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lundi 12 juillet 2010

Les vainqueurs et les vaincus



Je ne nourris aucun intérêt pour le football, mais je me suis néanmoins renseigné sur le résultat du match de la finale de la coupe du monde de football en Afrique du Sud. L'équipe concourant sous le drapeau espagnol a donc gagné. Et les "Oranjes" ont perdu.

Une fois de plus, je me suis senti différent de tous les autres.

Ce que j'ai vu, c'est ceci. Des vainqueurs (et leurs supporteurs) en liesse: on s'embrasse, on se saute dessus, on crie, on klaxonne, on embrasse un objet en métal doré (une idole?), on devient un emblême pour des masses qui se réjouissent. Et, de l'autre côté, celui des vaincus, une tristesse, des larmes, de la déception.




Moi, je trouve cela injuste, comme quand j'entends le verdict du concours Reine Elisabeth de piano ...

Pourquoi ce sempiternel besoin de classement? L'important n'est-il pas de participer?

Ce souci de désigner un vainqueur et de lui remettre un trophée est vieux comme le monde. Et c'est bien cela qui m'inquiète ... on en est toujours là aujourd'hui! Je croyais l'humanité plus évoluée.

Ce système de classement, qui vise à désigner les meilleurs (les autres l'étant moins), est d'autant plus troublant qu'il repose sur des bases totalement aléatoires. Bien entendu, les commentateurs souligneront l'esprit d'équipe, la technique, la cohésion, le talent de l'un ou l'autre buteur ... etc. Mais est-ce cela qui fait la différence?

J'ai beaucoup entendu parler de décisions arbitrales, éventuellement contestables, qui ont fait la différence.

Le tirage au sort et le jeu des éliminations progressives ne met pas nécessairement en présence les meilleurs, mais ceux qui ont tiré le bon numéro.

Je rêve que toutes les télévisions du monde retransmettent un match palpitant entre les deux équipes "les plus perdantes". Il n'est pas dit qu'il serait moins intéressant que les autres.

Enfin, quand j'écoute au café, les commentaires des passionnés de la chose, je me dis que la FIFA ferait bien d'aller chercher ses arbitres, ses entraîneurs et ses sélectionneurs dans les cafés. Ceux-là savent toujours mieux que les autres. Tous ces experts du café ne sont pourtant pas payés comme leurs idoles ... Ils s'en foutent dans le fond. Ils trouvent là une occasion, rare sans doute, de donner un avis d'expert. Alors, laissons-leur cette "petite satisfaction" ...

Terminons ce post à propos du football:

Football ou kung-fu?



Pied de footballeur après quelques années:


vendredi 9 juillet 2010

Qui est l'autre?

Il me revient que certaines personnes se reconnaissent dans certains de mes posts ou que d'autres croient les y reconnaître.

Je tiens à préciser ceci: quand je ne cite pas de nom, JAMAIS je ne vise une personne en particulier. J'essaye, avec humour (du moins, je le pense), de souligner des traits de caractère, des réalités de la vie, des comportements qui m'interpellent. Souvent, je pense simultanément à plusieurs personnes ou à plusieurs événements. Et mes personnages évoluent toujours dans un contexte qui n'est pas exactement la réalité. Je pratique, en d'autres termes, la caricature.

Je tiens absolument à dire deux choses:

- d'abord, à ceux qui pourraient se reconnaître: ne vous tracassez pas! Mais, si vous vous reconnaissez, dans mes portraits, c'est que, au-delà de la fiction, je dois dire sans doute des choses justes. Ne prenez pas la mouche, cependant, puisque je ne vise personne en particulier;

- ensuite, à ceux qui cherchent à reconnaître certaines personnes précises (ou s'amusent à le faire) dans mes propos ... il serait intéressant de savoir quelle pure intention ils poursuivent, ce faisant.

Une erreur de casting

Ai-je un bon profil?
Ai-je le bon profil?

Ce n'est plus un mystère pour moi: toute ma vie repose sur une erreur de casting. Je veux dire par là que les rôles dans lesquels on m'a distribué n'étaient jamais vraiment pour moi, mais que doué de quelques capacités d'illusionnistes, j'y ai fait illusion, un temps, le temps de me lasser de faire illusion ou d'être démasqué.

Enfant, adolescent, j'avais le profil du futur prêtre, du futur missionnaire ou du futur moine trappiste, ce qui réjouissait non seulement ma grand-mère (qui faisait tout pour), mais aussi le curé de la paroisse. A l'âge de 7 ans, je servais la messe en latin à Saint Lunaire, en Bretagne, pendant les vacances. Jusqu'à l'âge de 25 ans, j'y ai cru. Mais ce n'était pas ma place, à tout le moins à ce moment-là.

