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mercredi 28 septembre 2011

Le 27 septembre et les symboles


Ici, dans mon quartier, on ne s'inquiète guère de la Communauté française de Belgique, devenue Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans mon quartier, il y a la république libre d'Outremeuse et la commune tout aussi libre de Saint Pholien. Un point c'est tout.

Hier, c'était la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pourquoi avoir choisi la date du 27 septembre ? Ce jour-là, nous dit-on, les Hollandais ont été vaincus par les révolutionnaires belges. Il faut rappeler qu'après Waterloo, le découpage de l'Europe nous a unis, flamands et wallons, aux Pays-Bas du nord : une union contre nature tant pour les wallons qui se sont toujours sentis francophiles (surtout à Liège) que pour les flamands, incapables de comprendre la langue, pourtant néerlandaise, du nouveau pouvoir. La révolution contre les hollandais a uni flamands, bruxellois et wallons, qui n'existaient pas encore alors, loin de là, comme groupes autonomes et structurés. Je résume un peu ...

La Flandre, elle, a choisi comme référence, pour sa fête (ne l'appelons pas encore nationale), une autre date, le 11 juillet, date de la bataille des éperons d'or. Une bataille qui a opposé, en 1302, les flamands de chez nous aux troupes du roi de France, avec l'appui de milices venant de Zeelande, de Namur et de Liège. Les riches drapiers de Flandre déjà n'aimaient pas trop payer des taxes pour les autres ; on appelle cela aujourd'hui les "transferts Nord-Sud". Je résume toujours.

Et dire que l'on se déchire sur BHV et que les flamands font de l'homogénéité linguistique sur leur territoire l'objectif à atteindre. Aucune des deux dates symboliques ne fait état d'un front linguistiquement homogène pourtant. Folie flamande.

Je préfère de loin la bonhomie de mon quartier avec son unique république et sa seule commune.

Hier, c'était aussi le quarantième anniversaire de l'université de Louvain-la-Neuve.

Cela fait donc quarante ans que les flamands, soutenus par l'Eglise, ont décidé de faire de leur très ancienne université catholique ouverte au monde une université flamande fermée aux étudiants francophones priés d'émigrer ailleurs. "Wallen buiten". Les flamands de la KUL multiplient aujourd'hui les offres de cours en langues étrangères, vu que peu d'étudiants étrangers parlent le néerlandais et que la mode est à l'internationalisation des études. Elle s'ouvre même aux wallons. Quant à l'UCL, elle se porte bien merci.

Mais, hier, c'était aussi le soixante-dixième anniversaire de la statue dédiée à Tchantchès, rue Pont Saint Nicolas. Mon extraordinaire quartier était de nouveau en fête : fanfares, cramignon, tir de campes, drapeaux. J'en conviens, je n'ai pas rencontré de prix Nobel, ni de docteurs honoris causa, mais des gens simples, chaleureux, pas guindés pour un sou. J'aimerais pourtant rencontrer un jour un prix Nobel ou un docteur honoris causa, mais alors sans flonflon, sans toge ni épitoge, pour une conversation en tête-à-tête.

Mais qui suis-je pour désirer cela ?

Les gens de mon quartier (crédit photo : Samuel Parent)









Toges universitaires (étudiants puis professeurs)

Etudiants






Professeurs






 Toges de confréries


Confrérie de la fricassée de Chêvremont



Au vu de ces photos, vous comprendrez aisément pourquoi je n'ai jamais accepté comme professeur de porter la toge et pourquoi je trouve inapproprié le souhait de ma faculté que dorénavant les étudiants en droit reçoivent leur diplôme en toge, comme aux States. Qu'en pense-t-on en psycho et chez les vété ?


La remise des diplômes ne se distinguerait plus en rien du cortège des confréries gastronomiques organisé pour les fêtes de Wallonie ! Car, contrairement à ce que d'aucuns pensent, l'habit fait bien le moine.

mardi 27 septembre 2011

L'art de la calligraphie

Quand j'étais encore enfant, mon irremplaçable grand-mère m'a appris à écrire à la plume et à l'encrier, comme Pierrot au clair de la lune. Il y avait les pleins et les déliés. J'ai ainsi appris que l'écriture pouvait devenir une oeuvre d'art et que cela méritait d'y consacrer du temps. Ma grand-mère, à son décès, a laissé toute une collection de petits carnets écrits à la plume d'une écriture toujours régulière, maîtrisée, sans une rature. Il s'agissait souvent de prières, de textes religieux, de conférences recopiés. Ma mère ne les a pas conservés. Je lui en veux un peu.




Dans le même ordre d'idées, j'ai découvert, il y a quelques années dans les rayonnages de la bibliothèque de mon service à l'Université, un ouvrage relié en cuir qui s'est révélé être un manuscrit : le cours d'un professeur qui, dans les années 1870, enseignait à l'Université de Liège les quelques principes de la fiscalité d'alors. Le tout est écrit à la plume, dans une écriture ramassée, mais toujours lisible et, ici encore, toujours constante.

Aujourd'hui, on n'écrit plus guère, on utilise un clavier ou alors on griffonne quelques mots à la va-vite sur un bout de papier ... ou une ordonnance. L'utilitaire encore et toujours.

Mon fils Ben aime s'appliquer à écrire bien un texte. Il m'a dit que cela lui arrive de temps en temps de le faire par plaisir, par exemple, pour une carte de voeux ou d'anniversaire.

A cette époque de mon enfance, de la calligraphie japonaise et encore moins arabe, je ne connaissais évidemment rien.

Mes parents avaient fait l'acquisition d'un livre sur le Japon, ce genre de livre où l'on pouvait coller des images parce qu'on avait accumulé des points dans les magasins. J'étais fasciné par deux choses : les jardins zen et la calligraphie. Je trouvais cela très beau. Je devais avoir dix ans et il n'y avait pas encore de mangas à l'horizon.

J'ai découvert la calligraphie arabe bien plus tard.

Autant la calligraphie japonaise tend vers l'épure, autant la calligraphie arabe peut se décliner et s'enjoliver à profusion. J'aime beaucoup l'une et l'autre démarche. J'y suis sensible sans doute parce que pour moi elles ne signifient rien, je ne puis les décrypter, je les prends donc comme elles sont dans leur abstraction.














Ce qui est intéressant c'est que l'écriture soit devenue oeuvre d'art et qu'existe ainsi un art de l'écriture. Le plus intéressant est que des artistes contemporains soient encore inspirés par cette voie, qu'ils la revisitent et la fécondent encore. 

Un article de Victoire (supplément au journal Le Soir du 24 septembre) en témoigne.

Voici quelques oeuvres d'artistes marocains d'aujourd'hui, inspirés par la calligraphie.

Larbi Cherkaoui




Noureddine Chater




Noureddhine Daifala







Ambiance Erasmus





Cela a commencé dimanche, sur le marché de la Batte, l'apparition des premiers étudiants Erasmus arrivés à Liège, énormément d'espagnols et de français. J'ai suivi discrètement un groupe d'étudiants espagnols pour voir devant quelles échoppes ils allaient s'arrêter. Indifférence pour les commerces spécialisés dans les fromages et charcuteries italiennes, arrêt devant les étals de poissons, d'épices et de fromages belges et français, achat de fruits et légumes, contemplation des poussins, canetons et surprise devant un "géant des flandres" (Oryctalus cuniculus). Les spécialistes cunicules, après de nombreuses recherches, ont admis que cette race de lapin particulièrement généreuse en formes et en poids était bien belge (région de Gand), ne résultait pas d'une hybridation, mais simplement d'une pression sélective poussée. Cette technique flamande de " la pression sélective poussée " est peut-être aussi à l'origine de l'homme politique le plus populaire de Flandre ?




