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mardi 30 juin 2009

30 juin 2009

Quand vous faites de la politique et que vous commencez par dire que les électeurs sont stupides, ça ne me paraît pas être le bon chemin" (Libération, 29 juin 2009). Réagissant aux propos d'Henri Guaino qui avait jugé, plus tôt dans la journée, «idiots» et «stupides» les sondages indiquant qu'une majorité de Français sont défavorables à l'emprunt national, Jean-Pierre Raffarin a sèchement recadré ce dernier. L'ancien Premier ministre n'a pas goûté l'usage, par «un conseiller du président de la République», du «mot stupide quand il s'agit de l'avis des Français».

Des élus de la majorité présidentielle souhaitent que cet emprunt soit obligatoire (Le Figaro, 29 juin 2009). Ils estiment que, en temps de crise, les plus aisés doivent contribuer. Ce n'est pas idiot. Recourir à un emprunt forcé a un avantage par rapport à une augmentation de la fiscalité: elle oblige à contribuer ceux qui bénéficient, à tort, à raison ou par complaisance, d'un bouclier fiscal, tout en leur garantissant un retour sur investissement. Je souligne que la proposition ne vient pas de la gauche, ni de l'extrême-gauche, mais de députés issus de la majorité présidentielle (U.M.P.).

La question du rapport au corps m'a toujours beaucoup interpelé. Peut-être ai-je croisé trop de soutanes et de pingouins encravatés pendant ma modeste vie? Je croyais que la nudité, dans la danse contemporaine, était un concept un peu passé. Apparemment, il n'en est rien. Le corps humain entre esthétique et trash extrême. J'accepte les deux. Mais je suis, pour ma part, plutôt fasciné par l'esthétique des corps. La nudité ne m'a jamais choqué.



Il faut se dire aussi que les prélats du Vatican déambulent dans des couloirs où il n'y a pas que des Sainte Thérèse parmi les oeuvres d'art offertes à leur regard.




Les rencontres sur le banc se poursuivent. Hier soir, encore. Je lisais. Imprudemment, j'avais pris avec moi, outre mon bouquin sérieux, l'encart de TETU, concernant les grandes étapes historiques du mouvement gay. L'ayant lu, je le laissai traîner sans arrière-pensée sur la partie du banc où je n'étais pas assis. Ils se sont assis dessus. Ils étaient trois (33-35 ans): un turc, un espagnol et un sicilien, apprendrai-je plus tard, trois amis d'enfance. La conversation s'engage sur mon bouquin sérieux (Socrate, Jésus, Bouddha). Puis, on parle de Darwin. Puis de dépression. Puis de la foi. Puis de la vie. Puis du désir d'enfant. Intéressant: il y avait là un musulman et un catholique convaincus, d'une part, un catholique critique et un agnostique, d'autre part. Nous avons parlé deux heures. Il était minuit, quand nous nous sommes quittés. Mehmet, Antonio et Santiago. Beaux et vraiment sympa. Ils sont partis. Ils devaient retrouver un ami à la Bodegha (Place du Marché). En se levant, ils m'ont dit: "On se rencontrera peut-être une autre fois. Bonne fin de soirée". Et Santiago d'ajouter, en montrant la pièce compromettante: "Nous aussi, nous sommes un peu têtus!". J'ai souri …

lundi 29 juin 2009

29 juin 2009



Cela a toujours été un peu flou entre lui et moi.
Un amour flou, mais un amour quand même.
Il a duré de 1994 à 1998.

C'est l'amour flou
C'est une illusion d'optique
Si je m'en fous
C'est parce que c'est le plus pratique
C'est des mots doux
Bien souvent à sens unique
Avec toi, j'avoue que c'est moins bien
Avec toi, il faut toujours faire le point

C'est l'amour flou
Serait-ce la côte Atlantique
Autour de nous
Ou bien le golfe Persique ?
C'est mon va-tout
Cet amour périphérique
Avec toi, j'avoue que c'est moins bien
Avec toi, il faut toujours faire le point

Texte chanté par Juliette greco sur un album de 2004: Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez. Paroles: Benjamin Biolay. Musique: Gérard Jouannest.

Soyons franc, la braderie de ce dimanche, rue Puits-en-Sock, soit juste derrière chez moi, était un étonnant mélange de Babel-oued, de Matonge, de Barbès et de République libre de Saint Pholien-des-Prés. Je ne vois plus du tout l'intérêt de partir en vacances, puisque les destinations les plus lointaines viennent à moi! Tout ça est un peu foutraque et décomplexé … mais ça vit!

Je goûte de plus en plus aux conversations impromptues nouées, le soir, sur un banc public. J'ai pris ainsi beaucoup de plaisir à cette conversation, l'autre jour, avec Christophe, originaire des Seychelles, mais né en Belgique (et son curieux mentor plus âgé, à chapeau de paille, né à Chênée, mais vivant à Kansas City).

Je ne sais pas comment il s'appelle, mais je sais qu'il vient du Togo. Tout est parti d'un fou rire. Je vais vous narrer pourquoi. Deux marocains, apparemment inconnus de lui, l'abordent et lui demandent "Salut, cousin, tu n'as pas une cigarette pour nous?". Très gentiment, mon compagnon de banc leur en offrent une à chacun". "Salam, merci, cousin. Entre africains". Je dis: "C'est drôle. Moi, ils m'appellent toujours: mon frère; et toi ils t'appellent: cousin". Mon voisin de banc est alors parti d'un grand éclat de rire, d'autant plus éclatant qu'il avait les dents très blanches. Nous avons un peu papoté. Bien entendu, il est seul ici. Il a une femme et deux enfants là-bas. Il a quitté son pays pour des raisons politiques, dit-il. Et il attend sa régularisation. Il fait des petits boulots en noir. Il n'a pas le choix. Je puis vous dire qu'il n'a rien d'un délinquant potentiel. Et je préférerais l'avoir comme voisin que certains autres. La sincérité de son rire et la franchise de sa poignée de main m'ont fait tellement de bien.

