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jeudi 13 août 2009

13 août 2009

Je suis inquiet. Mon oie n'était pas au rendez-vous, ce matin. Elle avait l'air triste, hier, il est vrai. La première fois, il y a quatre mois, c'était un couple que j'observais et je guettais, chaque matin, le moment où des petits allaient naître, là, juste en dessous de la passerelle. Puis, plus rien. Et puis, un jour, elle est venue seule. Peut-être, sa solitude cherchait-elle à rejoindre la mienne? Demain, je serai là quand même, je la guetterai, je l'attendrai ...

Je le croise, depuis quelques jours, place de l'Yser. Il a le visage creusé, une barbe de plusieurs jours, il mendie. Il doit être plus jeune qu'il n'en a l'air. La misère, l'expérience de la rue, plus que la drogue, du moins je pense. Il pleurait. Il a les yeux bleus délavés par trop de larmes. Il m'a demandé, comme il demande chaque fois, presque sûr d'essuyer un refus. Je suis passé comme les autres. Et puis, je n'ai pas pu. Je suis revenu sur mes pas. Maladroitement, j'ai proposé de lui offrir un sandwich. Le boucher venait de lui en offrir un dont il m'a montré les restes. Il était à bout d'être dans la rue. Il m'a expliqué qu'il avait mal et m'a montré ses jambes. Ce n'était qu'ulcères. L'effet d'un staphylocoque, m'a-t-il expliqué. Je lui ai suggéré d'aller à la maison médicale toute proche. Il s'y était présenté, il y a quelques jours. Il a obtenu une ordonnance, mais n'avait pas assez d'argent pour payer le tout. Le pharmacien lui a délivré une partie du remède et gardé l'ordonnance pour le reste, m'a-t-il dit. Même s'il ne m'a pas dit toute la vérité, sa détresse était réelle. J'ai complété le peu qu'il avait récolté depuis trois heures avec une générosité, finalement toute mesurée. Il est parti à la pharmacie ou ...

Le quartier se prépare à faire la fête jusqu'à dimanche soir. Il ne faut pas refuser la fête, mais il faut aussi penser qu'il y a des exclus de la fête.

Vivre sur une île, sans voiture, sans route, écologiquement protégée. C'est mon rêve: à une condition, qu'il ne s'agisse pas d'un paradis pour "people" ou personnes fortunées qui paient pour cela. Car, vivre sur une île, cela se mérite, cela ne s'achète pas. C'est comme le respect: ce n'est jamais un dû; on inspire le respect ou pas. D'abord, pour mériter de vivre sur une île, il ne faut pas seulement y passer juste un peu de temps. Il faut accepter de vivre longuement dans un lieu clos, limité, où il ne se passe à peu près rien, où l'on rencontre toujours les mêmes personnes, dont on a fait le tour en une heure ou deux. Il faut être capable de voyager avec peu de choses. Et, pour mériter l'île, il faut être capable d'y faire un voyage au long cours. Sinon, on y sera toujours un passager clandestin ou un étranger de passage.

Il y a bien des îles. Certaines toutes proches. Certaines en nous.

Jacques Brel est l'auteur de ce beau texte:

Une île au large de l'espoir
Où les hommes n'auraient pas peur
Et douce et calme comme ton miroir
Une île
Claire comme un matin de Pâques
Offrant l'océane langueur
D'une sirène à chaque vague
Oh, viens
Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous disent d'être sages
Ou que vingt ans est le bel âge
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aime

Une île
Une île au large de l'amour
Posée sur l'autel de la mer
Satin couché sur le velours
Une île
Chaude comme la tendresse
Espérante comme un désert
Qu'un nuage de pluie caresse
Oh, viens
Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous cachent les longues plages
Viens mon amour
Fuyons l'orage
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer

Une île
Et qu'il nous reste à bâtir
Mais qui donc pourrait retenir
Les rêves que l'on rêve à deux
Une île
Voici qu'une île est en partance
Et qui sommeillait en nos yeux
Depuis les portes de l'enfance
Oh, viens
Viens mon amour
Car c'est là-bas que tout commence
Je crois à la dernière chance
Et tu es celle que je veux
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer
Une île

mardi 11 août 2009

11 août 2009

C'est quoi un "papa poule"? Le contraire, j'imagine, d'un papa coq, d'une maman coq, ou d'une mère poule. Si on réfléchit un brin, n'est-ce pas la combinaison la plus acceptable?