Pour moi, c'est un véritable plaisir d'entendre tous ces accents, ces langues dans les magasins et aux terrasses des cafés. Et puis, les étudiants espagnols, même en droit, ont souvent un côté beaucoup moins conventionnel que nos étudiants locaux. Cela ne peut que me plaire évidemment.

Mon appartement, à l'arrière, est entouré de kots d'étudiants et, pour le moment, c'est un peu l'ambiance du film " L'auberge espagnole" (le film de Cédric Klapisch sorti en 2002). C'est le début de l'année académique, une année de liberté, ces étudiants pensent pour le moment plus à faire la fête qu'à leurs études, c'est sûr. Combien de temps vais-je tolérer les fiesta bruyantes jusqu'à deux heures du matin ?

Longtemps sans doute, car je suis très tolérant. Mais Sam, toujours justicier, n'hésitera pas, j'en suis sûr, à appeler la police pour tapage nocturne.

dimanche 25 septembre 2011

Pourquoi je n'aime pas les Etats-Unis d'Amérique

Quand je suis en présence d'amis et que j'évoque mon aversion pour les Etats-Unis d'Amérique, il m'arrive d'être fort mal considéré ; quand j'évoque mon aversion pour les Etats-Unis d'Amérique, auprès de personnes de la génération de mes parents, je m'entends dire que c'est inacceptable : ils ont été nos alliés et ils nous ont libérés. Cette aversion si fréquemment désapprouvée me pose question. Suis-je un anti-américain "primaire" ?

Les reportages de vacances de certains amis dans les grands espaces naturels me donnent envie, mais ai-je envie d'y croiser des américains ? Et pourquoi ? Il doit s'agir de clichés dans ma tête. On peut rencontrer des gens bien partout, même à Las Vegas peut-être, c'est dire.

Alors, pour y voir clair, j'ai décidé de faire une liste, subjective et parfois, je l'espère, objective, de ce qui me déplaît au pays de l'oncle Sam :

- Je n'aime pas le manière dont le pouvoir est exercé aux Etats-Unis : une démocratie parlementaire dont les élus sont essentiellement les représentants de lobbies qui ont financé leurs campagnes ;
- Je n'aime pas la manière dont la justice est rendue aux Etats-Unis ;
- Je déplore qu'aux Etats Unis d'Amérique la peine de mort semble aller de soi pour une majorité d'Etats;
- Je ne puis être d'accord avec le projet économique américain qui a tout misé sur la consommation afin que quelques-uns en tirent profit, laissant au bord de la route un nombre toujours plus grand de laissés pour compte ;
- Je ne puis être d'accord avec la manière dont le modèle économique américain cherche à s'imposer un peu partout dans le monde ;
- J'ai parfois de la peine à compter les morts liés aux décisions guerrières et aux manigances des Etats-Unis d'Amérique, un peu partout dans le monde ;
- Je ne supporte pas l'unilatéralisme des Etats-Unis dans la politique internationale ;
- Je n'aime pas le Coca-Cola, ni les hamburgers, ni les hot-dogs, ni les chaînes de fast-food ;
- Je ne parviens à comprendre comment la plus grande puissance mondiale et la plus grande démocratie au monde ont pu porter au pouvoir des gens tels que Georges W. Bush, Dick Cheney et Ronald Rumsfeld ;
- Je n'aime pas l'argent, alors que l'argent est le seul maître aux States ;
- Je ne puis comprendre la vente libre des armes ;
- Je n'aime pas les séries américaines et ne les regarde pas ;
- Je ne parviens pas à comprendre le pouvoir des prédicateurs évangélistes, qui de la religion font un business qu'ils exportent un peu partout ;
- Je n'aime pas cette exagération qui caractérise les américains : grosses bagnoles, gros grille-pain, gros sèche-cheveux, grosse ration au resto,  gros effets spéciaux et ... obèses un peu partout. Il semblerait que ce peuple ne puisse exister que dans la démesure. Triste civilisation ... alors que la sagesse est dans la mesure et l'équilibre ;
- Je suis atterré quand, dans l'émission Thalassa, on me montre Miami, où tout est toc et frime, seins silliconnés et pecto au botox (toujours la démesure) et que l'on m'impose un reportage sur des décérébrés qui vont faire la fête sur un banc de sable, dans un parc naturel, d'où trop bourrés, ils ne sont pas capables de revenir ... pas grave, cela génère un business, les rapatrieurs de bâteaux, 1.000 euros pour chaque dépannage ;
- Que dire de cet individu qui a créé un cimetière sous-marin où les cendres des défunts sont moulées avec je ne sais quoi pour en faire une étoile de mer qui sera déposée au fond de la mer. Tout ceci pour des dollars, bien sûr. Et le comble est de voir deux hommes plonger, à l'occasion de la fête des mères, pour aller rendre hommage à leur mère devenue étoile de mer ;
- Oui l'argent a rendu ce peuple fou. Dans deux ouvrages, à lire, Jean-Paul Dubois recense les travers et aberrations de la société américaine. En 1996, L'Amérique m'inquiète (Ed. de l'Olivier/Le Seuil) ; en 2002, Jusque-là tout allait bien en Amérique (Ed. de l'Olivier/Le Seuil). Une fois qu'on met le pied dans ces deux livres, on se demande en quel pays on se trouve et on aspire rapidement à aller au Bouthan! Ici, on parle de cryogénisation, de résidences de luxe pour chiens, de prisons privées, d'un mec qui vend sur internet des parcelles de lune, de shérifs élus qui doivent faire du chiffre en vue de leur réélection, de vente et de port d'armes, de bleds perdus où des paumés vivent dans des ruines de camions ou de caravanes, de casinos tellement clinquants qu'ils en deviennent repoussants, sauf pour un américain.

N'ai-je pas été plus subjectif qu'objectif ?

Je dois en convenir, il m'arrive de trouver du plaisir avec quelques productions américaines. Si je devais les énoncer, mon inculture me serait très vite opposée, mais elles sont nombreuses quand même dans la musique, les comédies musicales, les dessins animés, la littérature, le cinéma. Une autre Amérique ?

Une photo prise par un ancien collègue de passage à New-York m'a interpelé.


Crédit: Yves-Henri Leleu

Cette photo a bien été prise à New-York et non à Bombay ou dans les décharges du Caire. Un ami Facebook l'a commentée comme suit : "Etant parti à la fois en Inde et aux States cette année, j'ai vu bien plus de miséreux aux USA, une misère plus dure, faite de solitude et d'abandon social, familial, relationnel ... des gens qui perdent tout, y compris leur accroche à la perception de la réalité. Cela fait froid dans le  dos ". Ce n'est pas moi qui le dis, mais un ami Facebook, dont la profession donne un crédit certain à ses propos.

Menu végétarien (semaine 2)

Les principes ayant été posés en ce qui concerne le petit déjeuner et le dîner, voici mes suggestions pour le déjeuner de la semaine 2.