Vision inattendue, alors que je suis à mon clavier: trois jeunes hommes, torses nus, se détachant sur le ciel, réparant le toit de la maison d'en face. Merci, mon Dieu, de ne pas m'oublier.

Ce soir, avant de m'endormir, je verrai ceci.

samedi 27 juin 2009

26 juin 2009

Pendant que la planète entière pleurait Bambi, je lisais sur mon banc préféré le dernier opus de Frédéric Lenoir: Socrate, Jésus, Bouddha, Librairie Arthème Fayard, 2009.

Je n'ai pas lu. J'ai dévoré (131 pages en deux heures).

J'aime beaucoup Frédéric Lenoir. Lui et moi avons des choses en commun. Un jour, je lui ai écrit. L'auteur qu'il est a répondu avec beaucoup de gentillesse au lecteur que je suis.

Je vous invite à lire L'oracle della luna, roman, Albin Michel, 2006, Le livre de poche, 2008, un roman passionnant et érudit. Et surtout, Le Christ philosophe, Plon, 2007, Points, 2009.

Frédéric Pagès, qui est agrégé de philosophie et a quitté l'enseignement pour rejoindre le Canard enchaîné (selon Wikipédia), signe une critique intitulée "La feinte trinité" (Le Canard enchaîné, 24 juin 2009). L'exercice de style est beau. De la part d'un agrégé de philosophie, c'est le moins que l'on puisse attendre. Je ne suis pourtant pas sûr que ce monsieur ait bien compris le propos. Ce qui de la part d'un agrégé de philosophie est une faute grave. Il ne m'appartient pas de défendre Frédéric Lenoir, mais je ne vois pas pourquoi il aurait dû parler de Mahomet et de Confucius, qui ne l'ont peut-être pas touché, dans un ouvrage où il fait part des grandes figures qui ont jalonné son parcours personnel.

Je suis un lecteur occasionnel du Canard enchaîné. Enchaîné à quoi, en fait?

Le Palais Stoclet vient d'être classé au patrimoine mondial par l'Unesco. Il faut s'en réjouir. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement? S'agissant d'une propriété privée (et qui apparemment compte bien le rester), cela comporte-t-il des droits et des obligations? J'ai visité, en France, un certain nombre de demeures ou sites historiques appartenant à des particuliers, qui ont une obligation en ce qui concerne l'accès au public.



28 juin 2009

Ne me dites pas que tout ceci n'est que du pipeau!

Ce matin, c'était la procession, dans la rue, devant chez moi. Comme quand j'étais petit et que je jetais des pétales de fleurs sur la route avant le passage du Saint Sacrement. Ils avaient sorti les bannières, les acolytes en rouge et blanc, les luminaires, le dais (et le vrai curé), les reposoirs, les fanfares, une certaine ferveur populaire et bien sûr beaucoup de folklore. Ils ne sont pas des traditionalistes. Ils pensent juste qu'il n'est pas vain de garder la mémoire des traditions. Ils n'ont peut-être pas tort.

Cette intrusion de la foi catholique dans le domaine public doit faire rugir les laïcs! D'un point de vue purement esthétique, je dois bien avouer que la procession de ce matin avait plus de gueule que le défilé des majorettes et des faucons rouges le premier mai.

Je reparlerai plus tard de mon quartier.

Un petit mot à propos de Michael Jackson. Il mérite des éloges quant à son art, mais convient-il d'aller plus loin. Une bonne analyse du personnage me paraît avoir été faite par Momus (chanteur pop britannique): "Il est gay, mais aussi straight. Il a des enfants, mais n'a jamais baisé leurs mères. Il porte un masque, mais montre aussi son vrai visage. Il est coupable, mais innocent. Il est américain, mais aussi global. Il est sexuel, mais aussi asexué. Il est immensément riche mais aussi ruiné. Il est Judy Garland, mais aussi Andy Warhol. Il est réel mais encore synthétique. Il est fou, mais aussi sain d'esprit, humain mais aussi robot, du présent mais aussi du futur ...." (Libération, pages spéciales, 27 et 28 juin 2009).


Je connais des proches qui se reconnaissent totalement dans cette non-définition de soi; c'est-à-dire être en même temps: tout et rien.



27 juin 2009

Je vis dans une ville d'un peu plus de 200.000 habitants qui se permet d'avoir non seulement un centre-ville, mais un vrai quartier au-delà du centre. Celui où je vis. Outremeuse.

J'y vis depuis un peu plus de dix ans. Il me colle à la peau.

Connaissez-vous un seul endroit au monde où on est réveillé, le matin, par la fanfare du quartier et son "bia boukèt" (beau bouquet) pour annoncer l'été? Où le petit peuple est l'âme du quartier. Où toutes les cultures et les races se mélangent. Un quartier où l'on se parle. Et un quartier où il se passe toujours quelque chose.

Hier, il s'agissait de la 5ème nuit du court métrage, en plein air, gratuite, à 50 mètres de chez moi. Un écran géant dressé sur une péniche. La Meuse et les ponts illuminés comme décor.

L'imagination de ces jeunes réalisateurs, voire très jeunes réalisateurs, est étourdisssante et interpelante.

Ce serait bien, pendant l'été, un cinéma en plein air. L'architecte urbaniste qui a pensé à créer, à cet endroit, un amphithéatre, jusqu'à avoir les pieds dans l'eau, a vu juste.


Le matin, lors de la braderie, la fanfare de la Commune libre de Saint Pholien, son rubicond mayeur et ses personnages hauts en couleur en étaient déjà à leur quatrième pose au bistrot quand je suis arrivé vers … 11 h du matin.