Cet après-midi, j'ai remis à B. son linge et un sac de vivres pour la semaine. Quant à sa mère ...

Je n'en parlerais pas aussi librement, si le gendre de ma voisine du 3ème, madame B., n'était aussi un "papa poule". Sa femme l'a quitté, pour vivre sa vie, une autre vie, avec un autre. Depuis, il élève seul ses trois enfants. Les "papas poules" se ressemblent: ils ont la barbe grisonnante, la cinquantaine, un peu de bide ... et leurs belles-mères les adorent.

dimanche 9 août 2009

9 août 2009

Depuis fort longtemps, j'ai aimé - et aime toujours - les pots. Pas dans ma petite enfance, pourtant: j'étais alors, paraît-il, un enfant hurleur face à l'épreuve du petit pot. Je me suis bien rattrapé depuis, au point que je ne sais plus où ranger mes pots. Ce n'est pas nécessairement leur valeur qui me les fait aimer, mais leur potentiel décoratif. Si en plus, ils coûtent le prix d'une bouteille de coca-cola; je ne résiste pas.

Pot de terre et pot en caoutchouc


J'attire l'attention sur le pot de gauche qui vient d'Algérie, et est ancien, et la photo de droite, qui illustre l'art lillois de la faïence au XIXème siècle.

Pot acheté sur la brocante du 15 août (qui avait lieu en fait les 9 et 10 août), dans mon quartier, que j'adore de plus en plus.



Je termine la journée, après avoir parcouru le marché dominical de la Batte et le marché aux puces, en me plongeant dans l'univers infini de Leonard Cohen, puis dans celui de Julie Andrews.

Il me serait doux pourtant de pouvoir chiner à deux et non plus seul, mais ni Léonard Cohen, ni Julie Andrews n'étaient disponibles.

Je sais que je vais aborder un sujet délicat. Mon quartier a vu apparaître, depuis deux ou trois semaines, des musulmans intégristes, hommes et femmes, qui contrastent avec les autres musulmans, c'est-à-dire ceux que je fréquente tous les jours et que j'aime tant. Il doit s'agir de prédicateurs envoyés en vue du très prochain ramadan. A deux reprises, j'ai croisé - c'était la première fois dans mon quartier - une femme (?) portant le niqab. La première fois, cette ombre était seule. Le seul fait qu'elle se promène seule dans la rue était-il normal? Sa tenue était-elle normale? Il y a décidément beaucoup de manières de se faire remarquer et d'attirer le regard des hommes. Comme il n'y avait rien à regarder, j'ai fixé ses yeux noirs. Elle n'a jamais baissé le regard et m'a fixé jusqu'au bout. Qui de nous deux était le plus pudique? Moi, bien sûr, puisque je ne suis pas particulièrement attiré par les femmes. Je doute que le Coran (et la tradition) préconise cette attitude de la part des femmes. La seconde fois, la même ou une autre (allez savoir quand on n'a plus de visage), poussait un landau et était accompagnée (en fait, était plutôt précédée) d'un jeune arabe, très occidentalisé, dans sa tenue vestimentaire, mais sans doute pas dans sa tête. Cette fois-là, j'ai fixé le jeune arabe droit dans les yeux et son regard a fui. Je ne sais pas si je lui ai fait comprendre qu'il était, lui, vraiment impudique.

L'autre jour, chez mon boucher (Hallal, bien entendu), j'ai parlé avec une sympathique marocaine de mon âge (portant le nijab). Nous vantions les mérites du boucher. Elle prend en charge l'organisation de fêtes, de mariages ... Elle est même disponible pour les communions solennelles et les bar-mitsva. En riant, je lui ai dit, que le jour de ma retraite, on pourrait peut-être s'associer. Ca l'a fait rire. La femme fantôme rit-elle parfois?