Lundi


- Pastilla au fromage de chèvre et aux épinards
- Gratin de poireaux et pommes de terre
- Tarte aux pommes
- Fromage blanc
- Pain complet

Mardi

- Taboulé marocain
- Omelette aux girolles
- Petit suisse
- Salade de fruits de saison
- Pain complet

Mercredi


- Potage aux courgettes, oeuf battu et parmesan
- Tarte aux carottes et brocolis
- Formage de brebis (Agour)
- Yaourth aux fruits
- Pain complet

Jeudi


- Salade de concombres, tomates, oignons, menthe et sauce au yaourt
- Korn aux légumes asiatiques, sauce aigre-douce, riz thai
- Fromage de Wavreumont
- Crème au chocolat
- Pain complet

Vendredi


- Potage au potiron, sa garniture de persil plat et ses croûtons
- Jeunes légumes cuits à la vapeur, crème légère
- Camembert
- Tarte aux prunes
- Pain complet

Samedi


- Salade de germes de soja, carottes et chou blanc
- Feuilleté aux champignons
- Fromage de chèvre grillé sur son lit de salade verte
- Gâteau quatre-quart aux pommes
- Pain complet

Dimanche


Apero : dés de fêta à la grecque, tomates confites, "amour en branche" (céleri vert cru)

Ensuite :


- Potage au chou-fleur
- Loempia végétarien et sa salade croquante
- Gruyère d'alpage
- Flan caramel
- Pain complet
- Liqueur de prunelles faite maison

Bon appétit !

Déclarations et silences

Certains parlent pour ne rien dire quand d'autres parlent d'or. Certains feraient mieux de se taire quand le silence d'autres pèse lourd. On peut trouver des exemples quotidiennement.

On a beaucoup souligné, dans les media, le silence assourdissant du président américain Obama à propos de l'exécution à mort, dans l'Etat de Géorgie, de Troy Davis. Pouvait-il, en tant que président fédéral, critiquer des décisions de justice de son propre pays, aussi iniques et révoltantes soient-elles ? L'indépendance des pouvoirs judiciaire et exécutif n'aurait-elle pas été mise à mal ? Bref, ce que l'on reproche à son homologue français qui a bien du mal à accepter que les juges soient indépendants et non à son service. Cela dit, il est heureux qu'une mobilisation internationale dans les media et par citoyens interposés ait dénoncé, non seulement l'aspect barbare et moyen-âgeux de la peine de mort, mais aussi l'arrogance des juges américains qui ont préféré assassiner un homme que bien peu de preuves accusent, simplement pour ne pas se déjuger, c'est-à-dire reconnaître qu'ils aient pu se tromper, invoquant un concept juridique totalement nouveau : "le doute insuffisant", qui scandalise les meilleurs juristes et pas seulement européens. Seule une initiative législative peut apporter une réponse à cet état de fait particulièrement choquant, mais que peut-on attendre de bon des élus de la Géorgie ou du Texas ? De là à dire, comme certains n'ont pas manqué de le faire, que le président Obama ne s'est pas montré digne de son prix Nobel de la paix, il y a, me semble-t-il, une marge.


Un autre président a parlé lui, avec audace, il s'agit du président de l'Autorité palestinienne, Amoud Abbas, devant l'assemblée générale de l'ONU. Il a demandé que la Palestine soit admise comme Etat au sein de l'ONU. Sa démarche unilatérale, a-t-on dit, torpille les négociations de paix, bilatérales et sous tutelle, qui sont au point mort depuis un an et alors que l'Etat d'Israël poursuit sa politique de colonisation et de discrimination. Elle a moins un mérite : elle met devant leurs responsabilités les Etats du monde entier. Leur réaction est fort instructive : rejet feutré mais net des Etats-Unis,  réaction scandalisée d'Israël, silence des pays arabes, indécision des européens. Le président français a suggéré, pour ménager la chèvre et le chou, qu'un statut d'observateur soit reconnu à la Palestine, calqué sur celui de l'Etat du Vatican. Les palestiniens ont apprécié comme vous pouvez le penser.


Chaque année, lors des rentrées académiques solennelles des universités, celles où l'on remet aussi les insignes de docteur honoris causa à des personnalités éminentes, un délégué des étudiants est invité à prendre la parole entre la poire et le fromage, je veux dire entre le recteur et l'administrateur. Est-ce la fougue de la  jeunesse, non encore corrompue, mais on trouve dans le discours des représentants des étudiants quelques vérités bonnes à entendre, plus même que dans le discours plus convenu des autorités.

Ainsi, le représentant des étudiants au Conseil d'administration de l'Université de Liège, Alexandre Defossez a posé la question suivante : "l'excès de liberté peut-il nuire gravement à la santé des droits de l'homme ? ". Il lie justement la liberté à la fraternité, autre pilier de la démocratie, et prend l'Union européenne pour exemple, pour souligner que l'Europe des libertés a donné plus d'importance aux marchés qu'aux individus, regrettant au passage l'absence d'une Europe sociale, une Europe de la solidarité. Il n'a pas tort. Quelques Etats viennent de remettre en cause un mécanisme de solidarité en vigueur depuis 25 ans. Cela n'a rien à voir avec la crise financière et la Grèce. Il s'agit d'un prélèvement minime sur le budget de la PAC (politique agricole commune) destiné à fournir une aide alimentaire et sociale aux plus démunis sur le territoire de l'Union. Ces Etats se retranchent derrière un argument juridique imparable : la politique sociale ne fait pas partie des compétences déléguées à l'Union européenne ; les Etats membres doivent rester souverains en cette matière. Bref, chacun fait ce qu'il veut de ses pauvres ! L'étudiant souligne aussi que le travailleur européen ne peut pas être libre, s'il est à la merci d'un dumping social permanent et soumis à la menace permanente de délocalisations. Ce jeune homme est lucide : ce que les Etats membres ont fait de l'Europe des libertés semble bien loin des idéaux des pères fondateurs, qui avaient pensé surtout à la liberté, la paix et la prospérité des peuples.


Jérôme Lechien, à l'ULB, dans un discours fleuve, qui ramène l'auditeur à la contestation étudiante de mai 1968, énonce, malgré de nombreux excès, quelques vérités bien senties. N'a-t-il pas raison quand il rappelle que l'université doit être " un espace de réflexion critique, de recherche fondamentale, d'expression libre et de démocratie interne " ? Et quand il dénonce le financement de chaires ou de la recherche par des entreprises privées ? N'a-t-il pas raison de dénoncer la contradiction entre le projet libre-exaministe de l'ULB et ses choix de gestion qui s'inspirent d'une seule idéologie, celle du libéralisme le plus pur. J'aime beaucoup que cet étudiant pense ceci : "Nous ne voulons pas d'une université soumise à la logique marchande. Ayons un peu de courage. Cessons de nous prostituer au monde professionnel. (L'université n'est pas) là pour produire des employés efficients, mais pour former des citoyens critiques qui construiront notre société de demain ". J'applaudis des deux mains : ce jeune homme a une vision très juste de l'université.

http://www.ulb.ac.be/dre/com/docs/actulb/discours-etudiant.pdf

Le discours de ces jeunes engagés tranche singulièrement avec celui de leurs autorités académiques, je ne sais s'il faut se désoler ou se réjouir. Et n'allez surtout pas conclure que tous les délégués étudiants sont de gauche et toutes les autorités académiques de droite ... Il s'agit plutôt de soumission ou de rejet à l'égard d'une pensée unique dont le poids est tel qu'il semble vain ou déplacé d'en débattre. Merci à ces étudiants de ne pas se soumettre.

Et puis, dans un autre registre, il y a toutes ces femmes qui, par leur parole, balancent à qui mieux mieux sur des personnages en vue pour mieux les dénoncer. Je ne vais pas les citer ... la liste serait trop longue, d'autant que vous les reconnaîtrez sans peine. Si leur parole est dénuée de tout intérêt, de toute esprit de vengeance et vise seulement à faire apparaître la vérité, j'applaudis des deux mains. Mais j'ai comme un doute. Observons que, dans la Bible, la première parole humaine est prononcée par Eve, qui répond au serpent qui la séduit (Gn, 3, 2). On voit ce que cela a donné et cela en dit long sur les motivations qui poussent une femme à parler. Pourquoi Anne Sinclair se tait-elle, peut-être parce qu'elle aime son mari avec ses turpitudes et ses incartades ? L'amour ne s'explique pas. Et si l'homme et la femme sont égaux en tout, ils doivent alors avoir autant de turpitudes l'un que l'autre. Faut-il espérer, par souci d'égalité, que les hommes se mettent à balancer allègrement sur leurs femmes et sur les femmes de pouvoir ? Peut-être les hommes ont-ils trop de respect pour les femmes pour en venir là ? Ils se contentent généralement de quelques plaisanteries entre eux.