A propos des personnages "hauts en couleur" du quartier, une petite expo assez réjouissant évoque des personnages ayant existé dont les surnoms sont délicieux:

- "Marcatchou", le pêcheur chanceux. J'habite en fait "Quai des Marcatchous" que l'on a rebaptisé, pour faire bien, "Quai de Gaulle". Mais Marcatchou a bel et bien existé;

- "Facile a heye" était un monsieur moustachu, avec redingote et chapeau melon, bardé de clés, de tournevis, de fils de fer, de tenailles; il avait une solution à tous vos problèmes domestiques;

- "Bibi mamour" a existé aussi au tournant du siècle, mais je ne sais pas exactement en quoi il excellait. Je trouve son nom adorable;

- "Frère Alfred" était la star des étudiants de l'Université. Il se disait l'ami des chats. Il avait créé, dans les années 60, un parti politique, dont il était seul candidat, le "parti vitaliste". Il discourait au pied de la statue de la Vierge de Delcour, au centre ville, et son unique slogan, à la fin de ses diatribes enflammées contre l'urbanisme, était: "Mangez du pain gris". Il recueillait, à chaque élection, quelques centaines de voix d'étudiants!

Moi, j'ai besoin de tous ces gens-là pour vivre!

Je suis né à une époque - est-elle si lointaine? - où il y avait encore des tramways, un marchand de lait qui faisait sa tournée avec son vieux cheval, des marchandes de "cûtes-è-peures" (poires cuites) avec leur charrette à bras, des marchandes de noix au coin de la rue "madame, monsieur, voléz-ve des novelles djeyes?", un marchand de soupe, un marchand de glace italien avec son tricycle et sa trompette … Tous ces petits métiers ont disparu. On a ainsi beaucoup perdu.

C'est lui le mayeur et la mémoire des traditions locales, Jean-Denys Boussart.



vendredi 26 juin 2009

25 juin 2009



D'après un ami, que j'aime beaucoup, je serais une "grenouille de bénitier". Je ne sais s'il veut dire par là que j'y suis passé un jour de l'état de têtard à l'état de grenouille ou s'il considère que j'y vis. Il y a longtemps pourtant que je n'ai plus mis les pieds dans une église et mon univers me semble un peu moins étroit qu'il ne le dit. Tout bien réfléchi, j'aime mieux barboter dans l'eau que de me vautrer dans la boue, toutes autres choses restant égales.

Michaël Jackson est mort. Farah Fawcett aussi. Et alors?

Bon, d'accord, ils ont fait preuve d'un certain talent et, dans le cas de M.J., d'un talent certain. Mais, bien conditionnés par quelques requins, le peuple en a fait des idoles.

Comment s'alarmer de la mort d'idoles? J'utilise le terme au sens premier: image vouée à la vénération et distrayant les esprits faibles de l'essentiel. Le plus souvent, elles finissent tristement, dans la déchéance, la solitude. Le plus souvent? Toujours. Les idoles en effet sont toujours fabriquées. La vie épouvantablement tragique de la star qui vient de mourir se résume à cela: dès l'âge de 5 ans, elle était entre les mains de malfrats (à commencer par son père) qui avaient compris tout le fric qu'on pourrait amasser grâce à lui. Qu'il soit devenu fou, n'est pas étonnant. Surtout, surtout qu'il ne soit pas sanctifié ou, pire, déifié. Il est vrai qu'on peut attendre tout du peuple, surtout américain.

Je dois pourtant m'inquiéter. M. Jackson. avait presque mon âge! Il est vrai, nous n'avons pas été nourris au même biberon.

J'aime la couleur, alors je flashe parfois comme, par exemple, sur ces installations de Maya Hayuk.

jeudi 25 juin 2009

24 juin 2009

Que de bonnes nouvelles pour la Belgique depuis quelques jours!

Exprimées par des autorités ou institutions extra-étatiques.

L'Office européen de statistiques révèle que des 27 pays de l'Union européenne, la Belgique se trouve en troisième position (44 % du P.I.B.), derrière le Danemark (48,7 %) et la Suède (48,3 %), en ce qui concerne la pression fiscale et parafiscale. Il n'y a qu'en Italie que les revenus du travail sont plus taxés. Les impôts sur la consommation sont au dessus de la moyenne européenne et la taxation du capital aussi! Cette information diffusée par l'Agence Belga, le 22 juin 2009, comprend néanmoins une nouvelle rassurante: même si on paie beaucoup plus d'impôts en Belgique qu'ailleurs, on en paie de moins en moins.

Le programme 2009-2013 du Gouvernement fédéral belge en vue d'une stabilité budgétaire, présenté à la Commission européenne, a été recalé de manière assez cinglante. Tout simplement, parce qu'il ne fournit pas les informations minimales qu'implique le Code de conduite européen. Le commissaire européen n'a pas mâché ses mots: "Il serait plus simple de dire ce qui s'y trouve que de détailler ce qui manque". Seconde session: le 20 septembre. Aucun commentaire du ministre compétent. Son secrétaire d'Etat au Budget se défend avec un argument qui fera date: "la Commission nous reproche ce que nous nous reprochons à nous-mêmes", car, si on en est là, c'est parce qu'il s'avère de plus en plus impossible de s'y retrouver dans l'Etat, non pas fédéral, non pas confédéral, mais "défédéré" qu'est l'Etat belge.

La réponse de D.R., comme toujours vaut de l'or. Selon lui, nous n'avons aucune raison de nous sentir particulièrement mis en cause, puisque d'autres (20 des Etats sur 27 de l'Union européenne, selon lui) le seront aussi.

Aujourd'hui, on peut lire l'information suivante: la dette publique, en Belgique, a représenté 89,7 % du P.I.B., en 2008, contre 84 %, en 2007. Une dette par habitant d'environ 30.000 euros! Elle pourrait à nouveau dépasser les 100 % en 2010, selon la Banque nationale. En Belgique, on paie de moins en moins d'impôt (d'un point de vue très relatif), mais on s'endette!

La France est-elle mieux gérée que la Belgique?

En France, les caisses de l'Etat sont vides depuis déjà près de deux ans. Pour secourir les banques, pour financer le bouclier fiscal accordé aux plus riches, pour financer la réduction de la T.V.A. dans l'Horeca, l'Etat doit emprunter! Sous les ors du palais de Versailles, pour un exercice médiatique au coût défiant tout entendement, Sarko, qui n'accepte pas qu'il y ait plus d'impôt, se trouve acculé à solliciter le portefeuille des particuliers, en leur proposant de souscrire à un grand emprunt de l'Etat de solidarité. Pour en arriver là, il faut que la barque soit prête à chavirer.