Et le droit? L'actualité l'interroge dans ses fondements mêmes:
- la séparation des pouvoirs est mise à l'épreuve (Fortisgate). Une certaine manière de gérer le bien public et l'intérêt général passe par des cercles, des alliances, des influences aux contours très flous autour desquels gravitent des politiques, des financiers, des magistrats, des avocats, entre autres. On le soupçonnait bien sûr et on feignait de ne pas le savoir. Maintenant, on le sait. Cela ne grandit aucun de ces intervenants. Cela m'inspire même un certain dégoût;
- quelle est la finalité du droit pénal et de la peine? A juste titre, on se montre aujourd'hui plus soucieux des victimes. Une place leur est reconnue, à côté de la société qu'est censé incarner le parquet. Un risque de dérive existe cependant, à tout le moins dans les attentes que mettent ces victimes dans le procès pénal: de plus en plus souvent, on les voit mettre en cause le verdict, insuffisant à leurs yeux, pour apaiser leur désir, diffus, mais bien réel, de vengeance. De plus, la victime tend à devenir "communautaire", la victime, peut-être à son corps défendant, devient le symbole d'une communauté. Il est vrai qu'on ne parle pas souvent de pardon, dans ces cénacles, et je puis comprendre. Le pardon est une grâce qui n'est pas donnée à tous. Comme toujours, les Etats-Unis offrent l'exemple le plus parfait de ce qui heurte ma sensibilité: l'action publique y est souvent éteinte par le versement à la victime d'une forte somme d'argent, ce qui suffit généralement à la faire taire. Encore faut-il pouvoir le faire ... Michaël Jackson n'est pas le seul blanchi des Etats-Unis, au propre comme au figuré.


samedi 8 août 2009

8 août 2009

Dans un village de l'Inde, il ne naîtrait que des jumeaux. C'est un mystère pour la science. Une photo a été publiée dans la presse (Le Soir ou le Monde, je ne sais plus). Ils ne se ressemblent pas, mais on nous explique, pour nous convaincre, qu'il s'agit à chaque fois de faux jumeaux! La qualité de l'eau en cette région de l'Inde pourrait expliquer le phénomène!

Ici, tout le monde connaît les frères Happart. L'un a l'air plus gentil que l'autre, mais c'est vraiment la seule différence. La plus grande crainte est qu'ils se multiplient. Il va falloir surveiller l'eau de la Berwinne qui coule dans les Fourons!

et Jean-Marie Happart

J'ironise, alors que je n'ai aucune raison de me réjouir. Mais vraiment aucune.

A 87 ans, mes parents se disputent sans arrêt. Mon père souffre, ma mère pleure. S'il n'était pas trop tard, ils divorceraient. Après, 57 ans de mariage, ils ne peuvent plus se supporter. Je me sens désarmé. Lundi, je les inviterai à dîner, seulement eux, et pour parler seulement d'eux. Et je compte leur proposer quelques exercices de psychologie positive. Je pense à un film avec Simone Signoret et Jean Gabin ("Le chat", film de Pierre Granier-Deferre, 1971).

S., une fois encore, a sombré. La clinique de jour l'a pris en urgence. Il était nerveux, agité, agressif, il avait bu des quantités incroyables. Depuis, il est chez moi. Il n'ose pas retourner chez mes parents. Il dort tout le temps, depuis, sous l'effet des médicaments. Lundi, il doit passer un test pour un emploi. Comment imaginer que ce soit possible dans cet état? Je n'en peux plus. Il faut trouver une solution.

B. est très solidaire. Bien sûr, il est fantasque, mais il est vraiment, pour moi, un rayon de soleil. Ce matin, nous sommes allés ensemble à Maastricht pour le/me rhabiller un peu. Un vrai plaisir. Nous n'avons rien trouvé à ma taille, à la sienne bien. S. devait nous accompagner. Il a préféré dormir.

A. est en vacances, absente, ailleurs, concernée par d'autres choses. Sa maison est close et l'accès en est interdit à S. et B. La police surveille pendant leurs vacances. S. a téléphoné à sa mère pour annoncer qu'il avait un entretien d'embauche. Elle lui a parlé d'aller arroser le jardin, mais qu'il lui était interdit de pénétrer dans la maison. Il a l'impression d'être traité comme un chien. C'est malheureusement exact.