PS : le dernier paragraphe de mon article a pour seul but de susciter les réactions outrées de mes amies féministes ! Il s'agit d'un exercice de style. 

mercredi 21 septembre 2011

Menu végétarien pour une semaine

Voici ce que pourrait être un menu végétarien pour une semaine, à ma façon, qui n'est peut-être pas celle des disciplines de Krishna. Sam n'est pas très enthousiaste, dois-je le dire.

PETIT DEJEUNER (tous les jours de la semaine) :

- céréales : selon les goûts de chacun, cela peut aller des Corn Flakes ou Muesli au pain beurré avec ou sans confiture ou fromage. Le dimanche au moins : croissant, pain au chocolat et couques diverses
- fruit: un kiwi, une pomme, un jus d'orange, une compote
- produit lacté : au choix, un verre de lait (éventuellement parfumé au chocolat ou au café), un yaourt, un petit suisse, de la maquée
- thé ou café léger à volonté
- une cuillerée de miel.

DEJEUNER

LUNDI


- Salade de tomates et mozzarella, basilic fraîchement coupé, huile d'olives et vinaigre balsamique
- Gratin de courgettes à la crème fleurette et aux herbes de la garigoule
- Fromage de chèvre cendré
- Compote de pommes
- Pain complet

MARDI


- Potage aux poivrons
- Omelette aux pommes de terre et épinards en branche à la crême légèrement aillée
- Fromage d'Orval
- Riz au lait
- Pain complet

MERCREDI


- Salade de maïs, petits pois et dés de tomates, vinaigrette légère
- Risotto à la tomate
- Gruyère d'alpage
- Marmelade de prunes
- Pain complet

JEUDI


- Soupe verte (courgettes, cerfeuil, épinard, céleri, oignons) et ses croûtons passés à l'huile
- Gratin de pommes de terre et carottes à la crème légère
- Curé nantais
- Glace au lait d'amandes
- Pain complet

VENDREDI


- Minestrone de légumes d'été
- Spaghetti au beurre de sauge
- Fromage de Wavreumont
- Mousse au chocolat
- Pain complet

SAMEDI


- Salade marocaine (tomates, concombre, poivrons, oignons rouge, huile d'olive, citron, menthe)
- Asperges à la flamande
- Comté
- Tarte aux pommes
- Pain complet

DIMANCHE


- Oeuf dur et sa farandole de petits légumes, mayonnaise allégée au yaourt
- Pizza à la tomate, aux champignons, aux brocolis, à la mozzarella et au beurre d'ail
- Camembert fermier
- Sorbet aux poires
- Pain complet
- Pousse-café : alcool de mirabelle

DINER

Je suggère que le dîner soit composé, tous les jours de la semaine, de la manière suivante :
- un potage de légumes, chaud ou froid (genre gaspacho),
- une ou deux tranches de pain complet avec du fromage ou une salade (salade verte ou salade de tomates),
- un yaourt maigre nature avec une cuillerée de miel,
- une pomme.

Avant le coucher, une tisane.

La consommation de bière ou de vin n'est pas interdite pour autant qu'elle reste raisonnable (si possible pas entre les repas ... mais bien juste avant, pendant et un peu après).

Escapade Vivabox

Il le fallait ... avant le 30 septembre 2011 ! Je n'avais pas aperçu la date limite du Vivabox que Ben m'avait offert à Noël. Une nuit pour deux + pdj dans un certain nombre d'adresses sélectionnées. Au petit déjeuner, ce matin, je me suis aperçu que je n'étais pas le seul, le couple qui avait partagé sa nuit avec la mienne - je veux dire au même endroit que moi - était dans la même situation. Et mon hôtesse ne comprenait pas pourquoi aucun ami ou aucune amie ne m'accompagnait. Il a bien fallu inventer un prétexte : j'étais là pour réfléchir.

Tout a commencé quand j'ai pris la route hier, en fin d'après-midi, pour rejoindre le village de Wéris, ses menhirs et son dolmen, un des plus beaux villages de Wallonie, paraît-il.




Un joli logis dans un joli village.






Mon hôtesse ne parlait pas bien le français. Et pour cause, elle est hollandaise et fait partie des très nombreux néerlandais qui ont quitté leur pays pour le nôtre ; ici elle gère pour sa part des chambres d'hôtes, tandis que son mari conçoit à domicile des sites internet. Ils sont ravis de la vie de village où "elke dag is zondag". Ja zeker ! Of course ! Inderdaad ! Dans ma région, je m'attendais cependant à pouvoir parler librement ma langue, ou, à la limite, le wallon. Non, j'ai dû, comme il y a une semaine, exercer mon néerlandais, gentiment, il est vrai, mais quand même.

Jolie demeure, charmant jardin, chambre et salle de bain impeccables, salon sinistre et salle de petit déjeuner fort tristounette pour een echte hollandse ontbijt cependant.

Où manger ? Le village étant un village, il fallait aller jusqu'à Barvaux ou Durbuy. J'ai choisi Durbuy, le lieu qui offrait le plus de possibilités, et ne l'ai pas regretté.

Je n'ai surtout pas regretté le restaurant sur lequel mon choix s'est porté : Le Clos des récollets. Surprise : ma logeuse hollandaise y dînait aussi avec son mari et d'autres bataves locaux.







Dans ce restaurant, j'étais le seul client francophone d'origine. A la table juste à côté de moi, un couple de flamands d'un certain âge, parfaitement bilingues, qui se faisait un point d'honneur de parler aux serveurs en français, plus loin, une table de dix hollandais du quatrième âge en goguette et puis, de l'autre côté, mais toute proche, une autre tablée de six hommes d'affaires fort bruyants et discutant en flamand de l'avenir de la région, de la possibilité d'un nouveau village de vacances, d'un parc d'aventures et de la rénovation d'immeubles pour faire des gîtes ruraux tenus par des flamands/néerlandais pour d'autres flamands/néerlandais. Comme je maîtrise un peu leur langue; j'ai bien compris de quoi il s'agissait. Eux parlaient uniquement en flamand/néerlandais au personnel. En plus, leurs rires étaient gras. Que faisaient-ils donc dans ce restaurant réputé pour sa cuisine ?

J'aime certes les plats canaille, mais de temps en temps un peu de raffinement ne me déplaît pas.
Je ne vais pas égrener ici le menu. Je me contenterai d'évoquer trois heureux souvenirs : le capuccino de cèpes, le carpaccio de boeuf et dés de foie gras, salade croquante à la courge "Butternut", vinaigrette acidulée et le filet de sandre, rôti sur peau, étuvée de jeune chou vert, sauce onctueuse au foie gras (inattendu mais succulent).

Le service fut excellent. Je me suis demandé, vu les attentions qu'on me portait, si on ne m'avait pas pris pour le goûteur d'un quelconque guide gastronomique. N'était-ce pas un peu too much de m'offrir en lecture, pour combler ma solitude, une pile de revues orientées soit sur la gastronomie et les vins, soit sur les finances. J'ai fait semblant de lire, ayant oublié mes lunettes.