Cela relève pourtant d'une certaine manière de faire de la politique, celle qui consiste à remplacer ses responsabilités par des mots et à faire porter aux suivants les suites des choix qu'on pose, tout en se glorifiant d'avoir fait quelque chose. Aux Français, qui sont inquiets, face à la crise, voient leur situtation de plus en plus précaire, leur pouvoir d'achat réduit, leur espoir d'une retraite décente de plus en plus compromise, ce mec a le culot de dire: participez à un grand emprunt d'Etat populaire (sans autres précisions), pour financer les grands projets d'avenir de l'Etat. Espérons que les bénéficiaires du bouclier fiscal souscriront en masse à cet emprunt populaire, car je ne vois pas pourquoi les autres le feraient.

Face à tant de médiocrité et de basses manoeuvres, il reste l'émotion artistique. Il s'agit d'un rien parfois: un timbre de voix, une harmonie de couleurs, le son d'un orchestre, une photo. Je ne défends pas ici une vision réductrice: l'art doit aussi interroger, déranger, provoquer. Mais, je pense très humblement à ces moments où à l'écoute d'une plage musicale, ou après une lecture, ou encore un film, je me trouve joyeux ou heureusement triste.

22 juin 2009

"Oui, Ernest avait vu aussi des larmes, de celles que l'on réprime et de celles qui coulent plus ou moins sans retenue, et pas seulement dans les yeux de ce célibataire dont il avait oublié le visage et le nom mais pas le poids du corps, un Belge, un homme d'un certain âge, proche de la Cour, dont Ernest n'avait pas refusé les avances car il n'avait pas en avoir honte.

Ernest n'avait rien à se reprocher et il ne se faisait aucune illusion. Le Belge n'avait pas pleuré à cause de lui, mais sur lui-même. Les larmes - pas si abondantes - qu'il avait versées, en cette matinée de printemps précoce, ne l'avaient pas été sur Ernest, mais sur la jeunesse d'Ernest et donc sur sa propre vieillesse; elles naissaient de l'abîme biologique qui le séparait d'Ernest et que rien ne pouvait surmonter ou compenser, ni les paroles, ni les carresses, ni même l'argent. Ernest avait vingt, peut-être même trente ans de moins, et, à cet instant-là, ces années séparaient les deux hommes que liait un même secret d'une façon plus décisive encore que l'argent".

A.-C. Sulzer, Un garçon parfait, Actes Sud 2008, pour la traduction française, pp. 32-33.

mercredi 24 juin 2009

23 juin 2009

Il est vraiment cultivé. Il a plusieurs cordes à son arc et une très belle plume. Son humour peut être décapant. Il aime les gens, alors qu'il ne s'aime pas lui-même. Il a quelques très belles réalisations à son actif au cinéma, en librairie, à la télé. Ses chroniques dans Têtu sont remarquables, je les lis toujours en premier. Il a fait preuve de plus d'authenticité dans sa vie que bien d'autres. Il vient de succéder à la sinistre et rebutante Christine Albanel. J'ai toujours bien aimé Frédéric Mitterrand. Connaissant son sens de la répartie, il n'aura aucune peine à se soumettre aux séances de questions et réponses à l'Assemblée nationale. Pour une fois, Sarko choisit un ministre comme taillé pour la fonction.

Le problème avec Sarko, c'est qu'on ne peut jamais être sûr de la pureté de ses intentions. Il doit aujourd'hui ricaner en se disant qu'il a réussi un nouveau coup médiatique. Un Mitterrand dans son gouvernement! J'apprécie d'autant plus l'initiative du neveu de l'ex-Président de ne pas avoir laissé à l'actuel le plaisir d'annoncer le premier cette nomination! Il paraît qu'après l'interview de Fred sur F.2., Sarko était vert de rage. J'adore.

Xavier Darcos et Brice Hortefeux, eux, peuvent être ministres de n'importe quoi. Ils sont compétents en tout: immigration, travail, intérieur, enseignement, défense, logement, aménagement du territoire, justice s'il le faut … Ils vont là où on leur demande d'aller.

Très agréable soirée du "trio où on se dit tout", mais je ne révélerai rien ici! Une panne d'électricité nous a conduit vers un autre resto que celui que nous avions prévus. Et nous avons plutôt eu de la chance. Aux Liégeois, qui apprécient la cuisine française et de terroir, je recommande cette adresse: Chez Nathalie, rue de la Goffe, 12.

21 juin 2009

Premier jour de l'été! J'ai été trempé jusqu'aux os, imprudemment parti faire mes emplettes sur la Batte, le grand marché dominical.

Je suis toujours le même parcours.

Buon giorno, signore. Comme d'habitude: deux fois 150 grammes de prosciutto crudo, du salami Napoli, de la mozarella di Buffala et du vieux peccorino au poivre. Si. Grazzie mille.

Bonjour, mon frère. Salam. Je te connais. Tu es mon client. Et que veux-tu aujourd'hui? Des olives farcies, des citrons confits? Tu n'as pas une bonne recette de tajine, Karim? Je vais te donner ça, mon frère, et, comme tu es mon client, le bouquet de menthe, c'est cadeau. Tu dois revenir, mon frère.

Il est mon crémier préféré. Il a beaucoup d'humour. J'ai acheté aujourd'hui, pour essayer, un demi-pavé de Warsage. Warsage étant dans le pays de Herve, il doit s'agir d'un fromage qui laisse des traces … olfactives sur son passage. Je confirme.

Ils sont poissonniers. Italiens ou espagnols? Il n'est vraiment pas très beau. Elle n'est pas très belle. Mais leur fille aînée est la plus jolie jeune fille que j'aie croisée de ma vie. Tous les dimanches, elle s'empresse pour me servir avec un sourire à me faire évanouir dans les merlans et les merlus.

