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lundi 6 juin 2011

André Malraux, entre être et faire, secrets et égalité: questions pour le bac littéraire

"- Pour l'essentiel, l'homme est ce qu'il cache (...). Un misérable petit tas de secrets ...
- L'homme est ce qu'il fait! (...). Dans l'ombre du secret, les hommes sont un peu trop facilement égaux".

Ce dialogue est d'André Malraux qu'aurait inspiré Nietzche.

Une double belle question pour le bac littéraire:
- que retiendra-t-on de nous: ce que nous avons fait ou ce que nous avons été?
- quelle est la vérité d'un individu, ce qu'il montre ou ce qu'il cache?

Je trouve d'abord, pour ma part, André Malraux fort négatif. Mes petits secrets (en ai-je vraiment un tas, comme il prétend que tout homme en a?) ne sont pas tous misérables.

Si l'on devait percer le secret des hommes, il seraient bien trop égaux. N'allons pas trop vite quand même, mes secrets à moi ne sont pas du tout ceux de mon voisin! De quelle égalité parle-t-on? Il n'y a égalité, en ce domaine, que dans la confidence. Et mon expérience de vie, qui est extérieure à toute forme de pouvoir, me révèle que beaucoup d'hommes ou femmes livrent facilement leurs petits secrets, dès lors qu'ils rencontrent une oreille pour les écouter. Mais, j'ai bien compris le propos: pour être un homme de pouvoir il faut agir et dissimuler ce que l'on est vraiment. Trop de secrets dévoilés ruinent le pouvoir. Je trouve cela tragique, pour ma part. En politique, il n'y a pas d'égaux, rien que des rivaux.

L'homme serait, pour l'essentiel, ce qu'il cache et pas ce qu'il montre, dit, exprime. Comment comprendre cette affirmation? Tous ceux qui cherchent, notamment dans les disciplines artistiques à exprimer ou à rendre visible, ce qu'ils sont ou qui il sont, passeraient-ils à côté de l'essentiel? S'il n'y avait pas une part de narcissisme chez les artistes, existeraient-ils seulement? Il en a toujours été ainsi, même quand ils se mettaient au service d'un au-delà (Dieu, les dieux, l'homme idéal).

Si l'homme est jugé sur ce qu'il fait ou a fait ... je risque de me retrouver tout en bas du classement. Je ne me suis jamais senti appelé à réaliser de grandes oeuvres. Les grandes oeuvres m'angoissent. De plus, j'ai toujours trouvé sans intérêt, voire futile, de laisser des traces de moi par mes oeuvres. Je sais que je suis une exception. J'ai compris, dès mon plus jeune âge, que je n'étais, et ne serai, jamais comme les autres. J'aime être par ce que je suis (pas par ce que je fais). Certainement, c'est plus difficile d'être que de faire. Cela explique pourquoi tant de mes contemporains sont sans cesse dans l'agir et pas (ou peu) dans l'être. Il en faut, parce que si tout le monde était comme moi, on ne ferait pas un monde. Mais il en faut aussi comme moi. Et il n'y a lieu de juger ni les uns, ni les autres.

Le même sujet de bac a inspiré un autre auteur, Philippe Guibert qui, lui publie, dans l'hebdomadaire Marianne,  à propos de l'encombrante affaire DSK. Lisez-le aussi. Je ne vous demande pas de nous noter. J'ai passé l'âge du bac.

http://www.marianne2.fr/Affaire-DSK-eloge-du-secret_a206890.html

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