Un des jeunes serveurs était plein de sollicitude pour moi. Il était rémois et effectuait là-bas son stage en entreprise. Un peu surpris de n'entendre parler que le flamand ou le néerlandais, depuis son arrivée, il m'a pris pour un français. J'ai sans doute un accent, mais il ne s'agit pas de l'accent belge, tel qu'on le conçoit en France, de là sa confusion. C'est étrange, mais quand un belge est pris pour un français, il en éprouve toujours une satisfaction, comme un peu de fierté.

J'avais envie de lui dire qu'étant originaire d'une ville connue autant pour son champagne que pour son ange au sourire il en était le digne représentant (car pétillant et souriant). Je me suis abstenu, par crainte de me montrer équivoque. D'autres que moi n'auraient pas hésité.

J'adore me réveiller à la campagne. Le petit déjeuner étant fixé à 9h00, j'ai parcouru les rues du village et quelques chemins creux au milieu des pâtures et des champs dès 8h00 du matin sans croiser âme-qui-vive. Grand calme, seuls les oiseaux et de jeunes agneaux bêlant rompaient le silence, exceptionnellement une voiture. A 9h00, la vie a repris, je veux dire les tronçonneuses dans la forêt, les tracteurs. Le petit déjeuner m'attendait.

La bruine s'est alors invitée. J'ai sillonné la région en voiture, de village en village, passant parfois sous de très longs tunnels de verdure où il est recommandé d'allumer ses phares. Le ciel s'est un peu éclairci quand j'ai rejoint le château de Petite Somme, un lieu important pour les disciples de Krishna. En fait, ils ont investi tout le hameau. Il y a les célibataires qui vivent en communauté dans le château et des familles dans les maisons aux alentours. Certes, voir passer ces adeptes dans leur tenue indienne sous la bruine est un peu étrange. Ils n'ont pas l'air drogués, ils ont même l'air plutôt sains, et s'ils sont un peu illuminés, ce ne sera en rien une critique de ma part. Si je devais choisir la voie de sagesse qu'ils suivent, je le pourrais à beaucoup d'égards, mais je ne verrais pas la nécessité, moi européen, de me vêtir à l'indienne surtout sous notre climat, ni de vénérer d'étranges statues, alors que nous en avons de si belles chez nous.


Une fois encore, le noyau de la communauté est manifestement hollandais. Le néerlandais est d'ailleurs la première langue utilisée, l'anglais la seconde, la communauté étant internationale, le français vient en troisième position. Je me suis rappelé avoir envoyé là-bas, avec mon collègue et complice N., un étudiant, l'année où nous avions organisé un séminaire sur les différentes manières possibles de vivre ensemble et sur l'organisation juridique que cela impliquait. Il y fut bien accueilli, mais il n'y est pas resté. Les séminaires proposés aujourd'hui doivent être beaucoup moins exotiques.

Les disciples de Krishna sont végétariens, mais pas végétaliens. Leur alimentation comprend donc tous les produits laitiers et les oeufs, mais pas de viande, ni de poisson (comme les trappistes). Ils le font par conviction, mais, si vous êtes un peu curieux, essayez donc au moins une fois, dans leur restaurant, un repas végétarien. C'est délicieux ! Et leur boulangerie offre des choses fort appétissantes. Je recommande en outre le magasin pour les textiles et les produits de soin ou cosmétiques naturels.




Si les disciples ont choisi un style de vie qui se démarque de la société ambiante, il y a un côté touchant dans certaines de leurs actions. Ainsi, ils veulent accompagner jusqu'à la fin leurs poules et leurs vaches en les aidant à mourir de vieillesse, en reconnaissance des oeufs et du lait qu'elles leur ont prodigué au cours de leur longue vie. Je trouve ça beau, parce que cela fait preuve d'un certain respect, respect qui fait fort défaut aujourd'hui. Le respect de la nature, des êtres vivants, de l'autre. Ils développent une action internationale dans ce sens. Cela me paraît sage, mais cela se heurte à des traditions, au mieux, à des puissances commerciales, au pire, qui risquent de faire obstacle encore longtemps à leur action. Mais comme le vin ou la bière ne sont pas contraires à leur régime, j'y vois une raison supplémentaire de l'adopter.

Je vous livrerai bientôt une suggestion de menu végétarien à ma façon pour toute une semaine ...
















dimanche 18 septembre 2011

Dédicace à Gisèle Halimi et à Fanny R.-M.

J'en ai lu des horreurs (ou des merveilles, c'est selon) , ces derniers temps, sous la plume de Thomas d'Aquin, d'Odilon de Cluny et de Montaigne. Accrochez-vous : c'est du hard !

Thomas d'Aquin, " saint" Thomas d'Aquin, s'est étonné que, dans le livre de la Genèse, la femme soit présentée comme une "aide en face - il faudrait plutôt traduire" à côté" - de l'homme" :

"Je ne vois pas en vue de quelle aide la femme fut créée pour l'homme, sinon dans un but de procréation ... Si la femme n'a pas été donnée à l'homme dans le but d'engendrer des enfants, alors pour quelle aide ?Pour qu'ils travaillent la terre ensemble ? Si l'homme avait eu besoin d'un soutien, pour cela le concours d'un autre homme lui eût été plus utile. On peut dire la même chose du réconfort dans la solitude. Combien plus agréable est la cohabitation de deux amis, comparée à celle d'un homme et d'une femme ".


Montaigne, qui ne manqua point d'égards pour son tendre ami La Boétie, aurait dit, à propos de celui qui cultive les plaisirs de la femme, des choses tellement vulgaires que j'ose à peine les reproduire. Je vous les livre en petit texte :

"C'est comme chier dans le panier pour après se le mettre sur la tête ".

Ah ces misogynes, quand ils s'y mettent ...

Cela dit, je m'interroge : que veut dire l'expression "cultiver les plaisirs de la femme " ? J'ignorais qu'ils se cultivent. Et puis de quels plaisirs s'agit-il? Quelque chose m'échappe apparemment.

Odilon de Cluny, qui fut canonisé par l'Eglise, n'était pas en reste (ici encore, je dois user du petit texte) :

"La grâce féminine n'est que sang, humeur , fiel ... et nous, qui répugnons à toucher même du bout  des doigts de la vomissure et du fumier, comment donc pouvons-nous serrer dans nos bras le sac d'excréments lui-même".


Youpie.

Il faut dire que certains théologiens au début du christianisme rêvaient d'un monde où tout le monde aurait été vierge. Je dois bien avouer que cette perspective ne me déplaît pas a priori. Evacuer le sexe, et tous les tourments qui lui sont associés, est assez irénique, donc apaisant.

Saül, dit saint Paul, est aussi un maître du genre en moins trash :
- "Ce n'est pas l'homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme " (1 Co, 11, 9) ;
- "La femme est la mère de tous les péchés" (1 Tim, 2, 14).

Le dit Paul est aussi l'auteur des sentences suivantes, remarquables, faut-il le dire : "Celui qui se marie avec sa fiancée fait bien, mais celui qui ne se marie pas fait mieux encore (1 Co, 7, 38) et "Mieux vaut se marier que d'être en chaleur" (1 Co, 7, 9).

Bref, tous ces hommes-là ne portent guère la femme dans leur coeur. Pourquoi? L'explication la plus simple et la plus évidente est la suivante : ils devaient avoir peur des femmes, de la femme, de l'altérité qu'elles représentent. Mais pourquoi cette peur ?

Cela dit, Thomas d'Aquin a quand même un peu raison quand il dit que l'homme ne trouve guère la paix et le repos auprès de sa femme, mais davantage auprès de ses amis masculins (un ou plusieurs). Quant à sa femme, il faut savoir qu'elle a viscéralement besoin d'activités entre copines ...