Je termine avec les fruits et les légumes. En fait, je termine toujours avec le jeune Mohammed (je vous jure que je ne le fais pas exprès!). Et je repars, chargé de mes victuailles, et un peu de son regard si doux.

Fête de la musique (Day 2).

Bravo à l'O.P.L. pour l'hommage à Gainsbourg. J'ai suivi la retransmission très soignée sur R.T.C. De belles découvertes, dans la première partie, parmi les interprètes (Dan San, Hollywood Pornstars). J'aurais aimé entendre aussi des reprises du Gainsbourg plus léger (Les petits papiers, Couleur café, par exemple). C'était souvent bien, mais un peu trop torturé. La seconde partie était parfaite … dommage quand même que l'orchestre n'ait pas interprété la Javanaise, invitant le public à fredonner le refrain.

Il devait être près de 22h30. Je venais de me décider à aller jeter mes bouteilles en verre des 3 semaines passées à la bulle verte (c'est dire l'ampleur de la tâche). Je ne suis rentré qu'une heure après. Un petit groupe de jeunes, dans une ambiance un peu "feu de camp", jouait de la musique Klezmer. Moment de bonheur.

20 juin 2009

J'ai glané deux instants. Du jazz manouche (place des Carmes). Comme toujours l'envie de taper du pied, de claquer des doigts, de bouger en tout cas. Et puis, une étonnante fanfare: "Sans tambour, ni trompette", tel est son nom (à l'Ilôt Saint Michel). Ils ne jouent pas toujours très juste, mais c'est très bien quand même, original, et ils rayonnent d'un évident plaisir. D'accord, ils sont un peu baba cool, écolo, alternatifs … et alors? En plus, ils sont liégeois. Je pense aussi à "C'est des Canailles", d'autres liégeois. Il faut assister à une de leurs prestations. Leur répertoire de chants révolutionnaires et de lutte est interprété avec tellement d'humour et de bonheur communicatif.

http://www.stnt.be/

http://users.swing.be/Canailles/

Découverte aussi d'une video jubilatoire postée par J.P.R., sur son blog, avec Danny Kaye, en chef d'orchestre complètement déjanté.

http://www.youtube.com/watch?v=VTqMi965iB4

La fête aurait été complète, si le bourbier familial n'avait une fois de plus resurgi.


vendredi 19 juin 2009

19 juin 2009

La violence a bien des visages.

D'abord, un constat: la violence est toujours la réponse à une autre violence. Tu te sens agressé; en réponse, tu m'agresses; et je te réponds en t'agressant. C'est comme l'oeuf et la poule: il faut bien que cela commence quelque part.

Cette violence dans les relations entre membres d'une famille recomposée m'inquiète et m'interpelle.

Stop A. et M.! Arrêtez de vous sentir sans cesse agressés, menacés, obligés de faire de l'auto-défense (pour vous-même, pour votre patrimoine, pour vos autres enfants plus jeunes). Il faut que l'édifice construit soit bien fragile pour qu'il suscite de telles réactions de votre part. J'entends plus souvent dire qu'il vous faut vous protéger que de dire qu'il vous faut accueillir.

Il y a deux jours, cette violence a pris la forme de coups et blessures, paraît-il. Si j'en crois ce qui m'a été rapporté, il y aurait même eu plainte pour coups et blessures.

Je ne peux pas nier. Je n'étais pas là pour constater les faits. J'entends donc les versions des protagonistes, plus les versions de ceux qui ont entendu les protagonistes, prenant parti pour l'un ou pour l'autre plus ou moins influencés par l'un ou par l'autre.

Et bien, moi, je pense que tout le monde a eu tort! Et, si j'étais avocat, je plaiderais la légitime défense.

S. a eu tort de n'avoir pas pris les clés, de rentrer tardivement chez sa mère et d'avoir bu (un peu - beaucoup?).

M. a eu tort de l'avoir accueilli comme il l'a fait et d'avoir ignoré la psychologie, pourtant si prévisible, de S. C'est tellement simpliste de résumer la situation en un affrontement entre un enfant un peu paumé et saoul et le gardien de l'autorité et de la famille, en un conflit entre l'autorité et le rebelle, entre le juste et le chien errant, entre le puissant et le faible.

Quand la violence naît au coeur d'un individu, ce n'est pas toujours parce qu'il a été battu; c'est aussi parce qu'il se sent méprisé, non reconnu, sans territoire, sans droit à la parole.

Quand je pense à S., je ne peux que penser à la révolte des Palestiniens. Par la force, un étranger a pris la place et a colonisé une terre qui ne lui appartenait pas. Chaque fois qu'il le peut, il dressse un mur, pour assurer sa souveraineté sur l'Etat qu'il a créé.

Je pense à l'Iran, à ce pays où les gardiens de la révolution islamique gouvernent aussi les moeurs, les pensées, la foi, l'ordonnancement de la vie.

Il n'est pas rare que je me relève la nuit pour ouvrir la porte à B., que je change mes plans à la dernière minute, que j'accueille un ami imprévu. Je n'en fais pas un fromage. j'y perds un peu de sommeil, un peu de liberté. Et je n'ai jamais fait preuve pour ma part de violence, sauf une fois. Celui qui en a été l'objet l'avait bien cherché, d'ailleurs.


"If music be the food of love, play on;


Give me excess of it, that, surfeiting,

The appetite may sicken, and so die.

That strain again; it had a dying fall;


O, it came o'er my ear like the sweet south,

That breathes upon a bank of violets,

Stealing and giving odour.Enough; no more;


Tis not so sweet now as it was before.


O spirit of love, how quick and fresh art thou!


That, notwithstanding thy capacity


Receiveth as the sea, nought enters there,


Of what validity and pitch soever,


But falls into abatement and low price


Even in a minute! so full of shapes is fancy,


That it alone is high-fantastical".