Comment s'étonner, dans de telles conditions, que le peu qui ait été construit en eux s'évanouisse en fumée(s)?

jeudi 6 août 2009

6 août 2009

Pourquoi une journée est-elle plus réussie qu'une autre?

Aujourd'hui, j'ai eu deux bonnes raisons de me réjouir.

La première: S. a eu un contact concret et prometteur pour un emploi, grâce à un contact que je lui ai fourni. Mais pourquoi donc, dans ma famille, faut-il toujours que l'un ou l'autre (et ce n'est pas moi, je vous le jure) transforme ce qui devrait un ciel bleu en grisaille ou en ciel d'orage? Qu'un événement, qui devrait être heureux, mette la poisse dans le coeur de chacun?

La seconde: quoi de plus agréable qu'un compagnon d'excursion sympathique, bien élevé, souriant, doté d'humour et cultivé?

Notre journée a commencé par le meilleur: Thorn "la blanche" aux Pays-Bas, à 50 km de Liège.

A mes propres photos, je me permets d'ajouter l'une ou l'autre prises par mon compagnon d'excursion.

Sont aussi exposés, dans l'église de Thorn, quelques habits liturgiques, dignes de figurer dans Fellini Roma. Benoît XVI adorerait.

Et les mules qui vont avec:

Notre promenade s'est poursuivie à Maaseik, ancienne bonne ville de la Principauté de Liège (en témoigne son architecture et son perron), aujourd'hui flamande. Le Markt, la grand place, a tout pour être agréable: un grand quadrilatère, avec une double rangée d'arbres et un grand nombre de terrasses ombragées (où le service laisse malheureusement fort à désirer). Il y a de très belles façades, de beaux immeubles en style mosan du 17ème siècle. Pas de chance pour nous, le centre de le place était invisible: il s'y montait (encapuchonné de bâches) un festival du bon goût gastronomique dont, ce jour, tout nous excluait. Nous n'avons même pas réussi à apercevoir la statue des frères Van Eyck trônant en principe au mileu de la place de leur ville natale. Je vais y revenir. Pas de chance non plus: les musées et les églises ne sont accessibles que le dimanche ou, sur demande, pour les groupes. Il s'agit d'une étrange politique touristique. Les prospectus locaux vantent cependant cette ville que les édiles n'hésitent pas à appeler (compte tenu que la Meuse y abrite un important centre de loisirs et un port de plaisance) la "Riviera du Limbourg". C'est assez inattendu, en nos contrées.

Il est vrai qu'on croise, à Maaseik et aux alentours, un nombre anormalement élevé de personnes du troisième âge à vélo, bronzées d'on ne sait où, et qui doivent amarrer leur bateau dans cette étrange marina sur Meuse. Les richesses culturelles de la ville ne doivent guère les concerner (ou plus les concerner). Mais il y a un magasin Aldi.

Allez, je suis encore un peu de mauvaise foi.

http://www.maaseik.be/

A Liège, nous avons les frères Dardenne. A Maaseik, ils ont les frères Van Eyck. Les premiers sont nés à Seraing, les seconds à Maaseik. Les premiers sont incontestablement deux (j'en témoigne, il m'arrive de les croiser, puisque leur maison de production est à 25 mètres de chez moi). Les seconds, on n'est même pas sûr qu'ils aient été deux, ni même qu'ils aient existé. Un musée est consacré à l'ensemble de leur oeuvre (il ne s'agit que de copies ou de photos grandeur nature), mais n'est ouvert que le dimanche, etc … Vous voyez bien qu'il n'y a pas qu'en Wallonie que ça ne tourne pas rond.

Visitant, un peu plus tard, une autre petite ville de la région, nous découvrons un panneau sur un immeuble récent sans aucun intérêt (mais alors absolument aucun), expliquant ceci "Ici, au 14ème siècle, se trouvait l'entrée du château médiéval". Ah bon? On peut de la sorte organiser un parcours touristique et historique n'importe où.

