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mercredi 18 janvier 2012

Oecuménisme et politique : deux attitudes

Les chrétiens vivent, cette semaine, un temps pour l'unité des chrétiens. Cette tradition remonte à 1933. Il s'agit de célébrer ce qui unit et de s'enrichir des différences de l'autre.


Eric de Beukelaer (oui comme les biscuits) a écrit, sur son blog, des paroles très belles que j'aimerais vous partager :


  1. La force de la Réforme protestante est de se centrer sur le cœur du message chrétien. «Back to basics », nous lancent les protestants de tous bords : « revenons à l’essentiel qui est la rencontre spirituelle avec le Christ et l’accueil de son Évangile qui sauve ». La confrontation avec le protestantisme peut aider les catholiques et les orthodoxes à jauger leurs traditions, si vénérables soient-elles. En effet, ce n’est pas le Christ qui doit se mettre au service de la tradition, mais la tradition qui reçoit son sens du Christ.
  2. Les Églises orthodoxes ont pour point fort de célébrer le christianisme plutôt que de le raisonner. Avec eux, la vie chrétienne est louange au Père par le Christ dans l’Esprit et la foi se vit comme une grande liturgie. De ceci résulte une remarquable intégration entre toutes les facultés humaines : raison et imagination, corps et esprit, justice et miséricorde, art et prière, prédication et célébration. La rencontre avec l’orthodoxie rappelle aux occidentaux – tant catholiques que protestants – que la vie chrétienne prend l’intégralité de notre humanité pour l’unifier. On est chrétien avec tout son être – corps, cœur et esprit – afin de louer le Père. Il n’y a pas d’une part la théologie et de l’autre la vie de prière ; d’une part la justice et de l’autre la miséricorde ; d’une part la parole et de l’autre la liturgie. Ce ne sont pas des compartiments étanches, mais les éléments d’une unique dynamique de foi, d’espérance et de charité.
  3. Chez les catholiques-romains, c’est davantage l’aspect « structurel » de la vie en Église qui est accentué, afin que chaque baptisé trouve sa juste place dans l’Église et reçoive la mission qui lui convient. Ce que les chrétiens orthodoxes et protestants peuvent apprendre des Romains que nous sommes, est que le droit peut se mettre au service de l’Esprit afin de combattre les forces centrifuges si propre aux communautés humaines. Rome a le charisme de l’unité et rappelle aux protestants multiples et aux orthodoxes pluriels (Grecs, Russes, Serbes,…) que – sans pour autant devenir monolithique – le christianisme ne peut se vivre éclaté.
Je trouve ces paroles belles. Elles montrent que le mot "diversité" et le mot "unité" ne sont pas antinomiques.


Célébrer ce qui unit et s'enrichir des différences de l'autre, voilà le message.
Je vais tenter un parallèle hasardeux peut-être.

Les politiques, qui se préoccupent des choses de la cité, devraient avoir un point commun aussi qui les réunit : le bien commun, l'intérêt général, le mieux possible pour tous. Certes, des sensibilités différentes peuvent coexister, des grilles de lecture différentes aussi. Elles devraient pouvoir s'enrichir l'une l'autre pour  contribuer à l'objectif commun : l'intérêt général.


Or, que constate-t-on ? On peut relever, jour après jour, chez les politiques, et chez ceux qui les soutiennent, parfois aveuglément, toujours la même attitude : relever le moindre mot, la plus petite déclaration, la moindre faille susceptible de créer la division, d'opposer, de discréditer. Je ne sais pas ce qu'ils cherchent, d'autant qu'ils sont le plus souvent d'une totale mauvaise foi. Je les plains, car je sais qu'ils se trompent. Ils ne proposent rien, ils n'ont de cesse de moquer, de dénoncer, de railler. 

Le monde de la politique est de moins en moins celui de la coopération et toujours plus celui de la division, de l'opposition, de l'affirmation contre l'autre. Comment qualifier le gouvernement fédéral en Belgique : un gouvernement de coalition, un gouvernement des contraires, un gouvernement de compromis ... la question n'est pas simple.

Qu'en est-il en France, à l'aube de la prochaine élection présidentielle ? Il y a des candidats annoncés et un président, qui refuse de dire s'il sera candidat, mais qui fait campagne quand même dans ses interventions présidentielles. On souligne ses différences, on ment à qui mieux mieux, on se positionne, on rêve de victoire, de renversement. Quel gâchis pour le  bien commun et l'intérêt général !



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