William Shakespeare

jeudi 18 juin 2009

18 juin 2009

Tout aurait été tellement plus simple, si on ne devait après les élections encore traîner avec soi Michel Daerden. Et tout aurait été beaucoup plus clair sans Didier Reynders avant, pendant et après.

Il est assez surprenant que l'on découvre, au moment des négociations pour former un gouvernement régional et communautaire, qu'il y a un gouffre budgétaire de 1 milliard d'euros (Région wallonne + Communauté française, hors Bxl). On n'en a guère parlé avant, et en tout cas pas pendant la campagne électorale. Cela permet ainsi à la presse d'affirmer que l'Olivier ne pourra pas porter beaucoup d'olives. Et la Jamaïcaine, combien de "jamaïques" pourrait-elle porter? Si cela peut nous rassurer, en Flandre, plus à droite, le gouffre serait de deux milliards. La faute incombe autant, paraît-il, aux entités fédérées qu'à l'Etat fédéral, dont elles dépendent pour une grande partie de leur financement. De part et d'autre, on n'aurait pas assez anticipé l'avenir. La pièce devient grotesque quand on considère les deux grands argentiers en place: M. Daerden et D. Reynders, qui se valent dans l'art de l'esquive, de la débudgétisation, du "one shot" et de l'écran de fumée, chacun dans son style évidemment (on parle en effet de Michel Daerden sur Canal +, mais pas de Didier Reynders … ce qui ne me rend pas plus proche de l'un ou de l'autre).

Tout bien considéré, le M.R., parti du changement et des réformes, nous impose le même ministre des Finances au fédéral depuis 10 ans. Vous avez dit "changement"?

Et je jubile (même si c'est un peu pervers) de voir tomber les têtes au PS.

Cela n'empêchera pas "les Belges" (on n'a pas exactement précisé lesquels) de partir en vacances, d'après une enquête. Ils réserveraient seulement leurs voyages un peu plus tard.

On va encore dire que j'ai des goût de ringard. Mais je me suis délecté à transcrire, à encoder, mes notes d'examens en écoutant Charles Dumont. Car, dorénavant, le professeur  ne doit plus seulement interroger; il doit aussi encoder ses notes. Dans mon cas, les étudiants qui se sont, jusqu'à présent, présentés devant moi (je n'ai pas fini), relèvent de 6 listes différentes. J'ai passé l'essentiel de mon après-midi à rechercher de quelle liste chacun relève pour pouvoir encoder mes notes.

Sam va bien. Ben pas trop bien. Je pourrais me situer au milieu … si je pouvais être convaincu que chacun, dans la sphère familiale au sens large, dit vrai. Ce n'est pas le cas. Pour moi, cela est très difficile.

Je le sais, mes citations vont finir par lasser. Mais des étudiants m'ont dit que celles qui émaillent mon cours leur ont permis de respirer de temps en temps. Alors, une pour la route: "Je ne voudrais pour rien au monde d'une simplicité qui se cantonne en deçà de la complexité; en revanche, je donnerais ma vie pour une simplicité qui dépasse la complexité" (Oliver Wendell Holmes, 1809-1894, juge à la Cour suprême des Etats-Unis).

mercredi 17 juin 2009

17 juin 2009

Une inquiétude: l'Iran. Une profonde solidarité avec ceux qui y crient leur désir d'une vie autre, d''une pensée libre. Nous avons une responsabilité, nous ici, à leur égard.

Un souhait: que Ecolo tienne bon sur les valeurs, sur le projet de société qu'il porte et que je soutiens depuis le début, avec fidélité. Il apparaît que le succès d'Ecolo, lors de ces dernières élections, s'explique par un fort transfert de voix MR.

Quelle était la motivation de ces transfuges? Contrairement à D.R., au cours des derniers huit jours, j'ai beaucoup de peine à trouver des convergences entre la vision de la société, et du monde, d'Ecolo et celle du MR. D'autant que D.R. devait aussi estimer avoir des convergences essentielles avec Rudy Aernhout. Ce que j'aime chez Ecolo, c'est que, dans ce parti, on ne cherche pas à exercer le pouvoir avant tout, qu'on y a des idées et une certaine cohérence. J'espère ne pas être déçu demain. Mais il ne faut jamais sous-estimer les oeuvres du Malin.

Une profonde tristesse enfin, qui ne me quittera jamais. La question est: combien de temps encore pourrais-je vivre avec elle? Tout changera peut-être le jour où mes parents auront rejoint la paix de Dieu et mes fils trouvé leur place dans la vie. Alors, je pourrai m'en aller ...

16 juin 2009

Les Recteurs se suivent et ne se ressemblent pas. B. RENTIER est, je pense, quelqu'un de bien, et même de très bien. J'invite mes lecteurs - si j'en ai - à consulter fréquemment la page culture du site web de l'ULG dont il a eu l'initiative.

http://culture.ulg.ac.be

La prochaine promotion des docteurs honoris causa de l'Université sera inhabituelle … des musiciens fatalement toujours en vie, pour recevoir l'épitoge. Je trouve cela très bien! Surprise!

 J'ai un peu plus de mal avec la proposition qui a été faite, en Faculté de droit, concernant Jean-Louis Debré …

dimanche 14 juin 2009

14 juin 2009

Quel est le véritable enseignement du dernier scrutin régional? Changez le casting! Je ne voudrais pas être à la place des dirigeants Ecolo aujourd'hui (pour le CDH, les choses sont moins capitales, ce parti n'ayant jamais cessé de faire l'appoint là où on lui demande de le faire). Ecolo n'a pas gagné les élections, mais a réalisé une progression plus que significative. Ecolo a gardé son socle traditionnel, mais a en plus recueilli les suffrages des anti-PS et des anti-Reynders. Quelle que soit la prochaine alliance, avec le MR ou avec le PS (et évidemment le CDH), il est sûr de perdre une part de ces électeurs de circonstance à la prochaine élection. A moins que.

A moins que Ecolo soit intransigeant sur le programme et sur les hommes, sur le langage et sur les pratiques. La responsabilité est lourde. D. Reynders, qui est quand même un des battus de ces élections (on le dit, même dans son parti) n'a pas tardé à ré-endosser son rôle de machiavel maladif. 

