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vendredi 22 avril 2011

Moine et voyou, le groupe des six et le club des cinq

"Moine et voyou", écrit Jean-Marc Onkelinx, à propos de Francis Poulenc, sur son blog. Je connais un peu Francis Poulenc, mais pas assez pour dire que je suis un connaisseur éclairé; j'aime beaucoup l'intitulé "Moine et voyou", par contre.

http://jmomusique.skynetblogs.be/archive/2011/04/19/moine-et-voyou.html

De Poulenc, je ne connais guère que le côté "moine". Je sublime donc: Le dialogue des carmélites, Les petites prières de François d'Assise, par exemple.


http://www.youtube.com/watch?v=od4m5lN1HOo

http://www.youtube.com/watch?v=Bar6tZoCtz0

Moine et voyou est-ce compatible? Tous les moines n'ont certainement pas été des voyous, avant d'entrer au monastère, et ceux que je connais ne le sont pas tous devenus une fois entrés au monastère... Loin de là. Il me semble néanmoins - c'est mon avis - qu'avoir été un peu voyou (je veux dire par là: ne pas avoir toujours été dans le droit chemin tout le temps) constitue une voie d'entrée dans la vie monastique plus rassurante que le contraire. Un moine est, par définition, un homme imparfait et, s'il veut être heureux dans la voie monastique, il devra apprendre jour après jour à cheminer jusqu'au coeur de lui-même, là où il pourra enfin se tenir dépouillé de tout devant Dieu. Avoir été "un peu voyou" aide, car Dieu a depuis toujours préféré nos failles à la perfection trop lisse.

Mais revenons à Francis Poulenc. Je ne sais pas assez ce qu'il se passait dans le "Groupe des six" (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honneger, Darius Milhaud, Francis Poulenc ... et la seule femme du groupe: Germaine Tailleferre, qui, je l'espère, a su mériter son nom), pour décider s'ils ont été des voyous ou non.





Le "groupe des six" m'a fait penser au "Club des cinq" et au "Clan des sept", imaginés par Enid Blyton.  Là, au moins, on racontait tout de ce qui se passait: pour l'essentiel, des aventures dans des souterrains et des pic-nics, toujours avec un chien. J'ai commencé là ma première psychanalyse ... à moins que ce ne fût celle de l'auteure, jetée en pâture.




Le club était composé de deux garçons, unis comme les deux doigts d'une main (François et Mick), d'une jeune fille naïve (Annie) et d'une autre jeune fille, garçon manqué, jusqu'à son prénom (Claudine,  appelée Claude), le chien Dagobert réunissant cet étrange assemblage.




Mon éducation (littéraire) a donc bien commencé, puisqu'il m'était proposé de lire exclusivement les ouvrages de la Bibliothèque rose (la verte étant pour après ... après quoi, je ne sais pas, à vrai dire: les premiers boutons de l'adolescence?). Je suis resté un fan de la bibliothèque rose!



Ma jeune âme a ainsi été tôt confrontée aux personnages pervers de la Comtesse de Ségur (née, comme on sait, Rostopchine). Madame Mac Miche me terrifie encore, moi qui étais juste un peu moins diable et presqu'aussi bon que le héros! Me terrifie plus encore, la perspective de me voir le cul nu fouetté par cette mégère. On finit ainsi par nourrir certaines angoisses et d'autres préférences.