Nous passons à un km d'Opgrimbie. Il s'y trouve des forêts et des landes de bruyère, et aussi un domaine royal. Opgrimbie est une localité qui a nourri la controverse. Feu le Roi Baudouin, qui y avait une résidence de week-end, une de ses rares propriétés privées, a légué 84 ha de son domaine en vue de la construction d'une chartreuse pour des religieuses, appartenant à un ordre pas très bien défini (les soeurs de Bethléem). Tant qu'il s'agissait d'un bien privé (pourquoi un roi n'aurait-il pas des biens privés?), rien à redire, n'en déplaise à quelques anti-monarchistes et laïcs. Un imbroglio est né de cette affaire: le Roi avait perdu de vue, en rédigeant son testament, qu'il existe un droit de l'urbanisme, qu'on ne construit pas où on veut, qu'il faut des autorisations, un permis de bâtir, etc. Certains, un peu vite, ont cru que la volonté du Roi, un roi presque saint, se situait au-dessus de la loi.

Après des kilomètres, par 30 degrés de chaleur ambiante (ce n'est pas la riviera du Limbourg pour rien), sur une nationale à quatre bandes bordée de tout ce qui fait la Flandre prospère - ce qui est, soit dit en passant, d'une absence totale d'intérêt (pourquoi la route sur ma carte Michelin était-elle bordée de vert, soit une route pittoresque ou verdoyante?) - nous devions faire une dernière halte à Rekem. Le Routard explique que c'est une localité que les touristes ignorent. Etrange bourgade: le plus beau village de Flandre, paraît-il, d'après les prospectus de l'Office du tourisme. A quoi ressemblent les autres villages flamands? C'est très fleuri. Certaines perspectives sont charmantes. Rekem a un passé. A l'époque féodale, il s'agissait d'une minuscule principauté, ayant le droit de frapper monnaie, disposant de son propre blason. Le seigneur était le vassal direct de l'empereur germanique. Impossible de dater les bâtiments, c'est tellement restauré qu'on ne parvient plus à vraiment faire la différence entre le neuf et l'ancien. Jacques Brel l'avait chanté, dans une chanson aujourd'hui introuvable: en Flandre, "c'est avec du vieux qu'on fait du neuf" (Les dames patronnesses).

Une grande partie des lieux est occupée par un apparemment gigantesque château de la famille d'Aspremont-Lynden, soustrait aux regards, mais qui peut se visiter le dimanche, à la condition de réserver pour un groupe, etc. Ayant servi un temps d'asile psychiatrique, il a sans doute perdu beaucoup de son lustre d'antan.

Nous avons repris la route vers Lanaken: calme, verdure, villas opulentes … un lieu de riches. comme il en existe un peu partout, là où certains "réussissent dans la vie" plus que d'autres. Je suis, pour ma part, totalement incapable de vivre dans un tel environnement.

Direction Riemst. Pourquoi Riemst? Pour deux raisons. La première, c'est que mon compagnon de voyage et moi avons vu, pendant des années, passer à Liège un autobus qui va à Riemst et nous ne savions pas où c'était. La seconde est que, dans les grilles de mots croisés, quand on vous dit: "ville belge", c'est presque toujours "Riemst", parce que c'est totalement inclassable et ouvre des possibilités, comme disent les joueurs de scrabble.

Nous n'avons pas eu le courage de terminer par la commanderie d'Alden Bizen, qui vaut pourtant le détour (mais un peu trop restaurée, elle aussi).


Trop de Flandre en peu de temps peut-être.

Pourquoi les Flamands aiment-ils mettrent des lions en plâtre à l'entrée de leur maison? Pourquoi aiment-ils tant les grilles en fer forgé autour de leur propriété? Pourquoi aiment-ils exposer à leur fenêtre de grands vases chinois, généralement par paire? Pourquoi? Oui pourquoi? Tout ça pour quoi? Je ne poserais pas la question, si je ne constatais qu'à quelques kilomètres à peine, aux Pays-Bas, ce n'est pas le cas.