Les paroles qui interpellent

Cette semaine, j'ai enfin décidé de consacrer du temps à d'autres, pour le plaisir de la rencontre et du partage. J'en témoigne : contrairement à ce que je m'étais mis à croire, je ne suis pas encore tout à fait prêt pour vivre en ermite.

Quelques propos échangés m'ont interpelé profondément. Je vais tenter de les rapporter le plus fidèlement possible. Je ne citerai pas mes sources, pour respecter la confidentialité, et ne les commenterai pas davantage. Peut-être rejoindront-ils d'autres que moi ? C'est la seule raison que j'ai de les publier.

* Dans les relations affectives et de couple, l'homme est souvent passif et un peu lâche, alors que la femme est plutôt radicale, voire "jusqu'au-boutiste". On peut, paraît-il, constater cela lors des procédures en divorce.

* Tu dois arriver à te défaire, à te libérer, de ton passé, celui-ci est encore une entrave à ton bonheur.

* Es-tu prêt à penser un peu plus à toi et un peu moins à ceux dont tu crois qu'ils ne sont pas capables de se passer de toi ?

* Tu ne devrais pas renoncer à toujours plus de choses en invoquant ton âge ou ta mauvaise santé. Tu ne dois pas te résigner.

* Pourquoi dis-tu que tomber amoureux n'est plus pour toi ?

Comment ne pas penser en parallèle à :

 " Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis moi " (Mc, 10, 21).

" Pars de ton pays, de ta famille et de la maison de ton père vers le pays que je te ferai voir " (Gn, 12, 1).

Et puis ce legs de mon extraordinaire grand-mère : "Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos demandes à Dieu par la prière et vos supplications, accompagnées d'actions de grâces ; et que la paix de Dieu qui surpasse tout sentiment, garde vos coeurs et vos pensées dans le Christ" (Ep, 4, 1-7).  Et cette déclaration intime : "Il m'a fallu toute une vie pour comprendre ce texte et y adhérer, je te le livre, à toi, mon cher petit Xavier. Que Dieu te donne un coeur qu'aucune ingratitude ne blesse, qu'aucune indifférence ne lasse. Le Seigneur donne à qui donne. Il se donne à qui se donne. Sois généreux ! ". Je ne pouvais pas vraiment comprendre à cette époque (1980). Je comprends un peu mieux aujourd'hui.

vendredi 16 septembre 2011

Deux, trois réflexions à propos de l'enseignement universitaire (partim 1)

Même si j'ai quitté le sérail, je m'intéresse toujours à l'université et à sa mission première d'enseignement et de formation.

Deux sujets ont retenu mon attention ces derniers jours :
- la pédagogie. Une pression de plus en plus insistante est faite aujourd'hui sur mes collègues encore en place pour l'adoption de pédagogies inter-actives, censées favoriser l'autonomie et l'acquisition de compétences plutôt que de connaissances. Cela pose la question de la liberté académique ;
- la question de la "double casquette". De moins en moins de professeurs d'université se consacrent à temps plein à leur mission première, qui est l'enseignement et la recherche. Ils ont un pied ailleurs, par choix ou parce que cela va aujourd'hui de soi. Cela pose la question de la liberté scientifique.

Comme ces deux sujets m'inspirent particulièrement, je les aborderai en deux articles distincts. Voici le premier.

Premier sujet: à propos de la liberté académique

A son dernier cours, mon professeur de droit commercial, admis à l'éméritat, avait résumé ce qu'il espérait avoir fait au cours de sa carrière de professeur (il s'agissait de Charley del Marmol) : transmettre un savoir, un savoir-faire et un savoir-vivre. J'aime assez cette vision, humaniste, du rôle du professeur d'université. Et tout autant, l'idée de transmission. Elle crée une continuité où l'ancien est reconnu par le plus jeune et le plus jeune par l'ancien. Le plus jeune deviendra, un jour, un ancien, mais, dans ce modèle, il apprend aussi qu'il doit attendre un peu. Un professeur, pour moi, se définit comme quelqu'un qui transmet.

J'ai découvert, pour la première fois, ceux que l'on appelle les "pédagogues", quand ma faculté m'a demandé de siéger dans le jury de l'agrégation pour l'enseignement secondaire en sciences sociales. C'est alors que j'ai rencontré pour la première fois des "pédagogues "(je veux dire des universitaires qui ont fait de la pédagogie un objet de recherche, de propositions et ... d'endoctrinement) ; bien avant cela, j'avais déjà croisé évidemment de grands pédagogues chez les bons pères et même à l'université, d'une toute autre envergure que ceux-là. Ils étaient de grands pédagogues parce qu'ils avaient cela dans le sang, et non parce qu'ils avaient appris des techniques et des formules. Ils sentaient ce qu'il fallait faire. Parce qu'ils étaient nés pédagogues, ils sont devenus naturellement enseignants. Ceci va faire hurler bien entendu les nouveaux "pédagogues", eux qui généralement ne savent pas enseigner et conçoivent des formations destinées à permettre à des non-pédagogues par nature de devenir enseignant.

J'ai découvert, au contact de ces étranges collègues, que mes étudiants devaient être appelés des "apprenants" et que moi, je ne devais plus me définir comme enseignant, mais comme "encadrant".

Il faut dire que leur leitmotive était, et est toujours, celui-ci : l'apprenant n'est pas à l'école (ou à l'université) pour apprendre, mais pour apprendre à apprendre, afin d'être efficace. Pour eux, ce sont les compétences qui comptent, c'est-à-dire le savoir-faire, fort peu le savoir ... quant au savoir vivre ?

J'ai retrouvé ces mêmes collègues, un peu plus tard, quand la faculté m'a propulsé comme "expérimentant" d'un projet d'enseignement "on line" et "interactif", avec l'espoir d'un syllabus truffé de liens hypertext, des QCM, une correction automatique de ceux-ci, des graphiques révélant le degré d'assimilation de l'apprenant, des jeux de rôle et autres simulations, et j'en passe. Cette expérience fut un échec cuisant, pour deux raisons : elle ne répondait en rien à l'attente des étudiants, qui préférait le professeur à leur ordinateur, et, plus je m'y aventurais, plus j'y voyais d'inconvénient, le plus important étant qu'il demandait de ma part un investissement totalement disproportionné au vu de l'enjeu. Etre dans l'air du temps semble être parfois le mot d'ordre des autorités de mon université.

Mon excellent ami N. m'a rapporté que des "pédagogues" sont récemment venus expliquer aux "encadrants" de la Faculté de droit que l'enseignement ex cathedra doit être banni, au moins en "master" et, si possible, avant. L'apprenant doit apprendre à se débrouiller seul, avec un encadrement. Bigre, et le savoir, sans lequel le savoir-faire ne sert à rien, quand les apprenants le découvriront-ils ? On suppose, j'imagine, qu'ils l'apprendront par eux-mêmes en consultant des documents et des dossiers avec l'aide de leur encadrant.

Cela fait maintenant deux ou trois décennies que ces "pédagogues" nous tiennent le même discours à propos de l'enseignement primaire et secondaire. Voilà qu'ils en remettent une couche au niveau universitaire : le diplôme doit attester de compétences, non d'un savoir. Je suis d'accord, mais quelles compétences ?

Je n'aurais peut-être pas évoqué le sujet, si je n'avais lu ce matin les résultats d'une enquête menée auprès de professeurs d'université et dont la conclusion est sans appel : le niveau des étudiants qui abordent l'université ne cesse de baisser depuis dix ans.