Au tournoi d'éloquence du collège Saint Servais, j'avais remporté le premier prix, mais avec un commentaire déconcertant du jury: ce candidat s'impose, non par la forme, non par le fond, mais par une présence différente, une espèce d'autorité naturelle.

J'ai rencontré A. Nous nous sommes mariés. Sur quelle base? Une réelle amitié, des valeurs communes, des conventions sociales, un milieu. Y avait-il un projet? J'ai joué le jeu, mais de plus en plus difficilement, pendant 18 ans.

A près de quarante ans, une part de moi s'est exprimée, qui existait en fait depuis toujours. Je me libérais de certaines entraves. Mais rapidement, je me suis rendu compte qu'il ne suffit pas d'assumer son identité sexuelle pour tout à coup vivre heureux. Et, peu à peu, je me suis rendu compte de mon inadéquation avec le milieu associé à cette identité. J'ai à nouveau cherché ma place sans la trouver.

L'université m'a fait beaucoup de cadeaux, mais faisait-elle le bon choix en me les faisant? Une fois encore, j'ai fait un temps illusion dans le cénacle des juristes, pendant 15 ans, mais, soyons franc, là n'est pas ma place. Je n'ai aucun mépris pour les juristes: je constate seulement que les enjeux, les questions qui les intéressent ne sont pas les miens.

Aujourd'hui, je ne sais toujours pas dans le fond quel emploi le "profileur" céleste aurait voulu pour moi. Il est temps qu'il se décide!

lundi 5 juillet 2010

Monsieur X. et monsieur L.

Monsieur X. est dans la fleur de l'âge, celle des battants, de ceux qui mènent des combats. Monsieur L. relèvera bientôt du 4ème âge.

Monsieur X. et monsieur L. ne changent pas. A 25 ans, monsieur X. avait déjà l'air d'en avoir 50. Monsieur L., à 75 ans, a gardé un physique d'adolescent.

Monsieur X. est juriste. Monsieur L. était couturier, non pas grand couturier, il cousait "à façon", à domicile, pour des clients et des clientes qui aimaient le "sur-mesure".

Monsieur L. et monsieur X. ne sont pas exactement du même monde.

Quand je croise monsieur L. au magasin "Carrefour" de mon quartier, nos nous lançons toujours des vannes. Je sais qu'il en est, il sait que j'en suis. Le beau temps aidant, je lui dis: "Et alors, vous avez sorti votre petite robe d'été aujourd'hui?". Un peu plus tard, un client laissant tomber une pièce de monnaie sur le sol et s'agenouillant pour la ramasser, monsieur L. s'exclame: "Oh, un homme à mes pieds". Comme vous voyez, cela ne vole pas très haut, mais cela distrait les caissières et interloque les clients. Avec monsieur L., nous nous réjouissons de choses anodines.

Monsieur X. se réjouit, quant à lui, des sentences de la Cour constitutionnelle, encore plus quand il s'agit d'une décision le concernant. Une belle victoire en effet! Meurtri de ne pas avoir été choisi pour un honneur (?) auquel il s'était porté candidat, monsieur X. a réussi à trouver la petite bête dans le dossier et à porter l'affaire devant rien moins que la Cour constitutionnelle, qui lui a donné raison. Voilà à quoi prennent plaisir les juristes. Le plaisir de monsieur X. a mobilisé une foule d'avocats, de magistrats et a dû coûter en fin de compte une fortune, pour le plaisir fort égoïste d'un seul. Monsieur X. ne cache pas sa joie, mais le mot n'est pas exact, il serait plus exact de parler de "satisfaction". Monsieur X. est aujourd'hui satisfait de lui-même, la "plus grande satisfaction"pourrait-on dire.

Je préfère de loin les joies simples et dénuées d'ego que je partage avec monsieur L.

L'héritière

Elle est la troisième fortune de France. Elle est tellement riche que quand elle donne, à un parti politique, ou à un favori, cela se compte en centaine de millions d'euros. Au moins, elle ne compte pas. Sauf qu'elle est sourde et que des soupçons règnent: était-elle pleinement consciente au moment de faire ces dons? Etre  sourd n'empêche pourtant pas de voir le nombre de zéros que l'on met sur un chèque.

Elle est à l'origine d'une affaire d'Etat française. Le pouvoir, jusqu'au plus haut sommet, panique en Sarkozie. De toute façon, les gens de pouvoir - comme les gens d'argent - ne sont jamais au dessus de tout soupçon.