Si le prochain gouvernement wallon aligne les mêmes caciques que par le passé, avec juste quelques aménagements, ces élections n'auront servi à rien.

Ne parlons pas des élections européennes, puisqu'on n'en parle déjà plus. Les regards sont plutôt tournés vers l'Iran, en ce moment.

Dans une partie de ce journal, non publiée, j'évoquais un couple d'oies cendrées qui a élu domicile près de chez moi, sur un support de la passerelle. Pour une fois les badauds s'étaient arrêtés, pour contempler leur parade amoureuse et leur accouplement, assez spectaculaire, ma foi. Cela fait six semaines que je les observe quotidiennement. Les autres ne se sont sentis concernés qu'à partir du moment où il y a eu un peu de sport et de sexe, comme toujours.  Et puis, des réflexions tellement bêtes: "Regarde un peu les canards, là!".

Oies impudiques? Humains voyeurs? Respect? Connivence? Pourquoi la vision de cet accouplement semblait-elle plus convenable que la vision d'un coït entre un homme et une femme? Je sais la réponse. Mais parfois les questions sont plus intéressantes que les réponses.

Jardin du monde. Une initiative encore bien modeste, mais sympathique et symbolique, à laquelle l'Université est associée, ce qui fait que je suis fier de mon université. Un jardin de quartier, cultivé par les habitants du quartier. Le projet: un jardin de plantes traditionnelles d'ici et du Maroc. Des animations autour de la cuisine, de la santé par les plantes, des rencontres, des partages d'expériences, un tissu social, des solidarités qui se créent. N'est-ce pas cela le plus important? Il y a urgence! Il faut absolument revenir à des choses simples, impliquant les gens.

Autre initiative remarquable: un village - et ses enfants - qui crée une coopérative pour installer une éolienne qui alimentera le village en électricité, sans intermédiaire. Les pratiques d'Electrabel, à côté de cela, sont misérables. Je ne nie pas qu'une certaine complémentarité soit nécessaire, mais plus on se passera de ces mastodontes sans foi, ni loi, mieux ce sera.  

samedi 13 juin 2009

13 juin 2009




"Si j'avais voulu exercer des responsabilités au Parlement européen, j'aurais été candidat tête de liste" a expliqué Brice Hortefeux, ministre français du Travail, "J'étais candidat à une place non éligible pour aider, pour accompagner, pour soutenir, pour partager des convictions. Pas pour exercer une fonction". Sans commentaire.








On ne parle pas souvent des céramistes. En dehors de certains cercles d'initiés, qui connaît Charles Catteau? Il fit les beaux jours de la manufacture Boch-Kéramis de la Louvière dans les années 1930. Que ses vases aient atteint des prix fort élevés, lors d'une vente publique à Paris, chez Pierre Bergé, est de peu d'intérêt. La beauté n'a pas de prix. On partage la beauté, on ne la vend pas. Malheureusement, les marchands ne sont jamais loin pour pervertir et polluer les plus grandes choses. On ne parle plus de manufacture, mais de production à grande échelle. Et la manufacture n'est pas sûre de survivre.

Il est le flamand le plus sympatique que je connaisse. C'est un homme avec des rondeurs, au rire communicatif, qui multiplie les projets autant pédagogiques qu'artistiques. Il a une formation de philosophe, mais il est aussi un vrai philosophe dans la vie. Il est spécialiste de l'enseignement universitaire à distance, le jour; il chante Purcell, le soir. Il est le père de deux adorables petites filles nées très loin d'ici. Mes parents ont été touchés par sa personnalité rayonnante et sans fard. Avec son épouse ardennaise, que je connais moins, ils me plaisent par leur ouverture et leurs engagements. Je suis très heureux d'avoir retrouvé par hasard M., ce matin. Il mange du pain bio, mais il a dû ramener le pain quotidien à la maison, ce matin, avec une bonne heure de retard.

"L'alcool a tout détruit, ma vie, mon visage, ma façon d'être …" (Anne-Lise, 41 ans, sans âge).

Je me demande si mon premier contact avec Purcell ne remonte pas au film où Xavier Deluc, petite frappe, faisait vaciller Victor Lanoux, inspecteur de police (La triche, Yannick Bellon, 1983). Il s'agissait de "O Solitude" chanté par Alfred Deller. Depuis Purcell ne m'a plus jamais quitté. Parce qu'il a écrit des airs et des choeurs sublimes. Il est un des rares qui soit capable de me faire pleurer.

http://www.youtube.com/watch?v=XIu4gmU-2Kw

Et la version de James Bowman:

http://www.youtube.com/watch?v=s5Bv3307x08


12 juin 2009

Une collègue que j'aime beaucoup me confiait, ce matin, qu'elle n'aurait jamais pu être juge. Moi non plus. Trancher, avoir la responsabilité de dire le droit, donc  un peu la vérité, même s'il s'agit d'une vérité relative, est une responsabilité qui dépasse mes moyens.

Comment faire pour arrêter à un moment de douter! Préparons-nous psychologiquement nos étudiants à cela? Est-ce surtout à l'université de le faire?

Un peu plus tard, elle me confiait, alors que nous réfléchissions ensemble sur un arbitrage: ne trouves-tu pas que les avocats, en cette affaire, font preuve de mauvaise foi? Cela était évident et cela nous choquait tous les deux, car elle et moi sommes deux naïfs.

A mes étudiants, j'ai toujours essayé d'apprendre, du moins je l'espère, deux choses:

- une certaine maîtrise des techniques propres au droit,

- une vision et un regard critique sur celles-ci.

Ce n'est déjà pas si mal.

Est-ce à l'université que l'on doit apprendre à devenir avocat, magistrat, notaire, politique? Or, la formation juridique à l'université est de plus en plus confiée à des praticiens. N'encourage-t-on pas ainsi une certaine confusion des genres?

