par correspondance. Le catalogue "La Redoute", "Les trois suisses", "La vitrine magique", n'ont pas de secret pour elle. Elle doit représenter la cliente "type" de ces sociétés de vente par correspondance qui, de manière fort étonnante, sont toujours établies à Mouscron ...




Tout cela est fort bien, mais il y a la Poste.

Racontons donc l'affaire. Un préposé de la poste (service Taxipost) s'est présenté chez mes parents, un matin, vers 11 h 30, l'heure à laquelle ils s'octroient leur seule sortie de la journée: le petit café et les journaux au Bouquin en face de chez eux. Quand il sont rentrés, ils ont trouvé un avis de passage. S'agissant d'un lot de six slips pour mon père et de deux ou trois babioles ménagères pour ma mère, le préposé de la poste aurait pu sonner chez un voisin pour déposer le colis. Il a préféré laisser un avis de passage: les marchandises seront à la disposition de l'acheteur, dans les 48 heures, au centre de dépôt des colis Taxipost, dans le parc économique de Milmort ... un endroit où il est impossible de se rendre si on n'a pas de voiture.




Voilà ce que cela donne l'application aux services publics des règles de la gestion (nécessairement incontestables) des entreprises privées.

Depuis, mon père porte des slips troués et ma mère se passe de ses babioles ménagères. Et pourtant, celles-ci devaient être fort utiles  ...

Voici un petit échantillon

La pince à toast




Le support à huître



Les cuillers à kiwi (par lot de deux)


Les cuillers à confiture (par lot de deux aussi)



Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur le site de la "Vitrine magique":