Mais il ne s'agirait pas seulement que de chèques astronomiques versés à des destinataires qui préfèrent rester dans l'ombre. Il s'agit aussi de valises pleine de billets (comme dans les films) que certains courtiers allaient chercher dans des banques privées en Suisse.

On découvre ainsi qu'une extrêmement grande fortune, capable de faire des dons astronomiques à certains affidés, pratique aussi, sinon la fraude, au moins l'évasion fiscale. Quand on est riche, on veut toujours être plus riche. Quand on est pauvre, on n'a pas nécessairement envie de devenir plus pauvre. La pauvre (si j'ose dire) héritière est pourtant moins blâmable - puisqu'elle sait aussi se montrer généreuse - que tous ceux qui gravitent autour d'elles. En ce qui les concerne, il n'y a pas de mots pour les désigner.

A ma modeste mesure (je n'ai pas de fortune et je ne fréquente pas de gens riches - c'est un choix), je suis une fois de plus renvoyé à mon enseignement de la fiscalité. J'ai toujours essayé d'être au-dessus de la mêlée. Un enseignant  ne devrait pas se sentir responsable des mauvais usages qui seront faits ensuite de ce qu'il a pu enseigner. Mais quand même ...

Sans vouloir en remettre une couche (... de fond de teint?), la fortune de l'héritière découle d'une entreprise de cosmétiques, allant de la laque pour cheveux au rouge à lèvres "qui tient 16 heures au moins". C'est bien connu: faire dans le futile rapporte plus que d'essayer de rendre les gens meilleurs.

Je ne résiste pas à cette superbe photo de l'héritière.


samedi 3 juillet 2010

Coup de coeur - Oran Etkin

Inclassable assurément, mais quelle belle découverte.

Il est l'invité, ce week-end, du festival de jazz de Comblain, un des plus anciens festivals de la région, une référence en matière de jazz. Il est peu connu en Europe, mais il n'est jamais trop tard pour découvrir.

Sa musique est inspirée par plusieurs sources (jazz moderne, musique juive, musique africaine). Elle est donc la synthèse d'influences. Rares sont les musiciens qui composent sans influence. Ils deviennent vraiment intéressants quand ils font de ces influences quelque chose de nouveau. A mon humble avis, c'est le cas.

Je veux parler ici de Oran Etkin, que je vous invite très chaleureusement à découvrir.



















Permettez moi, pour conclure, une anecdote. Un vénérable professeur d'université, qui était resté modeste, exprimait généralement ses convictions personnelles, en commençant toujours par les mots suivants: "A mon humble avis ...". Un jour, à l'examen, un étudiant, exposant avec fougue et conviction sa démonstration, lui dit: "Et vous, professeur, à votre humble avis, qu'en pensez-vous ...?"


vendredi 2 juillet 2010

De l'avantage d'être seul face à ceux qui sont en groupe

Etre seul face à ceux qui sont en groupe (ou incarnent un groupe) a un avantage: on ne vous remarque pas et cela permet d'observer d'autant mieux les autres.

J'aime observer, écouter autour de moi, l'air de rien, un oeil dans mon bouquin, l'autre à l'affût.

Ce n'est pas que je refuse le contact, au contraire, mais cette position particulière est source de grandes joies. Elle peut aussi malheureusement se trouver envahie par la dictature du groupe, qui est alors toujours le groupe des autres.

En toute subjectivité, quelques impressions:

- dans un certain milieu, jeune, délibérément non conventionnel, la "coupe à la Jeanne d'Arc" semble être le must pour les filles. Je ne sais pas si elles entendent des voix. Quelle féminité (ou non-féminité) veulent-elles ainsi incarner?

- mon lieu d'observation ne se situe évidemment pas au Zoute, mais que les belges de souche sont moches! J'ai vu néanmoins, à la terrasse que je fréquente quotidiennement, deux véritables beautés (selon mes critères bien entendu). Un doit avoir trente ans: il a un profil yéménite. L'autre doit avoir cinquante ans, une barbe blanche et une origine méditerranéenne. Pourquoi ont-ils attiré mon attention? Parce que la nature les a dotés d'un physique harmonieux, parce qu'ils dégagent un certain mystère. Je n'en sais pas plus, donc, je ne peux pas en dire plus. Mais il faudra un jour que je trouve une réponse à cette question;

- l'été venant et les températures allant de pair, tout le monde se dénude peu ou prou. Le résultat est très réjouissant dans certains cas, mais fait plus souvent encore appel à mon indulgence dans d'autres. Quant à moi?

- je ne sais toujours pas pourquoi je trouve plus stimulant d'apercevoir de jolies jambes poilues sous un bermuda qu'une poitrine opulente sous un t-shirt avachi?

En toute subjectivité, bien entendu.