Ne lisant que la bonne presse (?), il m'arrive de lire parfois des articles, ou des chroniques, que je trouve salutaires: "Les grands progrès humains ont tous été ensemencés par le rêve: Si l'idée n'est pas a priori absurde, elle est sans espoir, disait Einstein. Si nous voulons laisser à nos enfants autre chose que la désespérance d'un horizon étriqué, aux dimensions d'un pragmatisme (économique, politique, social, culturel) de pacotille, alors il est temps que nous ayons le courage de nos rêves". (Myriam Tonus, "Heureux les rêveurs", LLB, 12 juin 2009).

vendredi 12 juin 2009

4 juin 2009

J'interroge toujours avec plaisir. Ce n'est vraiment pas une contrainte. J'aime les dialogues en tête-à-tête, au moins autant que je hais les mondanités.

Cette journée est, pour moi, marquée par cinq moments:

 - la remarque d'une étudiante après l'examen. Excellent examen au demeurant. "Alors, vous voilà en vacances jusqu'au 8 juin!". "Pardon?". "Oui, parce que moi je voulais passer le 5, en fait, et j'ai découvert que vous n'acceptiez pas d'interroger le 5"! A la demande des étudiants, les dates d'examen ont été réparties sur toute la session, soit du 25 mai au 25 juin, alors que deux semaines suffisaient. Son insolence, si j'étais moins accommodant de nature, aurait pu lui coûter deux points en moins. Mais je gage qu'elle sera, l'année prochaine, assistante à la Faculté ou engagée dans un grand cabinet;

- Facebook, réseau social, pourrait bien être aussi un endroit où les gens se révèlent sous leur plus mauvais jour. Il suffit parfois d'un post anodin pour obtenir en retour des réactions outrées ou disproportionnées. Dorénavant, mes posts doivent-ils se borner à dire: bonjour, bonsoir, je me réjouis de cette belle journée, je vais aller à un bbq, 4 jours de week-end prolongé!, aujourd'hui est un lendemain de veille, je suis en pré-we ou en post-we, etc …

- la prestation de Didier Reynders, hier, face aux citoyens a été en tous points conforme à ce qu'il est. Aucune question ne trouve de réponse. Il n'y pas d'autre proposition que le changement. Il parle sans note, ce qui n'est pas difficile quand il s'agit de parler pour ne rien dire. Il est juste brillant, habile et retors. Comme il n'a pas vraiment de bilan à mettre sur la table, il tire sur tout le monde et noie le poisson. Au cas où il ne le saurait pas, il existe en France un parti des chasseurs et des pêcheurs.

- le niveau zéro du débat politique a été atteint sur France 2 dans une émission animée par Arlette Chabot, qui a failli sortir de ses gonds plus d'une fois. Il ne faut pas inviter Philippe de Villiers et Marine Le Pen, dans un débat, si on veut que ceux qui ont éventuellement des idées intéressantes puissent les exprimer, à supposer qu'ils en aient évidemment (ce qui n'était pas le cas de Xavier Bertrand). Alors, on a eu droit à un pugilat entre Bayrou et Cohn-Bendit. De quoi perdre tout repère, tant cela volait bas. Les spots télévisés de la campagne pour les européennes en France ne valent pas mieux, à vrai dire, que le discours du président tchèque estimant que ces élections ne servent à rien;

- et puis, il y a le discours de Barak Hussein Obama à l'Université du Caire. Parfait, dans la forme. Juste quant aux propos. Les sceptiques disent qu'il faudra juger l'homme à ses actes. Est-il incongru de penser qu'il appartient à d'autres que lui de poser ces actes? Et que son rôle à lui puisse être une parole qui inspire, qui anime, qui rapproche, qui libère. Un souffle là où n'existe plus que des eaux stagnantes et croupies. Utopie? Bien sûr! Mais c'est exactement ce qui manque dans le monde d'aujourd'hui.


6 juin 2009

Je prends mon courage à deux mains. Je ne peux plus vivre avec seulement deux pantalons et trois chemises et ma sempiternelle veste en velours. Quoique. Je ne supporte pas aller seul m'acheter des vêtements. Quand je rentre, je constate une fois sur deux que je n'ai pas fait le bon choix. Il en résulte que ma garde-robe comporte une part dormante (75 %) et une part portable (20 %). Je garde 5 % disponible pour la fantaisie … 

Puisque la dernière étudiante que j'ai interrogée jeudi m'a souhaité de bonnes vacances, j'ai décidé d'en profiter un peu, pour lire un peu plus, pour chercher de la musique, pour écrire, pour faire des plantations. Je sais ce que vous allez me dire: tu n'as choisi que des activités solitaires.

J'aime beaucoup Fédéric Lenoir. Quand je le lis, il me parle vraiment, qu'il s'agisse de roman (L'oracle della luna, Albin Michel, 2006) ou d'essais (Le Christ philosophe, Plon, 2007).

Un jour, je lui ai écrit. Cela concernait l'épilogue de son ouvrage Le Christ philosophe. Cet épilogue est intitulé: Jésus face à la femme samaritaine. Ces quelques pages résumaient pour moi des années de recherche personnelle. Il m'a répondu très gentiment. Je ne raterai pas son dernier ouvrage: Socrate, Jésus, Bouddha. Trois maîtres de vie, Fayard, 2009, 300 p. Nous partageons les même références.

Maxime Leforestier dans l'émission de Laurent Rucquier "On n'est pas couché". Cette émission vole parfois très bas et parfois très haut. Maxime Leforestier fait partie de ceux avec qui je me sens en parfaite communion. Question de génération peut-être. Quelqu'un, qui dit juste, qui chante juste, qui pense juste.

La même émission me fait découvrir Emmanuel Mouret. On ne peut pas dire qu'il soit beau. Mais je le trouve extrêmement, exagérément, sexy, en totale subjectivité et en tout bien tout honneur, bien entendu. Son film est drôle, paraît-il, même selon Eric Naulleau. Son titre: Fais moi plaisir. Tout un programme. Ai-je vraiment écrit "en tout bien, tout honneur"?