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jeudi 23 septembre 2010

La nouvelle orthographe

Mon quotidien du matin La libre Belgique a publié, dans une de ses dernières éditions (21 septembre 2010), un poster sur les règles de la nouvelle orthographe. Celui-ci s'inspire d'un ouvrage intitulé: Les rectifications de l'orthographe du français, de Chantal Constant et Romain Muller, éd. de Boeck.

Je n'ai pas lu l'ouvrage, mais j'ai découvert le poster. Et je me demande encore s'il ne s'agit pas d'un gag.


Une fois de plus, je ne suis pas compétent pour traiter d'un tel sujet. Je ne suis vraiment compétent en rien, mais je m'intéresse à tout. Ceci confirme que je suis peut-être plus un humaniste qu'un universitaire.

Avec la mauvaise foi qui me caractérise, je voudrais épingler ici quelques bizarreries.

Oui, j'ai bien écrit: "bizarreries" et pas "bizareries"!

A la lecture du poster de La libre Belgique, j'ai trouvé que les nouvelles règles de l'orthographe proposées ne sont pas nécessairement plus simples que les anciennes. Elles cherchent surtout à faire coïncider la graphie avec le langage parlé, lequel évolue toutefois ou diffère localement, ou à franciser des mots étrangers. A Liège, beaucoup de personnes prononcent encore le mot "tilleul", en disant "tilieul". Le double "ll" indique que l'on doit "mouiller" (moulié) l'expression. Ce qui est exact.

Exemples pris au hasard (il serait plus exact d'écrire, selon la phonétique: "azar", je ne sais si cela a été suggéré).

Prenons le mot "shampooing", la nouvelle orthographe suggère "shampoing". Tant qu'à simplifier, et à s'affranchir de la graphie d'origine étrangère, pourquoi pas "champoin" ou mieux "chanpoin"?


Autre exemple: "joaillier" doit dorénavant s'écrire "Joailler". Le suffixe "-lier" se rencontre pourtant fréquemment dans les noms de métiers: un cordelier, un chapelier, par exemple. Il faut prononcer comme tel, le "-lier". Pourquoi, dans le cas des bijoux (écrivons dorénavant: bijous), faut-il écrire selon les mauvais usages de la prononciation, comme dans le mot "caille"? Il est en outre précisé que de cette règle sont exclus les noms d'arbres! Pourquoi? J'ai donc fait une recherche sur les noms d'arbres. Il existe bien le "micocoulier", mais personne n'a jamais pensé à écrire "micocouiller". Par contre, il existe bien une espèce appelée "cornouiller".


"Gageure" (ancienne orthographe) ou "gageüre" (nouvelle orthographe).  Quel est le plus simple?

"Aiguë" deviendra "aigüe", et il devrait en être de même de "ciguë-cigüe", j'imagine. Je souhaite bonne chance à l'instituteur ... Il sera, à mon avis, aussi désarmé qu'avant, pour expliquer ces curieux petits points à ses chères têtes blondes!

Ma grand-mère et ma mère ont été institutrices et je garde deux souvenirs:
- la "cime" et l' "abîme" ... je n'ai jamais oublié ma grand-mère qui m'expliquait que "le chapeau de la cime était tombé dans l'abîme";
- ma mère enseignait l'accord du participe passé avec quelques dessins. Un monsieur ou un couple avec un chien; parfois le chien était devant et tirait sur la laisse, parfois il était derrière. Je m'en rappelle encore aujourd'hui quand je dois accorder le participe passé.

Ma mère a enseigné dès l'âge de 20 ans jusqu'à 50 ans. Ma grand-mère a commencé à 18 ans et a continué jusqu'à l'âge de 70 ans. Après sa retraite comme directrice d'école, elle a encore enseigné, pendant 15 ans, les mathématiques, en 6ème primaire à l'école des bénédictines de Liège.


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