Certes, il ne s'agit que de professeurs d'universités flamandes et aucun professeur de la Katholieke Universiteit Leuven (K.U.L.) n'a daigné répondre. Il y a donc un biais. Néanmoins, si des professeurs d'université en Flandre aboutissent à cette conclusion, cela doit être aussi le cas, peut-être plus encore, dans la partie francophone du pays. Selon l'article, la réforme de Bologne serait aussi en cause ; je ne vois pas en quoi. Les universités, jusqu'à présent, ont pris acte de la situation et, sans baisser leurs exigences, ont proposé des remédiations. Mais aujourd'hui, le vers est dans le fruit. Alors que leurs théories s'avèrent être un échec patent dans l'enseignement fondamental et secondaire, ne voilà-t-il pas que les mêmes "pédagogues" tentent de les appliquer à l'université ! 

Aussi loin que je remonte dans mon expérience d'enseignant à l'université, j'ai toujours, lors de mon premier cours, distingué la matière enseignée (le droit fiscal, en l'occurrence) et ce que cette matière allait permettre de faire, tout au long de l'année, sur le plan de la formation intellectuelle (appelons-cela les compétences que je voulais promouvoir). Je l'illustrais d'ailleurs dès le premier cours avec quelques anecdotes. Ma méthode d'enseignement a toujours été fondée sur la valeur de l'exemple, les meilleurs si possible, mais aussi parfois, je l'avoue, les très mauvais pour en tirer une leçon. L'"apprenant", j'en suis convaincu, apprend beaucoup plus en se confrontant à l'exemple des maîtres qu'en se confrontant à lui-même, même encadré.

Le cours ex cathedra a une grande vertu que n'auront jamais les travaux de recherche, fatalement sur des sujets ponctuels, demandés aux étudiants : il fournit une synthèse, une distance et parfois, si le professeur est bon, une vision. Pour un jeune esprit, cela est, me semble-t-il, toujours bénéfique, et parfois même fondateur. Cela serait une grave erreur de priver nos jeunes étudiants de cette expérience. Cela veut dire aussi que les critères de sélection des professeurs doivent prendre cette dimension en cause : l'université a besoin de visionnaires. Peu de professeurs d'université aujourd'hui peuvent prétendre à ce rôle, cela est regrettable ; il en est ainsi, dans ma faculté, pour des raisons qui apparaîtront dans mon deuxième article et qui tiennent aux critères de recrutement.

Quelles étaient donc les compétences que je souhaitais promouvoir, quand j'étais professeur ?

J'ai fini par les écrire dans mes engagements pédagogiques, vu que dorénavant le professeur doit prendre un engagement vis-à-vis de ses étudiants, afin que ceux-ci puissent invoquer l'un ou l'autre manquement de leur "encadrant", en cas d'échec, pour un recours administratif. Je devais être tellement clair qu'il n'y a jamais eu aucun recours contre mes évaluations à l'examen (pourtant oral, donc présumé être plus subjectif). A ces examens oraux, je consacrais aussi le temps qu'il fallait (trois à quatre semaines par an au moins) ; n'étais-je pas payé pour cela ?

J'expliquais à mes étudiants que mon cours leur apprendrait certes le droit fiscal (le savoir), mais qu'il les amènerait surtout, à propos du droit fiscal, à exercer notamment les compétences suivantes (le savoir-faire) :
- passer sans cesse du général au particulier et du particulier au général ;
- toujours aborder une norme, surtout les plus techniques d'entre elles, en tenant compte de son contexte, de son histoire, des négociations gouvernementales qui en ont fait un compromis improbable, mais acceptable, de ses interprétations successives, de ses zones d'ombre, de son rapport à d'autres normes ;
- faire preuve d'esprit critique à propos de certains énoncés ou déclarations ;
- découvrir les nuances, parfois très subtiles, distinguant certaines théories ou argumentations ;
- aborder un même problème avec différents angles d'attaque ... et ne pas baisser les bras, quand tel angle échoue, afin de pouvoir considérer les choses autrement ;
- expérimenter le fait que le droit n'est pas cloisonné en différentes matières, mais que celles-ci sont constamment liées entre elles et qu'il faut donc parfois aller chercher ailleurs la solution ;
- se poser des questions avant d'espérer ou d'attendre des réponses et, faire preuve d'imagination, le cas échéant.

Il s'agit de quelques-unes des compétences les plus essentielles, me semble-t-il, qu'il convient de transmettre à un jeune étudiant à l'université.

En est-il encore ainsi aujourd'hui ? J'en doute, quand je considère l'évolution des programmes et celle annoncée des méthodes.

Aujourd'hui, les compétences attendues semblent plutôt être les suivantes (il suffit de lire la présentation officielle des études, sur le site de la faculté de droit de l'ULg) : pouvoir rédiger des conclusions, l'exposé des motifs d'une loi, un rapport pour un conseil d'administration ; apprendre à s'insérer dans une équipe ; avoir découvert comment fonctionne un cabinet d'avocat, une administration ou une étude de notaire et en faire rapport ; s'être initié à la plaidoirie ; avoir répondu aux demandes d'un maître de stage qui accueille l'étudiant pour un temps limité ; prouver qu'on a voyagé (le plus possible, si possible, car les études suivies à l'étranger - ou plus généralement ailleurs que dans sa propre faculté - sont toujours considérées meilleures que celles suivies dans celle-ci) ... bientôt on apprendra aussi, à l'université, comment choisir sa toge d'avocat et quelle procédure suivre pour s'inscrire au Rotary. Il ne s'agit plus du tout de savoir-faire, mais d'une espèce de conditionnement à certaines professions, sur un mode utilitaire. 

Une des raisons de ma désaffection pour mon métier a été de m'entendre répéter, année après année, que mon principal enseignement (120 heures), auquel je me consacrais, et vouais l'essentiel de mon temps,  n'était pas si essentiel pour nos étudiants locaux, puisqu'il valait mieux qu'ils aillent se former ailleurs (mieux ?) à l'étranger ... Pour me rassurer, on me disait que cet enseignement pourrait peut-être intéresser des étudiants étrangers, débarquant de Pontoise. Alors que ma faculté jouait ce jeu-là, je reçois aujourd'hui encore des témoignages d'étudiants qui ont suivi mon enseignement et m'en remercient. Comme quoi, on peut être nié par sa faculté et reconnu par ses étudiants.

Je ne sais pas si cela tient aux étudiants espagnols et italiens, mais il était évident que je ne pouvais leur appliquer les mêmes critères d'évaluation qu'à mes étudiants du terroir. Si cela avait été le cas, ils auraient tous échoués. Cela était bien entendu inadmissible et de nature à compromettre nos accords avec leur université d'origine ! J'avais oublié, il est vrai, que, selon les "pédagogues", mes évaluations devaient respecter la courbe de Gauss. On m'a fait comprendre, au cabinet décanal, que je devais être indulgent, car ils font quand même un gros effort sur le plan de la langue. Fort bien, mais il doit en être de même alors pour nos étudiants partis à l'étranger. On doit aussi leur donner là-bas une note d'indulgence ; celle-ci est ensuite traduite sur la base de critères incompréhensibles, pour leur délibération en Belgique, conversion qui surestime le plus souvent l'étudiant (il y a eu des exceptions), et, en délibération, certains se permettent encore de soutenir qu'il faut leur accorder un petit "plus" parce qu'ils ont quand même dû fournir un effort sur le plan de la langue supérieur à ceux de leurs condisciples plus casaniers !

Pour ce genre de raisonnement, aussi, j'ai pris mon environnement professionnel en grippe.

Prenons maintenant deux exemples :
- supposons un chargé d'enseignement qui pense que la meilleure manière d'enseigner, à ses yeux, est le cours ex cathedra, car il a des vertus indéniables et parce c'est comme cela qu'il livre le meilleur de lui-même : aura-t-il encore la liberté académique de le faire ?
- lors de l'engagement d'un nouvel enseignant pour un poste vacant, sa soumission à l'idéologie des "pédagogues" sera-t-elle un critère de sélection le favorisant ou, dans le cas contraire, un motif d'exclusion ?