Cela dit, cette région du "Zuid Limburg" mérite qu'on s'y arrête. La prochaine fois, j'y retournerai pour une randonnée, à pied ou à vélo (à pied plutôt), sans objectif culturel, juste pour la nature. Seul ou accompagné.

mercredi 5 août 2009

5 août 2009

"Que constate-t-on aujourd'hui? Et bien, qu'il existe, comme sous l'Ancien régime, une catégorie de la population qui échappe à ce principe fondateur de notre système fiscal (l'universalité de l'impôt), en ne payant pas les impôts qu'elle devrait payer". Ce n'est pas moi qui le dis, mais Thomas Piketti, professeur à l'Ecole d'économie de Paris ("Une nouvelle nuit du 4 août est nécessaire", Le Monde, 3 août 2009). Un des acquis de la Révolution française n'était-il pas d'avoir aboli les privilèges? Faudra-t-il que quelques têtes tombent à nouveau?

Dans la même livraison du Monde, un autre article: "Il était une fois deux sexes" signé par Catherine Vincent. Le sexe et le genre. Un sujet qui mérite une collection entière d'ouvrages.
L'article est intéressant, quoique anecdotique, par les quelques exemples qu'il cite dans d'autres cultures que la culture occidentale, celle qui, dans le fond, puise toutes ses racines à deux sources: la pensée grecque et les religions du livre. N'en déplaise aux laïcs issus des lumières (à ce jour, pur produit occidental): ils ne pourront jamais se débarrasser de cet héritage.

Je cultive volontiers ce que l'on peut appeler "un anti-américanisme primaire". Quand on m'en fait le reproche, cela m'amuse beaucoup. Car, dans le fond, ce que j'aime c'est d'être, par jeu, de mauvaise foi. Et ce sujet-là en vaut bien un autre. Il s'y prête même plutôt mieux que d'autres.

Toujours plus préoccupé par l'Iran, ses barbus et son président fou. Les dignitaires se divisent. Et le régime se radicalise.

IKEA a décidé de diversifier son offre.

Horreur toujours plus grande pour le mensonge, même quand il est justifié par de bonnes intentions.

"Les jeunes belges boudent Erasmus" (LLB, 5 août 2009). A peine 1,36 % des étudiants belges inscrits dans l'enseignement supérieur partiraient à l'étranger. C'est moins que le Liechstenstein (6,43 %), mais les étudiants belges se trouvent néanmoins en 6ème position. Les Etats de l'U.E. qui font mieux sont notamment l'Autriche (1,77 %), la Tchéquie (1,54 %) et l'Espagne (1,41 %). Ce projet, qui est au départ une bonne idée, a malheureusement été fort mal mis en oeuvre et peut avoir pour effet pervers de porter atteinte à la formation même des étudiants. J'ai toujours recommandé, à contre-courant de tous, la mobilité (avec un réel soutien financier) après avoir accompli un premier cursus. Au lieu de cela, tout a été fait pour que cela se fasse "pendant" et pas "après". Cela pose question. Les pays qui font encore moins bien que nous (comme l'Allemagne et la France) connaissent le même fléchissement de l'intérêt.

Une raison de se réjouir quand même: si la Belgique n'envoie pas beaucoup de ses étudiants à l'étranger, elle en accueille beaucoup. Mais pourquoi s'agit-il, à concurrence de 25 %, d'étudiants espagnols? La Reine Fabiola peut-être. Et ceci, sans compter les étudiants français inscrits à la Faculté de médecine vétérinaire ou pour des études supérieures en kinésithérapie, logopédie, etc. Combien d'étudiants britanniques accueillons-nous, chaque année, par exemple?

La réalité semble donc bien éloignée du rêve et des grands discours mobilisateurs.

Lo. a aussi pris des photos dans le parc du château de Jehay. Petite expo …

Quelques photos mises en ligne par Lo.

Quelques photos de Xa.

Je n'étais pas avec Lo à Jehay. Ces photos sont un hasard. J'attends les photos de L., avec qui j'ai parcouru le parc. Il doit être à Berlin maintenant.



4 août 2009

Ce soir, le ciel est vraiment trop bleu, trop uniforme, pour être honnête. Et la lune, trop pleine, pour m'être favorable. Je sais qu'elle ne me laissera pas en paix de toute la nuit.

Ceci me frappe: les passants font parfois plus de cas des chiens, que leurs maîtres promènent, que des simples humains. Aux chiens les flatteries et les carresses. J'ai dès lors décidé de me promener, en laisse, trois fois par jour, espérant des passants plus de carresses que de flatteries.