Rechercher dans ce blog

samedi 25 février 2012

L'Agneau mystique en "close-up"

Dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand, on peut voir, mais à distance, une des oeuvres les plus célèbres du patrimoine culturel de Belgique, l'Adoration de l'Agneau mystique, une oeuvre des frères Hubert et Jan van Eyck. Le tableau a été achevé en 1432. Il s'agit d'un polyptyque constitué de dix panneaux.




On pourrait écrire, et on a écrit, des ouvrages entiers sur ce chef d'oeuvre. Il peut être regardé avec l'oeil de l'historien, du théologien, du spécialiste de la peinture ancienne et d'autres encore sans doute. Deux panneaux ont été volés, en 1934, par le sacristain de l'église, lors d'une rocambolesque affaire, qui aurait pu inspirer un roman à Iain PEARS, dont j'ai toujours adoré les romans policiers se déroulant dans le monde de l'art. On les trouve aisément, en livre de poche, dans la collection 10/18, chez Belfond. Un des panneaux a été restitué celui concernant Saint Jean-Baptiste (le 5ème en vert sur la partie haute du retable). Celui concernant les Juges intègres (le premier à gauche sur la partie basse) n'a jamais été retrouvé. Il est remplacé aujourd'hui par une copie fidèle réalisée en 1559.

A chaque fois que j'ai pu contempler ce chef d'oeuvre, j'ai éprouvé une certaine frustration. Ce tableau fourmille de détails invisibles à distance. Car ces peintres-là cherchaient moins à communiquer une émotion globale qu'à cultiver le sens du détail et à véhiculer un message.

Je n'oublierai jamais la rétrospective consacrée à Rothko, en 1999, au Musée d'art moderne de la ville de Paris. Défilé silencieux des visiteurs. Contemplation à distance, car il faut paradoxalement prendre de la distance pour "entrer" dans une toile de Rothko, jusqu'à y être englobé, et touché par elle.




Avec les frères van Eyck, c'est le contraire, on aimerait s'attarder à chaque détail, les découvrir un à un, pour l'extraordinaire technique dont les frères ont fait preuve, bien sûr, autant que pour le sens présent en chaque détail.

Cela est aujourd'hui possible, grâce l'Institut royal du Patrimoine artistique, sur un site internet : http://vaneyck.kikirpa.be/

Nul doute que je vais y passer une partie de mon week-end !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.