Je dois bien avouer que je suis fort inquiet, après tout cela, quant à la liberté académique et quant au pouvoir disproportionné d'une certaine coterie dans mon université.

jeudi 15 septembre 2011

Escapade chez nos proches voisins du Nord

Deux jours, une nuit, voici comment je conçois de plus en plus les vacances. De courtes escapades pour autant de ruptures tout au long de l'année.

Ces escapades ont toujours plus de sel, quand je suis accompagné. N. est un délicieux compagnon de voyage, cultivé, intéressant, compatissant, et bon co-pilote pour le conducteur que j'étais. Partir seul au volant en terre étrangère, avec mon itinéraire à côté de moi, m'angoisse un peu aujourd'hui. Je panique vite au moindre problème et, comme ma mère, j'ai tendance à anticiper les potentiels problèmes à venir, de telle sorte que je ne m'apaise vraiment jamais.

Ces deux jours avaient pour but de prendre un peu distance de mon environnement familial. Pourquoi, alors, vouloir, le soir du premier jour, téléphoner à chacun pour prendre des nouvelles ? Eviter de me sentir coupable sans doute pour défaut d'attention. N. m'en a fait la judicieuse remarque.

J'aurais aimé illustrer ces deux jours par quelques photos, j'en avais pris une bonne trentaine, mais les bidouillages de S. ont anéanti toutes mes photos au retour. Déception et colère.

Trois jolies étapes.

La première. Le parc de la Hoge Veluwe *** et le Museum Kröller-Müller ***. Il s'agit d'abord d'un domaine naturel d'exception fait de forêts de feuillus, de landes avec des bruyères et de déserts de sable. On peut le parcourir à pied, à vélo (des vélos gratuits sont à disposition à plusieurs endroits du parc et des pistes propres leur sont réservées), ou en voiture (des routes sinueuses où l'on roule lentement peuvent être suivies). Disposant de peu de temps, nous avons choisi la voiture comme mode de locomotion jusqu'au Museum Kröller-Müller (10 km au centre du parc). J'aurais pourtant aimé emmener mon ami N. dans un véhicule comme celui-ci, puisqu'il ne se sent pas à l'aise sur un vélo.




C'est sûr, je reviendrai dans ce parc naturel, un jour, en automne.

Le Museum Kröller-Müller est exceptionnel à plus d'un titre. Il comporte deux parties : des bâtiments et une collection privée de tableaux léguée à l'Etat néerlandais et un jardin de sculptures (beeldentuin).

Le plus exceptionnel est l'origine de cet ensemble impressionnant. Une femme hors norme, un mari très riche, un flair imparable pour repérer les artistes. On croise notamment ici Renoir, Manet, Picasso, Fernand Léger, Piet Mondriaan, James Ensor, Georges Seurat, Paul Gauguin, Brancusi, Giacometti ... et bien sûr Vincent Van Gogh (plus de vingt toiles). Des mécènes donc, riches et éclairés. Alors qu'on parle de plus en plus d'imposer les grandes fortunes, je m'interrogeais, dans un précédent post, sur l'utilité sociale de la richesse. En voici, un exemple.

De Piet Mondriaan, on voit des oeuvres comme celles-ci, qui sont une toute petite part de son oeuvre créatrice.







De Vincent Van Gogh.







Le jardin des sculptures est une autre expérience. Dans un environnement naturel exceptionnel, le visiteur croise au passage des oeuvres plus contemporaines, très réussies, même si l'on découvre aussi Rodin et  Maillol, plus classiques, au tournant. J'ai été particulièrement sensible à un pavillon (paviljoen, en néerlandais), le pavillon Rietfeld. Il est fait de briques ajourées. C'est un bâtiment ouvert aux vents destiné seulement à créer des perspectives, des jeux de lumière et à abriter des oeuvres épurées. J'aurais pu y rester des heures pour suivre le soleil et la lumière sur les oeuvres qui y étaient exposées.






Deuxième étape. Amersfoort, le lieu où nous avons passé la nuit. Une ville moderne - une ville ancienne.

Et toujours le souci, chez nos amis hollandais, de préserver leurs villes anciennes, d'y conserver une unité architecturale. De oude stad n'est pas très grande, mais a beaucoup de charme. Même, quand on croise un quartier fait de logements modestes, ceux-ci sont coquets, avec de la végétation, un jardinet ; mais il y a aussi beaucoup de très belles demeures anciennes dans la ville. L'attention portée aux fleurs, aux jardins, aux plantes grimpantes est, pour moi, un signe de civilisation. Là-bas, les gens mettent de gros pots avec des plantes devant chez eux, dans la rue, sur le trottoir ... et personne ne les vandalise ou ne les vole. Des places, grandes et petites, des terrasses, des canaux. Une question : pourquoi les hollandais ont-ils conservé leurs canaux, alors qu'à Liège on a comblé la Légia et tous les bras de la Meuse ? Il y a quelques siècles, Liège devait un peu ressembler à Amersfoort.








Le matin, dans notre logis, avant que N. ne soit prêt, j'ai aussi eu l'immense plaisir de lire dans un petit jardin de ville, sous un figuier, avec une tasse de café offerte par notre hôtesse, le ciel était bleu et le soleil tendre. Cela a été un grand bonheur.

Toutes les personnes que nous avons rencontrées ont été charmantes avec nous, même quand je butais un peu sur l'accent hollandais. Je me suis néanmoins dit que j'avais encore de beaux restes (en néerlandais seulement bien entendu). L'avantage ici est que, si vous vous présentez comme franstaliger, vous êtes bien perçu et que, si vous patinez un peu avec la langue néerlandaise, on vous propose gentiment de dialoguer en anglais ... ce qui n'est pas toujours le cas en Flandre.

Comme il n'existe pas vraiment de gastronomie hollandaise, nous avons opté, le soir, pour un resto mexicain, kitchissime et délicieux.

Troisième étape. Paleis Het Loo ***.

Il s'agit d'une résidence royale. Elle se situe dans un bel environnement et comporte de beaux jardins, seul attrait véritable de la visite.







Le guide vert Michelin nous parlait de baroque hollandais (?) ... En fait, il s'agit d'un bâtiment en briques assez austère. Les pièces sont sombres et leur décoration à l'avenant. Une austérité très protestante. Il y avait beaucoup de monde : surtout des pensionnés et des enfants d'écoles primaires. Suite à quoi, N. fit une subite crise d'allergie à cause des enfants ... J'ai trouvé, pour ma part, la visite de ce palais fort inintéressante. Le mobilier, les décors y ont un côté "petit bourgeois" assez affligeant. Je dois l'admettre, lors de ce genre de visite, il m'importe peu de savoir si le cabinet de gauche était celui du prince H. ou si la pièce suivante était la chambre à coucher de W. J'arrive, je repère un objet, un peu mieux que les autres (un coussin, un miroir, une théière, un vase, un lustre ...) en me disant qu'il trouverait mieux sa place chez moi que là-bas. Je dois avoir une âme d'antiquaire ou de décorateur d'intérieur. Trente cadres dorés dans la même pièce me donnent la nausée ; un seul sur un mur sombre (bleu marine, bordeaux ou noir joliment éclairé), avec en dessous un beau bouquet de fleurs jaunes ou blanches, me ravit. Il en va de même pour les coussins ...

Les jardins sont agréables et offrent de belles perspectives. Si vous vous y rendez, et que vous n'êtes pas hollandais,  faites-le pour les jardins. Si vous êtes hollandais, allez voir aussi l'exposition sur les ordres nationaux, les uniformes et les documents historiques.